70 ans après Hiroshima: quelques leçons

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Aux quatre coins du monde, des villes soulignaient le 70e anniversaire des bombes atomiques d’Hiroshima (6 août) et de Nagasaki (9 août), en lançant comme chaque année un appel solennel pour qu’il n’y en ait jamais d’autres. Qu’avons-nous appris, en 70 ans?

La peur des radiations

L’horreur des morts et des blessés d’Hiroshima et de Nagasaki a peut-être marqué suffisamment les esprits pour empêcher que la bombe soit à nouveau utilisée, mais elle a aussi contribué à engendrer une méfiance à l’égard du nucléaire et des radiations en général.

Avant 1945, le mot «radiation» était associé à des bienfaits, que ce soit en médecine ou… dans la science-fiction. Après 1945, il est devenu synonyme de danger, de maladie et d’apocalypse — en partie le résultat des images des survivants d’Hiroshima.

La bombe, il faut vivre avec

En revanche, cette peur n’a pas été suffisante pour pousser à l’élimination de la bombe.

Il y a aujourd’hui un peu plus de 10 000 armes nucléaires dans le monde, assez pour éradiquer l’espèce humaine: une réalité avec laquelle trois générations ont appris à vivre.

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Comme l’a dit le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, dans son discours de commémoration mercredi matin: n’importe qui, n’importe quand, pourrait aujourd’hui devenir à son tour un survivant.

Malgré tout, il n’y en a pas eu d’autres

Les occasions n’ont pourtant pas manqué pour provoquer un nouvel Hiroshima. Des militaires américains ont envisagé l’usage de la bombe atomique lors de la guerre de Corée au début des années 1950, et lors de celle du Vietnam dans les années 1960. Des dirigeants soviétiques ont aussi eu leurs moments.

Dans une réflexion publiée cette semaine, le Bulletin of the Atomic Scientists conclut que si les uns comme les autres n’ont pas provoqué une autre catastrophe en 70 ans, ce n’est pas par peur d’une riposte de l’ennemi, mais «parce qu’ils avaient compris les conséquences physiques, humanitaires et politiques» de «l’option nucléaire».

Empêcher la prolifération, c’est difficile

Il existe un traité de non-prolifération des armes nucléaires, signé sous l’égide des Nations Unies en 1968. Son impact est mitigé.

Non seulement les cinq pays détenteurs de la bombe en 1968 — États-Unis, Union Soviétique, Chine, France, Grande-Bretagne — n’ont pas éliminé leurs arsenaux, mais d’autres pays se sont depuis dotés de la bombe — Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord…

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Tout au plus a-t-on créé des mécanismes d’inspection qui ont pu freiner les ambitions de certains États —ainsi en sera-t-il, peut-être, de l’Iran. Et à défaut d’être rassuré, on peut au moins se réjouir que la taille des arsenaux américains et russes ait diminué depuis la fin des années 1980, alors qu’elle avait atteint un sommet de 60 000 têtes nucléaires.

Appréhender ce qu’est vraiment le risque

On sourit aujourd’hui d’une des retombées de la bombe: dans les écoles nord-américaines des années 1950, on faisait faire aux enfants un exercice de simulation d’attaque, où ils devaient se réfugier sous leur pupitre.
Comme l’écrit ce 6 août le chroniqueur Leonard Pitts: «personne ne nous a jamais expliqué comment un pouce de bois laminé entre nous et une explosion nucléaire nous protégerait».

Survivre à une guerre nucléaire?

Pendant les 30 années suivant Hiroshima, il n’était pas rare de trouver des scientifiques qui partageaient l’opinion des militaires et des politiciens pour qui il serait possible de survivre à une guerre nucléaire, pourvu que l’ennemi ait été frappé en premier.

Il a fallu attendre les années 1980 pour que s’impose dans le grand public le concept d’hiver nucléaire. Soit l’idée que, peu importe où elles tomberaient, des centaines de bombes atomiques enverraient dans l’atmosphère une telle quantité de poussières que la lumière du soleil en serait diminuée pendant des années — créant, dans les faits, un hiver de plusieurs années qui anéantirait une bonne partie de la vie animale et végétale.

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