100e anniversaire de la naissance de Benjamin Britten

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Après Wagner, après Verdi, le monde musical célèbre cette année l’anniversaire de naissance d’un autre musicien de génie dont la réputation et les œuvres ont fait le tour du monde: Benjamin Britten, le plus grand compositeur d’origine britannique de tous les temps, à la suite de Henry Purcell (1659-1695) (L’Express, 8 décembre 2009).

Benjamin Britten est né le 22 novembre 1913, dans une petite ville au bord de la mer du Nord, Lowestoft. Par une curieuse coïncidence, c’était le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Ses parents, qui sont des mélomanes, vont orienter la future carrière du jeune garçon.

«Son père, chirurgien-dentiste, interdit chez lui la radio et le gramophone de façon à inciter les membres de sa famille à pratiquer la musique. Sa mère, chanteuse et pianiste amateur, lui apprend à en jouer.» (Wikipedia)

Ils favorisent ainsi son apprentissage des instruments de musique, notamment du piano, avec cet apprentissage maternel. Et la maison accueille des musiciens de passage dans la région, l’Est-Anglie, un ancien royaume anglo-saxon (VIe-IXe siècles). Très tôt, à 5 ans, Benjamin compose sa première pièce musicale.

Apprentissages

À 13 ans, les parents de Benjamin le placent en internat à la prestigieuse Gresham’s School, à à Holt, comté de Norfolk, non loin de leur demeure.

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De juin à août 1928, âgé de 15 ans, il compose Quatre chansons françaises pour soprano et orchestre sur des poèmes de Victor Hugo et de Paul Verlaine. Il dédie cette œuvre à ses parents, pour leur 27e anniversaire de mariage.

Il était devenu l’élève de Franck Bridge (1879-1941), célèbre compositeur et altiste britannique, dont l’enseignement a sur lui une grande influence. En 1927, il avait passé toutes ses vacances scolaires chez les Bridge.

En 1929, il entre au Royal College of Music de Londres, dont Bridge était lui-même un ancien élève. Il poursuit son étude de la composition et du piano avec des maîtres réputés.

Premiers succès

Une formation aussi poussée, avec des maîtres prestigieux, commence à porter fruit avec un élève aussi doué. La Sinfonietta pour dix instruments, composée en trois semaines en juillet 1932, est créée à Londres.

Il compose la Simple Symphony, une œuvre orchestrale en quatre mouvements, qui est un succès en 1934. Elle est suivie de Phantasy, un quatuor pour hautbois et cordes créé en 1935.

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Désormais bien lancé, Britten est engagé comme compositeur et dicteur musical. Il se rend aux États-Unis en 1936, et il y «rencontre le ténor Peter Pears, son futur compagnon et partenaire qui aura une grande influence dans sa vie musicale». (WKP)

En 1937, après son retour en Angleterre, il connaît un succès international avec les Variations sur un thème de Franck Bridge, au festival de Salzbourg.

Célébrité

Inquiet du sort de l’Europe, il regagne l’Amérique du Nord en 1939, avec Pears. On le trouve au Québec en mai-juin et en Ontario en juin (Letters from Canada, Internet), avant de retrouver les É.-U. Il compose Les Illuminations, un cycle de mélodies pour voix aiguë (soprano ou ténor) et orchestre, et d’autres œuvres.

Rentré en Angleterre en 1942, il s’adonne plus que jamais à la composition, notamment d’opéras, comme Peter Grimes, sa première œuvre du genre, qui sera très populaire, puis Le viol de Lucrèce, Albert Herring et The Turn of the Screw.

Pour pouvoir jouer ses œuvres, il fonde en 1946 l’English Opera Group, dont il est directeur artistique, chef et compositeur. «Il veut redonner à l’opéra anglais ses lettres de noblesse.»

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En 1948, il organise le festival musical d’Aldeburgh. En 1973, il est anobli par la reine et devient Lord of Aldeburgh.

Il meurt le 4 décembre 1976 à 63 ans. Il laisse une œuvre considérable, plus de 100 titres sous diverses catégories: opéras, œuvres vocales, chorales, orchestrales, instrumentales, musique de chambre, musique sacrée, mélodies.

Secret

Y aurait-il à cette frénésie musicale une explication psychologique? Carl Fisher, éditeur de musique, fait mention, dans Centenaire Benjamin Britten 2013, d’un traumatisme qui aurait affecté Britten toute sa vie.

«Tout l’œuvre musical de Britten est scellé par un secret traumatique et une identité refoulée, interdite. Même s’il a trouvé en la personne du ténor Peter Pears, devenu son compagnon de vie, ce ‘roc’ insubmersible auprès duquel il trouvera réconfort et appui, le compositeur cache en lui-même un traumatisme dont peu ont osé parler: il aurait été, enfant, abusé par l’un de ses professeurs…»

Fisher donne différents exemples détaillés qui marqueraient les œuvres de Britten, des personnages, mais aussi la mer, qui lave des souillures.

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Il faudrait ajouter l’explication psychologique que nous avons donnée de la passion de Verdi pour la composition: une compensation ou un refuge vital, artistique, à la suite du traumatisme des décès de sa famille.

La frénésie générale de Britten pour la composition pourrait bien relever aussi du traumatisme de son enfance.

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