Alex de la Iglesia au TIFF: une rétrospective pas très catholique

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Le 30 janvier prochain débutera à la Bell Lightbox, une série de projections des films d’Alex de la Iglesia, cinéaste culte espagnol, chouchou du TIFF, et plus particulièrement des fans du programme «Midnight Madness».

Issu de la «Nouvelle Vague de réalisateurs hispaniques des années 90» (Guillermo del Toro, Alejandro González Iñárritu, Robert Rodriguez, Alfonso Cuarón…), fan de bande dessinée et armé d’une formation universitaire en philosophie, le jeune Alex découvre la réalisation cinéma à la fin des années 80, en travaillant d›abord à la TV, puis comme directeur artistique sur le thriller espagnol Todo por la pasta.

Il se décrit comme un clown triste, plutôt pessimiste, enfermé dans son monde, n’écoutant personne, désirant juste faire rire les autres tout en ne se considérant pas drôle.

Rapidement découvert et protégé par le maître Almodovar après une projection de son premier court métrage, Mirindas asesinas, De la Iglesia fait des étincelles dans son pays natal avec Accion Mutante, son premier long métrage, venimeuse comédie noire de science-fiction au message révolutionnaire qui lui valu trois Goyas et deux prix à Fantasia.

Cette première oeuvre le posa d’emblée comme une voix avec laquelle le cinéma espagnol devrait dorénavant compter.

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À l’instar de son mentor, il explore des thèmes résurgents de son éducation catholique espagnole comme le questionnement de la foi, la fidélité, la violence, la culpabilité ou la sorcellerie, toujours teinté d’humour noir, dans une ambiance très voisine de Peter Jackson ou Sam Raimi.

Si De la Iglesia est reconnu en Espagne, il n’en est pas de même en Amérique du Nord où il semble que son coté iconoclaste n’accroche qu’avec une niche de fans, heureusement très fidèles, et qui n’ont pas peur de la barrière du langage puisque ses films sont majoritairement en espagnol.

Faisant étonnamment impasse sur Accion Mutante, la rétrospective, dirigée par Todd Brown de TwitchFilm, nous donnera l’occasion unique d’admirer sur grand écran la plupart des oeuvres du cinéaste, en versions originales et non censurées. Attention donc à l’âge des spectateurs, car certaines de ces gemmes ont des angles et des sommets plutôt pointus.

Le jour de la bête (El dia de la bestia), deuxième film du réalisateur, est présenté dans une copie 35mm d’époque et vous ramènera dans les années 90 ou vous suivrez les tribulations madrilènes du prêtre basque Ángel Beriartúa, à la veille de Noël, alors qu’il cherche à se convertir au satanisme (et commet donc toutes sortes de méfaits hilarants) pour pouvoir découvrir l’endroit où va naître l’antéchrist, afin d’empêcher l’apocalypse imminente.

Cette comédie noire au succès immédiat rapporta à De la Iglesia six Goyas, y compris celui du meilleur réalisateur, et scella la réputation du cinéaste au niveau international.

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Rosie Perez reprit le rôle tenu par Isabella Rossellini dans Wild at Heart dans Perdita Durango, la première tentative du metteur en scène pour infiltrer le marché anglophone. Le film adapte le roman 59° and Raining de Barry Gifford est se présente comme une symphonie composée d’amour passionné, de muscle cars, de sexe et d’ultra violence.

Comme on aurait pu s’y attendre, le film fut jugé beaucoup trop tendancieux et amoral par les distributeurs américains, censuré sur plusieurs scènes, et envoyé directement à la location DVD.

Vient ensuite A Ferpect Crime, au titre volontairement erroné, sombre comédie de moeurs aux multiples lapsus et quiproquos se passant dans le monde des grands magasins, meilleur succès critique du réalisateur en Amérique du Nord, et qui rappellera à plus d’un des situations ubuesques vécues avec la hiérarchie corporative et les collègues de travail.

Rafael, petit coq chef de rayon, règne sur sa basse cour de vendeuses et vise une promotion qui lui passe sous le nez au profit d’un rival. Suite à une explication musclée qui tourne à l’accident, Rafael se retrouve avec le cadavre de son rival sur les bras, et Lourdes, la vendeuse boulet, unique témoin de la scène et éperdument amoureuse de lui, sur le dos.

Balada Triste de Trompeta (The Last Circus) est sans doute le film le plus abouti de De la Iglesia et ravira les fans de clowns effrayants et de triangles amoureux sanglants et passionnés. Esthétiquement bluffant, cette hallucinante allégorie à la passion et la souffrance emprunte à Inglorious Basterds, Freaks, Machete et Phantom of the Opera pour un grand numéro de cirque culminant dans la vallée de los caidos (la vallée des morts) de Franco.

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À voir aussi: Witching and bitching, The Oxford Murders, As Luck would have it, 800 bullets, Dying of Laughter, Common wealth.

http://www.tiff.net/winter2015-series

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