40e anniversaire du «Vive le Québec libre!»

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Le 24 juillet 1967, le président de la République française Charles de Gaulle prononça un discours à Montréal se terminant par «Vive le Québec libre!» Cette harangue déclencha la plus grave crise à ce jour entre le Canada et la France, car elle semblait démontrer le soutien du président aux indépendantistes québécois.

Lorsque Daniel Johnson devient premier ministre, en 1966, l’un de ses objectifs est de faire renouveler la Constitution canadienne dans un sens qui serait favorable au Québec et à ses intérêts.

L’appui d’un personnage international aussi prestigieux que de Gaulle pourrait lui être d’un précieux atout; c’est pourquoi, le 13 septembre 1966, il lui envoie officiellement une invitation à venir visiter l’Exposition universelle de 1967 qui doit avoir lieu à Montréal l’été suivant.

De Gaulle, qui avait déjà été invité par le gouvernement fédéral, a songé d’abord à refuser car il ne voulait pas cautionner la Confédération dont on fêtait le centenaire la même année. Après quelque hésitation, il finit tout de même par accepter.

Comme de Gaulle ne veut pas commencer sa visite par Ottawa, les gouvernements canadien et québécois acceptent qu’il remonte le fleuve Saint-Laurent à bord du Colbert et qu’il débarque à Québec. Ce n’était pas un précédent car Ottawa avait également accepté que le premier ministre du Japon débarque à Vancouver avant de se rendre dans la capitale fédérale.

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De Gaulle débarque à Québec le 23 juillet où il est reçu par le gouverneur général Roland Michener et par Daniel Johnson. Le lendemain, il emprunte le Chemin du Roy en limousine pour faire le trajet Québec-Montréal. Reçu officiellement à l’Hôtel de ville par le maire Jean Drapeau, de Gaulle prononce son célèbre discours devant 15 000 personnes.

Il conclut en clamant: «La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici, et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux. Vive Montréal! Vive le Québec! Vive le Québec libre! Vive le Canada français! Et vive la France!»

Le discours ébahit à peu près tout le monde, y compris Daniel Johnson, et choque Ottawa qui ne désire plus la visite du général de Gaulle. Le Premier ministre Lester B. Pearson réagit le lendemain matin par un communiqué de presse: «Certaines déclarations faites par le président ont tendance à encourager la faible minorité de notre population qui cherche à détruire le Canada et, comme telles, elles sont inacceptables pour le peuple canadien et son gouvernement. Les habitants du Canada sont libres. Toutes les provinces du Canada sont libres. Les Canadiens n’ont pas besoin d’être libérés. Le Canada restera uni et rejettera toutes les tentatives visant à détruire son unité.»

De Gaulle passe la journée du 25 juillet à visiter Terre des Hommes. Le lendemain matin, il annonce qu’il ne se rendra pas à Ottawa. Le président repart pour la France à bord de son DC-8 présidentiel, laissant le Canada et le Québec sous le choc.

Ce voyage et ce discours ont déclenché la plus grande crise franco-canadienne. Le gouvernement fédéral accuse le président français d’ingérence dans ses affaires internes. Les relations entre les deux pays ne s’amélioreront qu’après la démission du général en 1969.

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