1,5 million de personnes au Taste of the Danforth

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Publié 11/08/2009 par Khadija Chatar

Disons que le festival grec de Danforth s’est terminé dimanche dernier juste à temps! Aussitôt que les commerçants ont plié bagages, dans les alentours de 20 heures, le ciel s’est soudainement assombri et des éclairs et orages phénoménaux ont déchiré le ciel. La pluie a ensuite lavé l’avenue de ce qui restait du 16e festival annuel de Taste of the Danforth, qui avait bien commencé le vendredi 7 août.

Le bilan, globalement positif, a même été surévalué par certains, comme le Consul général de Grèce à Toronto, Dimitris Azemopoulos. Enthousiaste, il déclarait fièrement, sur le Greek Stage, monté entre Logan et Danforth, que le festival aurait attiré plus de deux millions de personnes!

Dans les coulisses, l’information a été très rapidement démentie par le président du conseil d’administration de Taste of the Danforth, Chris Trahiotis, qui rattrape la bourde en disant: «Non, on évalue à 1.5 million le nombre de personnes venues ces trois jours.» Aussitôt dit, il ajoute ravi: «Nous avons récolté 1 million de $ au profit du Toronto East General Hospital! C’est énorme par rapport aux années précédentes.» La somme a, en réalité, été collectée des 400 commerces participants.

Jack Layton, le chef de file du NPD (Nouveau Parti Démocratique), était aussi de la partie. Jouant la carte du politicien décontracté avec sa casquette assortie à son jeans, il a déclaré à la foule rassemblée: «Aujourd’hui, tout le monde est Grec! J’espère que vous avez bien profité de ces trois jours de bonne dégustation, que vous avez bien mangé, dansé et surtout que vous allez revenir à Danforth pour poursuivre l’expérience.»

Petit tour chez les restaurateurs

Taste of the Danforth, qui s’étendait de Broadview à Jones, aurait donc attiré plus de 1,5 million et personnes. Un chiffre qui dépasse largement celui de l’année précédente qui était de 1,3 million.

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L’oeil averti des restaurateurs avait cette même impression. Sur le visage des ces derniers, qui avaient sorti comptoirs et autres attirails, se lisaient une grande satisfaction et un franc soulagement. «On avait vraiment peur que la pluie ne gâche tout comme l’année passée.»

Finalement, il n’a plu vraiment qu’en soirée et en matinée. Vendredi, le seul jour totalement ensoleillé, on dit que 700 000 personnes sont passées ici. C’est un record!», déclare Nick Kostis, propriétaire du restaurant Megas. À côté, Elli Koutlemanis, bénévole à la maison de repos Hellenic Home for the Aged, glisse avec un sourire en coin: «Moi, j’en connais qui ont allumé un cierge pour que la pluie s’arrête».

Mme Koutlemanis et ses amies, qui vendaient des baklaoua et des kadaefi pour seulement 2,5 $, expliquent la raison de leur présence au Taste of the Danforth. «Nous sommes là pour récolter des fonds qui permettront la construction de notre future chapelle qui sera annexée à notre maison de repos».

Chez Avli, Pedro Kossofedis, en sueur derrière son barbecue de calamars, était occupé à encourager, d’une autre main, ses clients à goûter sa tourte arabe fourrée au lapin. Il s’estime très content du déroulement du festival. «C’est une bonne année, tout se passe bien.»

Pas très loin de là, la longue file devant le comptoir de Messini attirait l’attention et surtout l’appétit de beaucoup de gourmands. Marinos Dafnas, le propriétaire du restaurant, vend certainement la meilleure pita de l’avenue. «Au moins deux mille clients ont défilés chez moi!

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Je ne vais pas m’en plaindre, bien au contraire. D’ailleurs, j’ai triplé mon personnel pour être sûr que tout le monde était bien servi», témoigne-t-il. «La viande qui tourne sur un piquet, c’est ce qu’on appelle le gyros. Normalement en Grèce c’est que du porc. Mais comme à Toronto, j’ai une clientèle plus diversifiée, je m’adapte et donc je propose aussi le poulet.» Sa pita traditionnelle est préparée comme au pays. «Rien n’est acheté tout fait. Je prépare tout ici, même le pain et la sauce à l’ail et au yogourt, le satziki!», explique-t-il. «Cette pita est bonne à s’en manger les doigts», confirme Jennifer en mordant à belles dents son sandwich grec.

Salé ou sucré, le cœur balançait pour certains entre les deux, et pour d’autres pour les deux. Ainsi, après tous ces petits plats, malgré tout, bien consistants; quelques petites douceurs de chez le pâtissier Athens attendaient qu’on vienne y goûter. Son propriétaire, George Tsioutsioulas, aussi souriant que tous les autres, tenait à donner son avis sur le déroulement du Taste of the Danforth.

«Je peux dire que c’était mieux que ce que l’on espérait sauf pour le samedi où il a un peu plu. Mais bon, les gens sont quand même restés.» Son avis donné, il s’empressait de rappeler que sa pâtisserie a ouvert il y a 31 ans. Ensuite, c’est de ses loukoumades qu’il parle. «Ce sont de petits beignets trempés dans un miel très liquide et parfumés de cannelle.» Un vrai délice! Mais, chez Athens, il n’y a pas que de beignets, des baklaoua ou des bougatsa, il y a aussi la spanakopita, ce savoureux feuilleté aux épinards.

Un budget qui varie très fort

Le principe de Taste of the Danforth, on l’aura compris, était de proposer quelques «échantillons» de cuisine grecque dont le prix varie entre 1 et 5 $.

La petite question qui venait vite à l’esprit était de savoir quel était le budget moyen des gens qui allaient à ce festival. Les réponses de quelques interrogés étaient étrangement aussi éloignées les unes des autres.

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La famille Rwalins, composée du papa Tim, de la maman Alison et du fils Brian, avouait avoir dépensé près de 200 $ en seulement 3 heures! «On a été au restaurant où on a eu une belle addition de 80 $. Et puis même, c’est qu’une fois par an!», se défend Mme Rawlins.

Les trois amies Grace, Angela et Marie disaient avoir déboursé entre 50 et 60 $. «C’est déjà beaucoup. À présent, on a dû mal à marcher tellement on est lourde d’avoir autant mangé!», se plaignent-elles en riant.

Le couple Antoinette et Kevin Wilson se disent plus que rassasiés avec deux brochettes et deux pitas. «On a dépensé 14 dollars jusqu’ici. On va certainement se prendre un petit dessert un peu plus tard. Donc, pour donner un prix, disons qu’on ne dépassera les 30 dollars.»

Brochettes, pitas et les inévitables épis de maïs étaient ensuite tous rassemblés devant le Greek Stage pour écouter de la musique traditionnelle jouée par Yannis Kapoulas, suivi par les Jersey Boys. Accoutrés de vestons rouges démodés et coiffés à la bonne franquette. Ces derniers ont interprété des vieux tubes des années 60 avant qu’une tonalité plus reggae n’envahisse la place et ne clôture ainsi The Taste of the Danforth 2009.

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