400e anniversaire de naissance de Paul de Chomedey

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En 1612, il y a donc 400 ans, naissait à Neuville-sur-Vannes, petite agglomération française non loin de la ville de Troyes, un petit garçon qui allait jouer un grand rôle dans l’Histoire de la Nouvelle-France, comme fondateur de Ville-Marie et premier gouverneur de l’île de Montréal.

Paul de Chomedey

Paul de Chomedey est né le 15 février et «sa naissance serait concomitante avec la date de son baptême, le 15 février 1612.

Ce qui n’est pas surprenant, car à l’époque on baptisait souvent les nouveau-nés le jour de leur naissance, compte tenu de la mortalité infantile très forte.

Ainsi les malheureuses victimes de la mort subite étaient-elles assurées de monter au ciel…», explique Patrick Planchenault, rédacteur en chef de L’est-éclair, journal régional.

Il avait une sœur aînée, et un frère et une sœur plus jeune. Il grandit d’abord au manoir de sa famille noble, avant d’embrasser très tôt la carrière militaire, comme c’était l’usage à son époque.

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En 1614, il devient sieur de Maisonneuve, lorsque son père le dote du domaine de ce nom.

On ne connaît pas avec précision le déroulement de sa carrière militaire entre 1624 et 1640, faute de documents d’archive. À la manière des épopées d’autrefois, les auteurs de récits anciens mélangent les interventions divines aux activités humaines.

Ceci explique en partie cette remarque désabusée qui clôt l’article Chomedey du Dictionnaire biographique du Canada en ligne: «L’ouvrage fondamental sur la personne et l’œuvre du premier gouverneur de Montréal reste encore à écrire.

Les biographies publiées jusqu’à ce jour sont des ouvrages de vulgarisation; quelques-unes constituent des vies trop romancées… Un modèle fictif a servi pour représenter Paul de Chomedey, car il n’existe de lui aucun portrait authentique.»

Et les célébrations de ce 400e anniversaire n’ont pas donné lieu à la publication de cet ouvrage fondamental.

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Vers la Nouvelle-France

Le départ de l’officier Paul de Chomedey pour la Nouvelle-France semble se baser sur des motifs religieux, sociaux et peut-être aussi patriotiques.

En 1639 ou 1641, un groupe envisage en France un ambitieux projet: fonder en Nouvelle-France une «ville missionnaire», notamment sous l’inspiration d’un membre qui aurait eu des visions, comme dans certains textes bibliques.

Ce groupe décide de fonder la «Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle France». Il acquiert l’île de Montréal, bien située géographiquement, mais dans une situation dangereuse.

Au carrefour de deux voies fluviales, elle était à proximité des territoires des Odinossonis, les Iroquois des Français, et leur servait de point de passage.

Il fallait trouver un jeune chef «possédant toutes les qualités requises pour conduire cette œuvre à la fois colonisatrice et missionnaire».

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C’est un jésuite, le père Lallemant, qui met en relation les fondateurs de la société avec Paul de Chomedey: «Je sais un brave gentilhomme champenois nommé M. de Maisonneuve qui a telle et telle qualité, lequel serait possible bien votre fait et commission», leur aurait-il dit

Paul de Chomedey aurait vu chez un ami un premier exemplaire des Relations des jésuites en Nouvelle-France, un recueil des correspondances entre les missionnaires jésuites au Canada et leurs supérieurs de Paris. Elles furent rédigées de 1632 à 1672. Intéressé, il serait allé voir ce père Lallemant de passage à Paris.

En Nouvelle-France

«Le père Lallemant ne fut pas long à sentir la main de Dieu dans toute l’affaire et ménagea une entrevue entre ses visiteurs.

Ils se comprirent tout de suite: M. de Chomedey entrait parfaitement dans les vues surnaturelles des messieurs de la compagnie de Montréal.» Le 9 mai 1641, deux navires quittent le port de La Rochelle, emportant vers la Nouvelle-France des colons de Montréal.

Dans un des vaisseaux, se trouvent M. de Maisonneuve, 25 hommes et un prêtre pour les Ursulines, et dans l’autre Jeanne Mance, l’infirmière et l’économe, Jacques de La Place, jésuite, et 12 hommes.

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Ville-Marie

Arrivé tardivement en Nouvelle-France, du fait de «furieuses tempêtes», peut-être en septembre 1641, Chomedey se heurte à l’opposition manifestée à Québec contre le projet d’installer une petite colonie dans l’île de Montréal. «Folle entreprise», s’écriait-on partout. Mais celui-ci n’en tient pas compte, rejette les propositions qui lui sont faites, mais doit passer l’hiver près de Québec.

Enfin, après moult péripéties, «le dix-septième de May de la présente année 1642, Monsieur le Gouverneur mit le sieur de Maisonneuve en possession de cette Isle, au nom des Messieurs de Montréal, pour y commencer les premiers bâtiments.»

Ville-Marie était née et va survivre, finalement sous le nom de Montréal.

Malgré d’innombrables tribulations, sous la houlette de M. de Maisonneuve, le «bon gouverneur aimé des Montréalistes».

Renvoyé en France par ordre du gouverneur général, M. de Maisonneuve regagne Paris en 1665, après «24 années de services héroïques». Il y décède en 1676 et il est inhumé en l’église Saint-Étienne-du-Mont.

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