Americandream.ca au Théâtre Glendon: face à la désillusion… l’apathie?

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Du 3 au 7 juin prochain, Claude Guilmain et la Tangente seront de retour au Théâtre Glendon avec le premier chapitre de leur dernière création AmericanDream.ca, présentée l’an passé en «work in progress» dans la même salle.

Le metteur en scène franco-ontarien a décidé de repousser la création du second chapitre à 2015. En attendant, une lecture de ce second volet sera proposée le 8 juin.

AmericanDream.ca raconte l’histoire d’une famille canadienne des années 40 à aujourd’hui. Cette famille est influencée grandement par les idéaux américains.

En effet, à travers le prisme de conflits de famille, existe un profond marasme lié à la continuelle déchéance d’un monde divisé et ignorant. Chaque génération de cette famille se prend à rêver.

Mais rêve et illusion se confondent, et le désenchantement est inéluctable. Perte d’emploi, cancer, guerres et catastrophes naturelles, clivages sociaux; face à chaque situation, cette famille demeure apathique.

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Miroir

A priori, on pourrait croire que Claude Guilmain n’a eu d’autre but que celui de rédiger un pamphlet salé sur la société américaine. On pourrait penser qu’ Americandream.ca ne soit qu’un simple réquisitoire de la politique étrangère des États-Unis, de la guerre du Vietnam à aujourd’hui.

Pourtant, en réalité, cette œuvre ne peut être réduite à cela. Claude Guilmain vise, en prime abord, notre société canadienne et ses dérives. «Mon but n’est pas de condamner les États-Unis. Americandream.ca est avant tout un miroir sur nous, sur notre manque d’attention.»

«À l’heure actuelle, il peut y avoir des guerres, des tremblements de terre, des tsunamis, personne ne réagit. Quant aux gouvernements, ils soutiennent des causes sans discernement, aveuglés par leurs intérêts. Je critique un laisser-aller qui existe à tous les niveaux dans notre société», nous confiait Claude Guilmain, lors d’une entrevue pour L’Express, vendredi dernier.

Aurélien Müller, photographe et assistant-metteur en scène, lui faisait écho: «On ne se pose pas assez de questions. L’histoire a modifié un grand nombre de choses. Avant, les soldats revenaient en héros. La guerre du Vietnam a été une cassure pour tout le monde. Le message a commencé à être contrôlé et la confiance a été perdue» disait-il.

L’envers du décor

Grâce à une scénographie résolument simpliste, faite de longs panneaux noirs et blancs rotatifs, ce message raisonne.

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Ce décor symbolise l’enfermement de générations, la captivité individuelle et collective. Les panneaux blancs représentent l’optimisme. Mais devant cet optimisme, on assiste à des scènes moroses, marquées par le doute et la désillusion. Le contraste est saisissant.

La rotation permanente du décor reflète, quant à elle, l’inébranlable machine qui engloutit toute pensée créatrice.

AmericanDream.ca est un laboratoire, une création contemporaine se nourrissant de chaque fait d’actualité. «On est allé à Dallas pour l’anniversaire des cinquante ans de l’assassinat de Kennedy, en novembre dernier. C’était fascinant. C’était une sorte de pèlerinage. Mais les ‘selfies’ que les gens prenaient autour de la croix tracée sur la route-croix marquant l’endroit du tir mortel-ont tout de suite banalisé les choses», s’indignait Claude Guilmain.

«Liker», prendre des «selfies», voilà les réponses que l’on trouve, voici la manifestation des sentiments que l’on éprouve, voilà les messages de compassion que l’on envoie aujourd’hui, parfaits exemples du détachement qui nous caractérise.

Pièce exportable

«Il faut parfois savoir effectuer un reconditionnement d’une pièce afin d’être capable de l’amener dans d’autres théâtres», nous expliquait vendredi dernier Aurélien Müller. «Tout le décor doit devenir, dans ce cas, plus facile à monter, à transporter et surtout plus fiable. C’est le travail que nous avons réalisé pour le premier chapitre Americandream.ca. Grâce à cela, nous allons monter en puissance, optimiser notre joujou.»

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Ce premier chapitre a donc été recréé dans un souci de perfectionner un travail de longue haleine. Americandream.ca a subi une refonte. Le texte a été resserré.

La distribution a aussi évoluée avec Magali Lemèle qui incarnera Brigitte cette année. «Nous avons été très ambitieux et des challenges techniques se sont posés», admettait Duncan Appleton, directeur technique du spectacle.

«Dans ce contexte, notre ‘work in progress’ sera présenté l’année prochaine au festival Scène Ontario à Ottawa», se réjouissait Claude Guilmain, preuve que sa pièce récolte du succès.

D’ici là, c’est là où tout a commencé, au théâtre Glendon, du 3 au 7 juin prochain, que Claude Guilmain, à travers son œuvre introspective, tentera de nous révéler une autre image de nous-mêmes…

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