« Nuit boréale » : le Canada fête la musique à Paris

Semaine canadienne dans la capitale française

Les Parisiens ont découvert le groupe acadien engagé Les Hôtesse d’Hilaire. (Photo: Nicolas Dot)
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Depuis mardi dernier et jusqu’à samedi, l’Ambassade du Canada en France organise une «Semaine canadienne». Entre sessions d’informations et événements culturels festifs, le pays dans toute sa diversité est mis à l’honneur.

Des conférences, ateliers, et journées portes ouvertes autour de l’immigration sont mises en place pour accompagner les futurs expatriés français dans leurs démarches.

Mais, au-delà de ce volet informatif, les organisateurs comptent aussi séduire le public autour de grands rendez-vous. La «Semaine» a débuté avec la 5e édition du festival de musique «Nuit boréale», mardi dernier, à Paris.

Une atmosphère incandescente a accompagné cette Fête de la Musique aux couleurs rouges et blanches.

Une célébration

Co-organisé par le Centre culturel canadien de Paris, cet événement musical attire toujours plus de monde depuis son lancement, en 2012. Sylvie Bédard, directrice du centre, nous raconte d’ailleurs la genèse du projet.

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«Quand je suis arrivée au Centre Culturel en 2011, j’ai rencontré la directrice de la Fête de la Musique. Chaque mois, nous organisons des concerts, mais nous souhaitions travailler sur un projet phare annuel», nous confie Sylvie Bédard.

«Une fois l’accord obtenu avec la ville de Paris, la 1re édition de Nuit boréale eut lieu et attira plus de 4 500 personnes. Dès la 2e édition, des partenaires privés ont rejoint le projet et le festival se tient depuis sur une grande scène sur l’esplanade des Invalides. Lors de la 3e édition, 20 000 personnes étaient présentes. On doit en être proche ce soir. C’est en tout cas une grande fierté», conclut-elle.

L’édition 2016

De 19h à 1h du matin, cinq groupes canadiens ont enflammé la grande scène des Invalides, avec au loin, en guise de décor somptueux, les berges de Seine.

C’est Wesli, chanteur haïtien-montréalais, qui a ouvert le bal avec ses groove funk, jazz et reggae. Puis ce fut au tour du Québécois Philémon Cimon d’envoûter le public parisien avec ses paroles mélancoliques.

Le groupe montréalais anglophone Busty and the Bass a ensuite enchanté les spectateurs, avec une musique électro-soul irrésistible portée par un orchestre déchaîné d’instruments à cuivre.

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Half Moon Run, quintette star de cette édition, qui sera au rendez-vous du festival Osheaga cet été, a ébranlé l’esplanade. Enfin, Les Hôtesses d’Hilaire, groupe acadien atypique et explosif, a clôt l’édition 2016 dans une frénésie incroyable.

Princess Century

En fil rouge pendant toute la soirée, la DJ-productrice torontoise Princess Century était aux platines.

Très active sur la scène musicale torontoise, elle fait aussi partie du groupe de musique électronique Austra. «Je suis très contente d’être ici ce soir. Je pense que les Canadiens sont très connus à travers le monde mais c’est très rare d’être rassemblés.

Quand j’ai commencé avec Austra au Canada, tout le monde nous disait que ça ne marcherait pas. Puis on est allé en Europe, les Européens ont dit «j’aime», et ça a marché. C’est souvent le cas, je trouve. Personne ne connaissait la musique électro à Toronto quand j’étais jeune alors que c’était déjà en vogue à Berlin», nous raconte Princess Century.

En termes de projets, la DJ travaille actuellement sur la production de l’album d’un groupe dark wave à Winnipeg et est en tournée en Europe jusqu’à la fin de l’année.

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Les Hôtesses d’Hilaire

Dans un tout autre registre cette fois, le quintette acadien Les Hôtesses d’Hilaire, a fait durer le plaisir des 20 000 spectawteurs parisiens jusque tard dans la nuit.

Quand on leur demande de résumer leur œuvre musicale en trois mots, ils se mettent vite d’accord sur «Sexe, drogue, et politique». Il faut dire que leur dernier album, Touche-moi pas là, sorti en novembre dernier, offre un regard caustique et adopte un ton véhément envers le monde d’aujourd’hui.

Ils s’engagent d’abord sur le terrain politique canadien. «En France, les gens ont le sang chaud. Ils descendent dans la rue. Les choses se disent. Nous, les Canadiens, on est moins dynamiques. Tout le monde est heureux. On se satisfait du court-terme sans regarder plus loin. Nous avons écrit des chansons pour dénoncer les politiques de Stephen Harper et de David Alward, qui entretenaient nos dépendances aux industries pétrolières.»

Mais, ils prennent aussi une position franche dans le débat linguistique avec la chanson Super Chiac Baby. «En vérité, il faut se battre pour sa langue. Les francophones sont minoritaires au Canada. Nous devons être fiers de notre langue. Les anglophones n’aiment pas les francophones et vice et versa. Tout le monde le sait. Le français ça s’apprend, l’anglais ça s’attrape.»

Ils sont déjà de retour au Canada pour une tournée estivale chargée qui s’arrêtera à Sudbury le 9 juillet prochain.

Quels que soient les débats, quelles que soient les différences d’opinions, le public parisien a pu savourer cette soirée pleine de décibels mettant à l’honneur la scène culturelle d’un pays festif, riche en diversité, et en multiculturalisme.

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