L’AFO est née

Simon Lalande est élu président du conseil provisoire

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Publié 09/02/2006 par Jonathan Blouin

OTTAWA – Plus de 230 délégués ont participé à l’Assemblée constituante de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), les 11 et 12 novembre derniers à Ottawa. Née d’une fusion entre l’Assemblée des communautés franco-ontariennes (ACFO) et la Direction de l’Entente Canada-communauté Ontario (DECCO), l’AFO tentera de rallier la communauté francophone de l’Ontario sous une même voix.

Pour les représenter à la tête de l’AFO, les délégués ont fait confiance à Simon Lalande, un universitaire de 21 ans de la région d’Ottawa, impliqué depuis plus de cinq ans à divers niveaux à la cause de la francophonie en sol ontarien.

Ce dernier a défait Denis Vaillancourt, ancien sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation de l’Ontario de 2001 à 2005 et Marcel Grimard, de la région de Toronto.

Avec les huit autres membres du conseil, il aura la lourde tâche de définir physiquement le nouvel organisme au cours des prochains mois.

En plus du vote à la présidence, les délégués ont élu Eddy Lukuna et Marielle Carrier-Fraser pour représenter la collectivité. Les six autres postes avaient été déterminés à même l’ACFO, la DECCO et l’Union provinciale des minorités raciales et ethnoculturelles francophones de l’Ontario (MREF). Ainsi, le conseil provisoire sera complété respectivement par Jeannine Groulx, Yvon Beaudoin, Jean Comtois, Réjean Nadeau, Nicole Alexis et Brigitte Chatue.

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Lors de son discours d’acceptation, le nouveau président n’avait que de bons mots pour les autres membres du conseil provisoire. «Merci à vous [les délégués]! On a une belle équipe et j’ai hâte de travailler avec vous. Merci Eddy, pour ton charisme qui enflamme la foule et Réjean, qui est une source de motivation depuis le début», a entre autres souligné M. Lalande, en remerciant également Jean Poirier, ancien président de l’ACFO provinciale, pour son dévouement.

«Même si ton corps physique ne sera pas là, tes pensées seront toujours avec nous. On doit être fiers de ce qu’on a accompli et de ce qu’on accomplira dans les années à venir.»

Le modèle proposé accepté

Dans la journée du vendredi 11 novembre, les délégués de l’ACFO et de la DECCO ont accepté le projet de fusion et le modèle proposé par le comité de transition.

Le modèle a été accepté par la quasi-totalité des membres présents. Seules les représentantes de la Table féministe francophone de concertation provinciale s’y sont opposées.

Au cours d’une présentation du modèle de l’AFO, les membres du comité de transition ont réitéré la mission de l’organisme, qui sera chargé d’être «la voix politique de la collectivité francophone de la province».

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Le nouvel organisme aura comme mandat de revendiquer les droits des francophones, de représenter l’Ontario français sur différentes scènes, et de déterminer un ensemble de priorités.

Parmi celles qui sont ressorties lors d’une mise en commun des ateliers, l’idée d’une université francophone pourrait être explorée plus à fond, tout comme l’épanouissement des outils entre les associations.

En plus de l’Assemblée générale annuelle, des forums communautaires viendront renforcer la consultation par région. Des tables de concertation de même que l’occasion de débattre des enjeux et des réalités de l’Ontario français, sont notamment parmi les raisons d’être de ces forums.

L’AFO accueillera sous son aile toute association à but non lucratif qui œuvre en Ontario français, toute institution publique de langue française, en plus des membres individuels. La cotisation annuelle variera de 100 à 250 $ pour les associations et sera de 500 $ pour les institutions publiques et de 25 $ par individu.

Le nouveau conseil d’administration sera aussi très inclusif, regroupant au départ 24 personnes. En plus du président, élu au suffrage universel, cinq représentants régionaux seront élus par les membres, tout comme 14 représentants sectoriels et quatre représentants MREF.

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Un comité de direction viendra également épauler le conseil d’administration, qui y élira quatre membres, en plus du président.

Qui plus est, un comité de gestion des ententes, qui relèvera du conseil d’administration, sera aussi instauré. L’entrée en vigueur légale de l’AFO se fera le 1er avril prochain et la première Assemblée générale annuelle devrait avoir lieu en mai ou juin 2006.

Simon Lalande conscient du travail qui l’attend

Le nouveau président de l’AFO, qui poursuit actuellement des études à temps plein en finances à l’Université d’Ottawa, est conscient du travail qui reste à accomplir.

«Je poursuivrai mes études à temps partiel avec un ou deux cours le soir, pour consacrer mes journées à l’AFO. J’aurai un horaire chargé au cours des prochains mois, a-t-il affirmé. On veut assurer une plus grande cohésion de la communauté. J’espère que l’AFO rassemblera la communauté francophone de l’Ontario. Il y avait beaucoup d’enthousiasme en fin de semaine.»

Heureux du résultat de l’élection, il la voit comme une marque de confiance de la communauté, en ajoutant que les délégués ont démontré leur ouverture à la jeunesse. «Le message est sorti. Il y a beaucoup d’ouverture. [Mon élection] est la confirmation du virage que prend la communauté.»

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Son plus gros défi consistera néanmoins à dénicher un financement pour l’AFO. «Au plan de l’organisme, il va falloir obtenir un financement équitable, ce à quoi on a droit.»

«[L’AFO] c’est le reflet de ce que voulait la communauté. Simon a été élu avec beaucoup d’enthousiasme et ça démontre une ouverture à tous les points de vue, a fait remarquer Jean Poirier, co-président du comité de transition. Maintenant, une chose de plus? Que l’organisme ait un financement adéquat. Tous veulent que ça marche, mais ça va prendre de l’argent!»

Des délégués enthousiastes

À la sortie de cette rencontre, plusieurs délégués étaient optimistes. Le vent de renouveau qui a soufflé sur tous les membres présents est de bon augure selon Eddy Lukuna.

«Dans le nouveau contexte de la francophonie, on parle plus d’une collectivité au lieu des secteurs. Mais la communauté ethnoculturelle demeure dans une phase éducative. On est confiant d’aboutir ensemble. Nous sommes tous riches de spécificités».

Un autre des grands acteurs de cette fusion, Jean Comtois, qui a également été co-président du comité de transition, était heureux du dénouement.

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«Tout est là! Il revient à nous de prendre nos responsabilités. Mais la table est mise. On veut créer une voix puissante avec l’AFO et rallier l’Ontario français, qui avait deux têtes et deux organismes.»

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