40e anniversaire d’Expo 67

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Publié 24/04/2007 par Paul-François Sylvestre

C’est le 28 avril 1967 qu’Expo 67 ouvrit ses portes «urbi et orbi», à la ville de Montréal et au monde entier. Cette exposition universelle et internationale fut l’événement le plus important des célébrations du centenaire de la Confédération canadienne et du 325e anniversaire de la fondation de Montréal. Jusqu’à sa fermeture le 27 octobre 1967, Expo 67 accueillit plus de 50 millions de visiteurs.

L’idée de tenir une exposition universelle à Montréal fut lancée par le sénateur Mark Drouin et le sénateur Sarto Fournier, ancien maire de Montréal; ils présentèrent ce projet au Bureau des expositions internationales à Paris, mais l’organisme pencha d’abord en faveur de Moscou. Vers la fin de 1962, l’URSS se retira et le maire de Montréal, Jean Drapeau, revint à la charge auprès du Bureau des expositions internationales à Paris, qui choisit le Canada.

Classée dans la catégorie des expositions générales de première catégorie, Expo 67 fut la première de son genre en Amérique du Nord. Sa construction et son organisation furent confiées à la Compagnie canadienne de l’Exposition universelle de 1967, créée par le Parlement canadien. Son financement fut assumé par les trois paliers de gouvernement: fédéral (50%), provincial (37,5%) et municipal (12,5%).

Ottawa, Québec et Montréal convoquèrent une conférence d’éducateurs, d’écrivains et d’intellectuels à Montebello (Outaouais) afin de choisir un thème central pour l’exposition. Ce fut Terre des hommes, thème qui reprit le titre du roman d’Antoine de Saint-Exupéry et qui se traduisit par la présentation de six pavillons thématiques: L’homme dans l’univers. L’homme et la vie, L’homme et la santé, L’homme et la mer, L’homme et l’agriculture et L’homme dans la cité.

Expo 67 attira 120 États répartis dans 60 pavillons. Furent absents la Chine, l’Espagne, l’Afrique du Sud et tous les pays de l’Amérique du Sud, sauf le Venezuela. Nombre d’exposants privés (Bell Canada et Alcan, par exemple) occupèrent des pavillons commerciaux et un parc d’amusement baptisé La Ronde fut construit sur un site de 54 hectares.

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Les seuls coûts de construction d’Expo 67 devaient se chiffrer à 10 millions mais passèrent à 40 millions de dollars. En tout et partout, l’organisation et la tenue d’Expo 67 coûtèrent 283 millions de dollars aux gouvernements du Canada, du Québec et de Montréal. Les recettes touristiques directement attribuables à Expo 67 furent estimées à presque le double, soit 480 millions de dollars.

Les gens de 50 ans et plus se souviennent probablement encore de la chanson thème d’Expo 67: Un jour, un jour, écrite par Stéphane Venne et chantée par Donald Lautrec.

L’Ontario avait son propre pavillon et sa chanson thème intitulée Give us a place to stand

Pas moins de 53 chefs d’État visitèrent Expo 67, dont la reine Élisabeth II, l’empereur Sélassié d’Éthiopie, le roi Constantin et la reine Anne-Marie de la Grèce, la reine Juliana des Pays-Bas, le prince Rainier et la princesse Grace de Monaco, le prince Albert et la princesse Paola de Belgique, le président américain Lyndon Johnson, le président italien Saragat, le président israélien Shagar, les présidents de la Tchécoslovaquie, de l’Allemagne, de la Côte d’Ivoire et, le plus remarqué de tous, le président de la France.

Charles de Gaulle fut accueilli avec les plus grands honneurs par le premier ministre du Québec, Daniel Johnson. Le 24 juillet 1967, depuis le balcon de l’Hôtel de ville de Montréal, de Gaulle lança son fameux «Vive le Québec libre!».

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Le lendemain, il se rendit à Expo 67, à la Place des Nations, accompagné par le Franco-Ontarien Lionel Chevrier, commissaire général des visites d’État. Ce dernier lui fit remarquer que ses propos pourraient être acceptés s’il était bien entendu que le Québec demeurerait dans la Confédération.

Le général lui répondit: «Mais, Monsieur, il ne peut en être question.» Qu’avait voulu dire de Gaulle? Qu’il n’était pas question que le Québec se sépare ou qu’il reste dans la Confédération…? Quoi qu’il en soit, Charles de Gaulle ne se rendit pas à Ottawa et Chevrier fut prié de le conduire poliment à l’aéroport de Dorval pour son retour en France.

Tenue juste après la Révolution tranquille de Jean Lesage, Expo 67 a permis au Québec de s’ouvrir au monde et de s’enraciner plus que jamais dans la modernité. C’est depuis cette période-là que le Québec a commencé à rayonner sur la scène internationale et à exporter son savoir-faire.

Aujourd’hui, l’ancien pavillon de la France est devenu le Casino de Montréal et l’ancien pavillon des États-Unis est devenu la Biosphère.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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