À vos souhaits!

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Vous avez passé de belles Fêtes? J’espère que l’année 2011 s’est amorcée de belle façon. Je vous souhaite, en tout cas, qu’elle soit à la hauteur de vos attentes. Et surtout, qu’elle soit remplie de petits et grands bonheurs.

Reportez-vous il y a un mois environ. Nous étions en plein dans la période des souhaits que l’on formule à nos proches, à nos amis, à nos collègues. On souhaitait un joyeux Noël, un bon temps des Fêtes, une bonne année. Que de souhaits en si peu de temps!

Mais il y a d’autres souhaits qu’on a tendance à oublier et ce sont ceux que l’on devrait faire lorsqu’on éternue. Après tout, ils ne sont pas rares ceux qui nous lancent un «À vos souhaits!» bien senti lors d’un éternuement. Mais d’où vient cette expression quelque peu incongrue?

Pas facile de retracer l’origine de cette expression, qui est en fait une sorte de formule de politesse populaire. Elle est tellement ancrée dans les mœurs langagières qu’on ne sait pas exactement ce qu’elle veut dire. Trouver l’origine de sa version anglaise «God bless you» ou «Que Dieu te bénisse» est un peu plus facile.

Le Dictionnaire historique de la langue française de Robert ne nous donne pas vraiment d’indices. On se contente de mentionner, en parlant du mot «souhait», qu’il existe l’expression «À vos souhaits» et que celle-ci est une formule familière de politesse adressée à quelqu’un qui éternue. Elle serait apparue en français vers 1835.

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Conjurer le mauvais sort

D’autres ouvrages sont muets sur l’histoire derrière cette expression. C’est vers le web qu’il a fallu se tourner, notamment en fouillant certains sites consacrés aux expressions, pour avoir des explications. Ou des hypothèses.

Une de ces hypothèses est d’ailleurs récurrente sur plusieurs sites Internet. On dit que les souhaits émis visent à conjurer le mauvais sort.

À une certaine époque, on croyait que l’âme était située dans la tête et que les éternuements pouvaient l’en expulser. Si quelqu’un ne pouvait s’empêcher d’éternuer, ses proches conjuraient le mauvais sort en prodiguant à celui ou celle qui éternuait des souhaits de santé ou de bonne fortune.

La peur de la peste

La santé est aussi à l’origine d’une autre explication. Au Moyen Âge, lorsque quelqu’un éternuait, son entourage lui lançait un «Dieu vous bénisse», car à cette époque, la peste faisait des ravages au sein de la population. L’éternuement étant généralement un des premiers symptômes de cette maladie, on implorait Dieu de bénir la personne en question, craignant qu’elle ait attrapé la peste.

Va pour le «Dieu vous bénisse». Mais pourquoi «À vos souhaits»? On dit simplement – et c’est tourner les coins ronds à mon avis – que l’expression «Dieu vous bénisse» s’est peu à peu transformée pour devenir «À vos souhaits».

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Certains suggèrent simplement, toujours en lien avec cette explication reliée à la propagation de la peste, que puisque la personne allait vraisemblablement mourir de cette maladie, on lui souhaitait que ses vœux se réalisent avant de passer de vie à trépas.

L’âme qui s’envole

Et puis il y a des expressions plus ésotériques. Sur un des sites web consultés, on évoque la possibilité qu’au Moyen Âge toujours, on pensait que l’âme de la personne se trouvait dans la tête. Par conséquent, on croyait qu’en éternuant, quelqu’un perdait un peu de son âme. On lui disait donc «Dieu vous bénisse» ou encore «À vos souhaits» pour le protéger.

Enfin, le site expressio.fr cite Théodore de Jolimont, un ingénieur qui fut aussi membre d’académies et de sociétés de lettres, qui a publié un petit traité intitulé De l’usage de saluer et d’adresser des souhaits à ceux qui éternuent. Sans doute un best-seller lors de sa publication, en 1844…

Jolimont avançait semble-t-il – parce qu’il n’a pas été possible de consulter le document original – une explication historique. «Dans la Mythologie, tout comme dans les croyances chrétiennes et juives, la première réaction du tout premier homme aurait été d’éternuer. Par la suite, ce serait donc ‘logiquement’ devenu le premier réflexe de tout nouveau-né. Or, que souhaiter de mieux à un bébé que d’être béni par Dieu et que tous ses futurs souhaits se réalisent ?», peut-on lire sur le résumé offert sur expressio.fr.


L’acte d’un mourant

On mentionne aussi que l’éternuement aurait aussi été «le tout dernier acte d’un mourant, car Adam serait mort en éternuant, ainsi que tous ses descendants jusqu’à ce que le patriarche Jacob demande à Dieu de faire cesser cette mauvaise habitude, un signe de joie – la naissance – ne pouvant aussi être un signe de deuil.»

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Voilà. Comme on le voit, on a tenté maintes fois d’expliquer l’origine de l’expression «À vos souhaits». Si certaines de ces hypothèses sont plausibles, aucune d’entre elles n’a pu être authentifiée, du moins dans la plupart des grands ouvrages de référence.

Mais il ne faudrait surtout pas s’empêcher d’employer cette expression. Elle est si sympathique.

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