Redécouvrir l’Île-du-Prince-Édouard

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Publié 24/04/2007 par Benoit Legault

L’Île-du-Prince-Édouard est un mythe coloré. Ses plages rougeâtres, ses prés verts et mauves, ses homards écarlates et sa grande bleue sont imprimés dans notre imaginaire collectif. Pourtant, on en parle moins qu’avant. L’Île a bien évolué depuis quelques années, presque à notre insu.

La gastronomie, ancien point faible des Maritimes, est dorénavant active et innovante. Les nouveaux chefs font du homard bouilli un point de départ et non plus une finalité. Comme ailleurs en Amérique du Nord, la gastronomie marrie les méthodes internationales aux meilleurs produits locaux; et les produits de l’Île sont très doués.

Charlottetown, la capitale de poche, propose désormais des attraits historiques nombreux et importants – la Province House et la Salles des Fondateurs notamment – pour qui est fasciné par la politique canadienne en tout cas. La meilleure surprise, c’est le nightlife bonifié de Charlottetown l’été. La Victoria Row est une rue piétonne avec du jazz en direct tous les soirs. Il y a aussi des microbrasseries, des terrasses bien allumées et des spectacles de grande qualité, comme la comédie musicale qui met en vedette l’incontournable héroïne de l’Île: Anne aux pignons verts.

Des régions distinctes

L’Île-du-Prince-Édouard du tourisme, c’est son parc national éponyme, qui n’est devancé en popularité que par les Parcs nationaux de Banff et Jasper dans les Rocheuses. C’est dire l’attrait de cette bande de 20 km de plages et de falaises, le long de dunes magnifiques (un écosystème fragile d’ailleurs menacé par tant de popularité).

Au total, l’île fait 280 km d’est en ouest et jusqu’à 64 km du nord au sud. Le secteur le plus apprécié des insulaires eux-mêmes, c’est le comté de Kings, à l’est de l’Île. Voici une région d’initiés aux plages immenses et peu fréquentées. Le comté de Kings est une région où on peut faire des expériences inhabituelles comme de la pêche en mer et de l’observation d’otaries.

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L’est de l’Île, c’est aussi le site de Greenwich, une portion récente du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard qui affiche le visage sauvage des plages rougeâtres et de leurs dunes. Greenwich présente ce qu’était l’Île avant que le tourisme de masse n’atteigne ses rivages. Ce coin magnifique est si isolé et si loin des services touristiques qu’il demeure un repaire de solitude et de nature intacte.

La région acadienne forme le sud du comté de Prince, à l’ouest de l’île. Il n’y a pas ici de grandes plages comme au nord, mais la chaleur et le patrimoine des francophones constituent un aimant émouvant. Le Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, à Miscouche, présente l’histoire héroïque des Acadiens de l’Île, qui remonte à 1720.

En bref

Réservez votre hébergement sans crainte. Les normes provinciales sont élevées, dans toutes les catégories de prix. Un bémol toutefois: la saison touristique est courte (du 15 juin au 15 septembre) et les modalités liées aux réservations peuvent être brutales. Demandez bien quelles sont les pénalités encourues si on doit annuler.

Voici des recommandations:

• Dalvay by the Sea Inn: à Dalvay Beach, dans le Parc national. Hébergement d’exception et grand restaurant dans une immense maison victorienne classée historique. On y trouve le cœur de la nouvelle gastronomie régionale et la plus grande sélection de vins sur l’Île.

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• Historic Maplethorpe Bed & Breakfast: route 112, dans le village de Bédèque. Vieille maison retapée par un sympathique couple d’Américains amoureux de l’Île. Bien situé pour rayonner vers la région acadienne, les plages de Cavendish et Charlottetown.

• Camping du parc provincial Green Park: route 12, près de Lennox Island. Chalets rudimentaires au bord de l’eau (les chalets 4 et 12 sont les plus grands); c’est l’hébergement le moins cher de l’Île, et il assure une sainte paix qui n’a pas de prix. De plus, le camping est sympathique, comme tous les campings des parcs provinciaux de l’Île-du-Prince-Édouard.

• Tourisme Île-du-Prince-Édouard:  1-800-887-5453, ipevacances.com. Les centres d’information touristique provinciaux sont excellents.

Par les routes du Nouveau-Brunswick

Un voyage par voie de terre vers l’Île-du-Prince-Édouard passe par le Nouveau-Brunswick. Trois voies sont possibles. La route rapide de l’intérieur; la route maritime ou le train.

L’intérieur du Nouveau-Brunswick – pays de forêts et de pas grand-chose d’autre – est rayé d’autoroutes gratuites. À la fin du parcours, on récolte en prime Fredericton, mignonne capitale arrosée d’une rivière. La Galerie d’art Beaverbrook y recèle d’agréables surprises, un grand Dalí étant la plus connue.

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Par ailleurs, la route maritime est aussi la route des villes acadiennes dont les noms sifflent dans nos oreilles comme des airs connus: Paquetteville, Caraquet, Shippagan… Malheureusement, cette route est lente; le bonheur ici, c’est la rencontre des gens.

La région francophone d’Edmundston est la porte d’entrée des Maritimes, et c’est une halte routière logique au Nouveau-Brunswick. L’hôtel Days Inn d’Edmundston est proche de l’autoroute, tout en donnant des vues superbes des champs environnants. C’est un des meilleurs hôtels de cette chaîne à prix doux.

Par ailleurs, le train de nuit depuis Montréal (l’Océan de VIA Rail) est une expérience inoubliable. Le rail est bosselé mais le réveil est lisse, dans des paysages exquis. Arrivé à Moncton, il faut louer une auto pour atteindre l’Île-du-Prince-Édouard.

Auteur

  • Benoit Legault

    Journaliste touristique basé à Montréal. Collaborateur régulier au Devoir et à l-express.ca. Responsable de la rédaction de guides Ulysse. Benoit Legault a remporté plusieurs prix de rédaction touristique. Il adore l'Ontario et ses Grands Lacs.

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