Une entente, mais… beaucoup de questions

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Publié 02/05/2006 par Gérald Fillion

Les entreprises du secteur forestier voulaient une entente négociée, elles étaient prêtes à faire des sacrifices pour que se règle enfin cette maudite bataille sur le bois d’oeuvre.

L’entente conclue jeudi dernier entre le Canada et les États-Unis est imparfaite: les entreprises forestières doivent laisser 20% des sommes payées en droits compensateurs et accepter d’autres contraintes tarifaires si les prix du bois chutent, question d’éviter d’inonder le marché américain.

Si l’entente négociée était la meilleure possible selon plusieurs acteurs dans ce dossier, elle nous renvoie à des questions fondamentales sur le fonctionnement du libre-échange entre les deux pays.

Comment se fait-il que le Canada doive se plier à une entente négociée, accepter un compromis qui lui coûte finalement 1 milliard $ alors que les tribunaux de l’ALENA et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné raison essentiellement au Canada dans ce dossier du bois d’oeuvre?

Est-ce qu’on doit comprendre qu’avec cette entente, le Canada accepte une part de responsabilité dans le conflit et le principe qu’elle a subventionné son industrie malgré les victoires devant l’ALENA et l’OMC? Et puis, doit-on comprendre également que les décisions des organismes d’encadrement et de surveillance n’ont pas vraiment d’importance?

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Combien de hausses encore?

La Banque du Canada a annoncé une nouvelle hausse de ses taux d’intérêt, la semaine dernière et ouvre la porte à d’autres majorations. David Dodge est clair: l’économie va très bien, la croissance mondiale est plus forte que prévue, mais il y a plusieurs points d’interrogation sur l’impact des prix de l’énergie et de la force du dollar canadien.

Selon plusieurs économistes, l’institution va augmenter ses taux d’intérêt, au moins une fois encore. Les grandes institutions bancaires ont majoré leur taux préférentiel de 25 points de base à 5,75%: mauvaise nouvelle pour ceux qui ont des hypothèques à taux variable.

Le poids du dollar

Malgré l’optimisme de la Banque du Canada et l’entente sur le bois d’oeuvre, les sociétés manufacturières doivent toujours composer avec un dollar canadien très fort, qui nuit à leur compétitivité et à leur chiffre d’affaires.

La semaine dernière, le huard s’est retrouvé à un sommet en près de 30 ans en dépassant la barre des 89 cents US. La position de la Banque du Canada, jumelée à l’arrêt prochain des hausses de taux aux États-Unis, attire les investisseurs vers le Canada.

Le huard est aussi stimulé par la demande grandissante pour les produits de base, dont les prix sont à la hausse.

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PIB sous 3%

La croissance économique de l’Ontario a été de 2,8% en 2005, selon les données dévoilées par Statistique Canada, la semaine dernière. C’est un rythme qui est plus faible que la moyenne canadienne (2,9%) pour une troisième année consécutive. Essentiellement, ce sont les difficultés du secteur de la fabrication qui expliquent cette croissance modeste.

La force du dollar et la montée de la concurrence étrangère pèsent toujours sur les entreprises manufacturières de l’Ontario. Ce sont les provinces de l’Ouest, surtout l’Alberta, qui stimulent l’économie du pays, en raison du boom énergétique.

Gérald Fillion anime Capital Actions à RDI, du lundi au vendredi à 18h30.

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