Le Salon du Livre peine à attirer plus d’adultes

25e édition du 29 novembre au 2 décembre

Paul Ceurstemont, vice-président, Marcelle Lean, présidente de l'assemblée du 30 octobre à la galerie Pierre Léon de l'Alliance française, Valéry Vlad, président du Salon du livre, Paul Savoie, directeur général.
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Publié 05/11/2017 par Laurie Humbert

Pour la 25e année du Salon du Livre de Toronto, le défi reste le même: attirer un public plus large d’adultes, alors que l’événement a toujours autant de succès chez les élèves des nos écoles françaises et d’immersion.

Valéry Vlad, président du Salon a reposé la question lors de l’Assemblée générale annuelle de ce lundi 30 octobre: «que faire?»

Le numérique, une solution?

«Depuis 17 ans que je travaille pour le Salon, le défi est le même, nous n’attirons pas moins d’adultes, mais ils ne viennent pas plus», explique le président.

D’après l’écrivain Paul Savoie, directeur général du Salon, «le problème est un cercle vicieux: pas assez d’adultes viennent, alors, les exposants présentent moins de contenus destinés aux adultes et plus de contenus pour les enfants».

Pourtant, les idées pour attirer un public d’adultes plus large ne manquent pas, sans pour autant suffire.

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Depuis l’année dernière, le Salon compte sur une ouverture au numérique. Mais cet intérêt pour le numérique pose question.

Marcelle Lean, la fondatrice de Cinéfranco, déplore cette expansion du numérique qui serait un problème plus qu’une solution vers laquelle se tourner: «les gens préfèrent rester isolés devant leur écran plutôt que de venir aux festivals».

Gabriel Osson, de l’Association des auteurs et auteures de l’Ontario français, s’inquiète d’un plausible remplacement du livre papier par le livre numérique.

Pourtant, pour Valéry Vlad, il n’est pas question de remplacement, mais de complément.

«Il y a 25 ans, aux débuts du Salon du livre, lire un livre, c’était aller l’acheter à la Librairie Champlain; il n’y avait pas Amazon, ni les tablettes numériques. Mais en 25 ans, les choses évoluent et nous devons nous adapter. Bien sûr, nous savons que le livre papier ne doit pas être délaissé pour le livre numérique, l’expérience de la lecture se fait par le texte, mais aussi et surtout par le livre en tant que matière.»

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Pas de remplacement donc, mais de l’adaptation, face à un contenu numérique grandissant.

Les organisateurs du Salon comptent également sur leurs partenaires comme TFO, «précurseur en matière de contenu numérique».

Moyens financiers décroissants

Cette peine à attirer plus d’adultes vient aussi des moyens financiers décroissants du Salon, et des subventions toujours moins importantes destinées à l’ensemble des organismes francophones du Canada.

«Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas: je pense aussi à nos partenaires et tous les organismes francophones», explique Valery Vlad.

Pour Marcelle Lean, la situation de son festival Cinéfranco est la même que celle du Salon du Livre. «Nous sommes tous extrêmement vulnérables, nous dépendons des subventions de l’État qui ne se rend pas compte que, pour faire vivre la francophonie, nous ne pouvons pas nous tourner vers les fondations privées, comme le fait par exemple le TIFF. Pour ces géants de l’industrie, nous n’atteignons pas une population assez large. C’est une lutte pour tous.»

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Alternatives

Pourtant, des alternatives aux moyens financiers existent pour attirer ce plus grand public, et elles sont justement dans le numérique. C’est l’avis de Happie Testa, copropriétaire de la Librairie Mosaïque.

La couverture médiatique assurée auparavant par le diffuseur le plus important du Salon, Radio Canada, est plus faible aujourd’hui, mais on peut toujours compter sur les réseaux sociaux pour Happie. Selon elle, la communication par les réseaux sociaux a valu le succès du stand francophone du festival Word On The Street en septembre dernier.

«Il faut partager sur les réseaux sociaux, repartager, diffuser les infos, faire vivre le site, c’est important», indique Happie Testa.

Le Salon se félicite d’ailleurs d’avoir fait appel à deux professionnels de la communication marketing, qui «ont fait un très bon travail», notamment sur le nouveau site web du Salon, très moderne.

La programmation jeunesse, déjà en ligne, met en vedette cette année des auteurs comme Marc Couture (La coupe Stanley), Marc Scott (Le vrai Bonhomme Sept-Heures), Isabelle Larouche (contes amérindiens), Mireille Messier (Ma branche préférée), et des ateliers sur des sujets comme l’équitation (Ghislaine Thibault), les superhéros (Guillaume Demers), la bande dessinée (Éric Péladeau), le roman policier (Claude Forand), etc.

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Le Salon du Livre de Toronto aura lieu du 29 novembre au 2 décembre, à la Bibliothèque de référence du 789 rue Yonge.

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