Objet théâtral non identifié: Le fa le do au Tft la semaine prochaine

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Publié 15/10/2013 par Alice Fabre

Un archiviste, un cowboy et deux scientifiques. Du western, de la science-fiction, de la comédie, du thriller, du polar noir… et de la musique. La nouvelle création du Théâtre français de Toronto, en collaboration avec le Théâtre La Catapulte d’Ottawa, a de quoi surprendre. Le fa le do, présenté à partir du 23 octobre, se veut une pièce également atypique, qui mélange les genres.

L’histoire intrigue au premier abord. Albert, un archiviste, découvre une bande magnétique sur laquelle résonne l’enregistrement d’une voix. Elle chante du fado, cette musique mélancolique venant du Portugal. Il se met en quête pour retrouver celle à qui cette voix appartient… et va tomber sur une affaire douteuse. Une intrigue policière vient se mêler au récit.

Roman, théâtre et cinéma

«Je voulais écrire une pièce qu’on associe à la fois au cinéma, au théâtre et au roman. Mélanger les parcours, prendre un peu à tous les styles. Le tout avec de la musique.» C’est en ses termes que le dramaturge Luc Moquin explique le fond de sa pièce. «Il y a aussi un côté lecture coupable dans Le fa le do. Je me suis demandé ce que je voulais voir sur scène. J’ai pensé à un film noir, à un roman d’aventures, des genres qui n’ont pas toujours acquis leurs lettres de noblesse au théâtre.»

«C’est un vrai bonbon pour moi», lance en riant Mathieu Charrette, le metteur en scène. «Le texte laisse une grande part à l’imagination. C’est justement ce mélange des styles qui m’a interpellé à la première lecture. Car le western a ses propres codes, le roman noir en a d’autres, et toute la question était de savoir comment j’allais juxtaposer tout ça. Le résultat est un vrai exercice de style. Chaque scène a son propre univers.»

Univers musical métissé

Le spectacle mélange aussi les genres musicaux. Quand Guy Mignault a approché Luc Moquin pour écrire la pièce pour le TfT, il lui a juste imposé la présence de chansons. L’auteur a dû prendre le temps de trouver la manière dont il souhaitait les incorporer au texte.

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«Je ne voulais pas que le résultat soit une simple comédie musicale. La musique, conçue par Claude Naubert, s’est construite à partir du texte.» Le fa le do propose donc un univers sonore très présent. Outre les chansons, le metteur en scène s’est également servi de machines pour créer des effets sonores avec les voix des acteurs.

«Parfois la musique fait avancer le récit, parfois il s’agit plus d’un monologue théâtral», explique Mathieu Charrette. «On explore différents styles musicaux, selon les personnages.»

Rôles exagérés

«Les chansons ont un effet davantage déréalisant», ajoute Luc Moquin. «Les personnages perdent donc un peu de leur naturel. J’ai voulu exagérer leurs répliques et rendre leur jeu parfois artificiel.» Pour lui, le défi était pourtant que chaque personnage conserve son authenticité.

Et selon Mathieu Charrette, le pari est réussi. «Certes il y a des personnages qui sont un peu plus stéréotypés, comme la grande méchante de l’histoire, Madame Alice, mais certains sont plus introvertis, et demandent un jeu plus naturel. »

L’œuvre de Luc Moquin emprunte beaucoup au cinéma. La première fois, Mathieu Charrette a lu la pièce comme un scénario de film. «La pièce était écrite avec une multitude de lieux, et beaucoup de personnages. Au fil des pages, je voyais le montage que je pouvais en faire dans ma tête. »

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Ajustements

Il a fallu procéder à des ajustements pour que la pièce soit réalisable. Six acteurs se partagent les rôles d’une douzaine de personnages. Pour ne pas perdre le public dans les changements de lieux, Mathieu Charrette utilise beaucoup les objets. Et dans son écriture, Luc Moquin a fait en sorte que chaque scène soit rythmée et efficace.

En plus d’être innovante, cette production a réellement été conçue pour le plaisir du spectateur. «C’est un autre défi que Guy m’a lancé», conclut Luc Moquin. «Réussir à parler franchement des choses importantes sur un mode léger. Les personnages veulent tous faire les choses bien, mais tout va souvent de travers.» Comme souvent au théâtre.

Le fa le do, présenté du 23 au 2 novembre par le Théâtre français de Toronto au 26 rue Berkeley.
7 représentations sont surtitrées en anglais

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