Appui aux langues autochtones à Glendon

De jeunes Autochtones dans un pensionnat au début du 20e siècle.


16 novembre 2016 à 18h07

Une déclaration répondant aux «appels à l’action» de la Commission de vérité et réconciliation (décembre 2015) bénéficie d’une attention particulière au Collège Glendon de l’Université York, où des profs proposeront officiellement vendredi l’adoption d’une «Déclaration Glendon sur la Politique sur les langues autochtones du Canada».

C’est «pour vraiment célébrer le 150e anniversaire du Canada en 2017» que ces intervenants veulent associer Glendon aux démarches pressant le gouvernement canadien de répondre favorablement aux appels de la Commission concernant la définition des droits des langues autochtones, l’adoption d’une Loi sur les langues autochtones et la création d’un Commissariat tricéphale aux langues autochtones pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

«Il est temps que notre fierté du bilinguisme officiel français-anglais s’étende afin d’englober les langues autochtones», explique en entrevue à L’Express le prof Ian Martin (Études anglaises et Maîtrise en affaires publiques et internationales à Glendon), co-rédacteur de la Déclaration avec la chercheuse anishinaabe Maya Chacaby, prof à Glendon, et Amos Key, Jr., chercheur haudenoshaunee, prof à l’Université de Toronto.

Déjà, en février dernier, 82 chercheurs, dont plusieurs Autochtones, avaient participé à Glendon à un colloque pancanadien sur les répercussions du Rapport de la Commission de vérité et réconciliation. Cette Déclaration est le fruit de leur délibérations.

«Les langues autochtones ont survécu au linguicide des pensionnats, mais à peine», indique Ian Martin. «Sur les 90 langues autochtones couramment parlées au Canada, seules 26% sont parlées par la plupart des enfants.»

La Déclaration Glendon – que la direction de l’institution n’a pas encore endossée, ce qui pourrait prendre encore plusieurs mois – s’adresse surtout aux établissements d’enseignement postsecondaires, à qui on demande de favoriser la recherche et l’enseignement des langues autochtones et de s’engager dans des activités de renforcement des collectivités autochtones.

Maya Chacaby offre déjà à Glendon un cours d’Ojibwé – la langue autochtone la plus parlée en Ontario – suivi par une quarantaine d’étudiants enthousiastes, «alors que les places sont limitées à 35», rapporte M. Martin. Lui-même a oeuvré dans le Nord de l’Ontario et au Nunavut, et il se débrouille en inuktituk et en ojibwé.

Selon lui, il est démontré que les profs autochtones attirent les étudiants autochtones. Les collèges et universités du pays doivent donc faire un effort pour embaucher des profs issus des Premières Nations.

La version courte de la Déclaration (une page, alors que la version longue comprend une quarantaine de pages d’annexes sur les 94 «appels à l’action») est disponible en français, anglais, inuinnaqtun, inuktitut, cayuga et ojibwé.

La Déclaration Glendon sera lancée officiellement à l’ouverture de la Conférence internationale sur le contact des langues et des cultures. Cet événement reçoit ce weekend à Glendon des conférenciers comme: Mark Fettes, de l’Université Simon Fraser, dont les recherches portent sur «l’écologie des langues»; Naomi Nagy, de l’Université de Toronto, qui coordonne un projet sur les variations et les changements des langues du patrimoine; et Ellen Elias-Bursać, spécialiste des langues slaves.

De jeunes Autochtones dans un pensionnat au début du 20e siècle.
De jeunes Autochtones dans un pensionnat au début du 20e siècle.

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