Visiter le ROM avec une guide francophone

En français à Toronto

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 20/08/2013 par Guillaume Garcia

Au Musée royal de l’Ontario, toutes les expositions, temporaires ou permanentes sont disponibles en français et en anglais. Sur le site Internet du ROM, dans version française, on apprend que des visites guidées sont offertes tous les jours, à 14h, pour les francophones. L’Express en testé une pour vous.

Dans le grand hall d’entrée du ROM, un panneau indique les horaires des visites, qu’elles soient en anglais ou en français. Il est presque 14h et je suis le seul à attendre.

Finalement une dame s’avance et me demande si je suis là pour une visite. Quand je lui demande si je peux faire la visite en français, elle sourit, me répond dans un français teinté d’un accent anglais qu’elle est originaire de Montréal et que son français date un peu!

Les trésors du ROM

La visite doit durer 45 minutes. Bien sûr, on ne visite pas tout le musée, cela prendrait des heures. La formule proposée s’intitule «Les trésors du ROM» et ma guide Mary Buie me propose de commencer par la salle des Premières Nations.

Elle m’y montre des canots amérindiens, fabriqués avec des matériaux très facilement disponibles dans la forêt et un grand canot de «maître», utilisés par les colons pour aller explorer l’Ouest faire le commerce de la fourrure.

Publicité

Mary connaît parfaitement son sujet et me donne une foule de détails qui ne sont pas présents sur les panneaux explicatifs.

Le second objet qu’elle me fait découvrir se situe dans la même salle.

Il s’agit d’un manteau inuit en peau de caribou. La chasse étant une grande fête traditionnelle, les femmes fabriquaient chaque année un nouveau manteau pour le départ des hommes à la chasse. Il devait satisfaire le dieu des caribous, pour qu’il fasse revenir chaque année les troupeaux.

On arpente ensuite différentes salles du musée et Mary m’explique comment les visites fonctionnent et comment elle a commencé à en donner. Bénévole, elle travaillait avant comme interprète dans les galeries du musée et a choisi, il y a trois ans, de devenir guide.

Du Canada à l’AsieElle a été formée sur une demi-douzaine d’objets et définit ensuite elle-même un parcours dans le musée pour ses visites. Avec l’expérience, elle connaît maintenant une bonne dizaine d’objets ce qui lui permet de changer de parcours de temps à autre, en fonction des préférences de son public ou de son humeur.
Elle me conduit ensuite dans la galerie des trésors de la terre et des météorites, me donnant une foule d’explications sur l’améthyste et comment les premiers explorateurs ont découvert cette pierre précieuse, dans des géodes crées par des gaz, emprisonnés dans la terre après des coulées de lave. Elle me montre ensuite une petite météorite tombée au nord de la Colombie-Britannique et qui contiendrait des restes organiques. Le caillou qu’elle me pointe du doigt n’a rien de spécial, il est exposé au milieu de centaines d’autres cailloux, mais elle en connaît un rayon sur ce bout de roche ma guide Mary! On se retrouve dans la galerie des dinosaures, où la bénévole pique ma curiosité en me présentant deux espèces, une sorte de poisson-lézard qui a fait le trajet évolutif de l’eau vers la terre avant de revenir dans l’eau (cool!) et un dinosaure géant dépourvu de griffes, car végétarien. Il s’agit du dinosaure installé dans le hall même du musée. Il devait manger en permanence pour nourrir cette énorme carcasse sans croquer de viande!

Publicité

L’invention de notre monde

On termine notre visite dans la section asiatique, où Mary choisit de me montrer deux de ses objets préférés. Nous nous arrêtons tout d’abord devant la sculpture d’un Luohan, un moine sacré qui chercher à atteindre la sagesse du Bouddha par la méditation. Ces sculptures se trouvent souvent par 16 à 18 dans les temples chinois. Celui a été trouvé au début du XXe siècle dans une caverne en Chine et moins de dix de ses semblables sont exposés dans des musées.

Une version miniature de la sculpture est exposée pour que les non-voyants puissent imaginer l’originale en la touchant. Le tout dernier objet de la visite sera une représentation de Shiva en dieu de la danse, qui détruit l’ignorance par les flammes pour faire renaître un monde nouveau.

Ma guide doit me laisser, les 45 minutes de visites sont écoulées. Mais je vais flâner quelques heures encore dans le ROM, qui possède littéralement des milliers d’objets plus étonnants les uns que les autres.

Après avoir récupéré un plan du musée, vu que je n’ai plus de guide, je me redirige vers la galerie des Premières nations et en fais le tour très attentivement. Entre les vêtements, les ustensiles de la vie quotidienne, les outils et les armes, l’exposition temporaire nous plonge réellement dans le monde des Premières nations et de l’évolution de leur mode de vie au contact des Européens. Bluffant.

Babylone

J’ai fini mon après-midi en visitant la dernière grande expo du ROM, la Mésopotamie.

Publicité

Située au niveau B2, elle nous fait voyager 6000 ans en arrière au moment de l’installation des grandes cités-état du croissant fertile (entre la Méditerranée et le Golfe persique)et de la succession de sumériens, des assyriens et des babyloniens, symbolisés par le règne de Nabuchodonosor. On revise ses classiques, en replaçant sur une carte le Tigre et l’Euphrate, Babylone et sa fameuse «tour de Babel».

On assiste à une comparaison intéressante entre les premières tablettes d’argile, où des scribes inscrivaient des rapports comptables et les nouvelles tablettes numériques, que les sumériens auraient probablement adorées!

Le ROM a eu une idée originale pour le parcours de l’expo, puisqu’on se promène dans en suivant les lits du Tigre et de l’Euphrate symbolisés au sol par un marquage bleu. De nombreux objets de la région à laquelle on attribue souvent «l’invention du monde actuel» nous font découvrir la vie des peuples avant le début de notre ère et l’évolution de notre civilisation, du nomadisme à la création d’immenses cités le long des terres fertiles. Babylone était, selon les historiens, la plus grande cité du monde à son époque. De l’écriture en passant par les mathématiques et l’architecture, la Mésopotamie a posé les jalons, il y a 5000 ans, de ce que serait notre civilisation actuelle.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur