Album, conte et roman pour jeune public

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Trois femmes d’ici ont récemment publié des ouvrages pour la jeunesse. Andrée Poulin s’adresse aux 6 ans et plus en leur offrant un album à la mémoire des victimes du tsunami de 2004. Françoise Lepage écrit pour les 9 ans et plus en concoctant un conte merveilleux sur les étapes à franchir sur le chemin de l’existence. Micheline Marchand présente aux 12 ans et plus une aventure qui les plonge dans une page d’histoire canado-américaine.

Dans Une maman pour Kadhir, Andrée Poulin s’inspire d’une histoire vraie survenue en décembre 2004. Elle met en scène des mamans qui ont perdu leur enfant lors du tsunami et un bébé retrouvé derrière un bateau de pêche échoué. Cet orphelin de la tempête sème un émoi et fait ressortir toute une palette de sentiments.

La plume d’Andrée Poulin trempe dans l’encrier de la tendresse, de la compassion et, surtout, de l’ouverture aux autres. Les illustrations de Pascale Constantin font écho aux vibrantes couleurs de l’Asie du Sud-Est et rendent justice aux vives émotions du texte.

Spécialiste de la littérature pour la jeunesse, Françoise Lepage vient de lancer un septième livre pour enfants. Intitulée Léo sur l’eau, cette aventure regorge de rebondissements, de péripéties un peu étranges et d’envolées poétiques.

Elle met en scène Léo et sa sœur Lucile, qui s’embarquent dans un mystérieux voyage au fil d’une rivière, au fil de la vie. Ils vont de rencontre en rencontre, certaines étonnantes, humoristiques ou ludiques, d’autres plus graves ou plus inquiétantes.

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Françoise Lepage aime jouer avec les mots. Chaque chapitre est d’ailleurs ciselé par une écriture fluide et poétique. Elle raconte, par exemple, que Léo et Lucile traversent un marais roselier, où poussent des roseaux. L’auteure fait dire à Lucille qu’on peut aussi l’appeler une roselière. «Je trouve que c’est un beau mot, moitié rose, moitié volière. Terre et air, fleur et oiseau.»

Française d’origine, Lepage emploie parfois des expressions qui demeureront moins courantes pour les jeunes lecteurs du Canada. En voici quelques exemples: administrer des torgnoles, une vasque de marbre, être rosse, un pays de Cocagne. L’auteure s’amuse à donner des noms imagés à ses personnages bestiaux. Une grenouille s’appelle Sautoloin et un crapaud est le professeur Waron (ouaouaron).

Par-delà les aventures et rebondissements dont regorge Léo sur l’eau, ce conte favorise une certaine réflexion. Le jeune lecteur apprend qu’il faut faire preuve de persévérance dans la vie et qu’il importe de «choisir chacun notre voie préférée et continuer notre chemin».

À la vie à la mort

Micheline Marchand est professeure d’histoire à l’École secondaire Le Caron, de Penetanguishene. En 2003 elle a publié Une aventure au pays des Ouendats (Huronie) et elle signe maintenant un roman historique intitulé À la vie à la mort.

L’auteure transporte ses lecteurs et lectrices à Niagara, à la frontière canado-américaine, au beau milieu de la guerre de 1812. Ce qui rend le roman original, c’est que le conflit armé est vu et vécu non pas par le commandant des forces britanniques ou par un soldat, mais par une jeune fille de 14 ans.

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Françoise Chevalier est la fille d’une aubergiste à Queenston et elle a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ce qui se passe autour d’elle. L’adolescente ne s’y connaît pas en stratégies militaires, mais elle sait faire preuve de détermination et de courage. De plus, les terribles violences du conflit armé ne l’empêchent pas de reconnaître les signes d’une vraie amitié.

Micheline Marchand n’assomme pas son jeune public avec un grondement de munitions historiques (bien qu’elle en connaisse tous les détails); son texte se présente plutôt comme un heureux mélange de faits savamment documentés, d’aventures aux multiples rebondissements, d’émotions finement décrites, voire de réflexions très justes sur la condition humaine. Un des personnages est un Noir qui se libère de l’esclavagisme en devenant soldat. Il note que «l’homme est le moins humain des animaux, une bête qui peut enchaîner ceux de sa propre espèce pour un profit».

Comme l’auteure enseigne à des ados, elle sait quel ton emprunter pour décrire les événements, les échanges entre jeunes protagonistes, les situations explosives et même les simples paysages. À titre d’exemple, lorsque Françoise doit trouver son chemin en pleine nuit, l’auteure écrit que «les croassements des ouaouarons au loin l’appellent et l’attirent tel un aimant [… et qu’] elle suit l’orchestre envoûtant du marais».

Micheline Marchand est probablement la première écrivaine à signer un roman sur une période (guerre de 1812) et une région (Niagara) qui ont souvent tendance à tomber dans l’oubli de nos pages d’histoire officielle de l’Ontario français. Elle le fait avec un rare doigté.

Andrée Poulin, Une maman pour Kadhir, album illustré par Pascale Constantin, Boucherville, Éditions Imagine, 2006, 32 pages, 11,95 $.

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Françoise Lepage, Léo sur l’eau, conte illustré par Nadia Berghella, Montréal, Éditions du Phoenix, collection «Œil-de-chat», 2006, 96 pages.

Micheline Marchand, À la vie à la mort, roman, Ottawa, Éditions L’Interligne, collection «Cavales», 168 pages, 11,95 $.

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