Une deuxième occasion de faire bonne impression

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Le gouvernement libéral de l’Ontario, désormais dirigé par Kathleen Wynne, a une deuxième occasion de faire une bonne impression, après la dernière année houleuse qui a eu raison du premier ministre Dalton McGuinty.

À Toronto, c’est l’administration conservatrice de Rob Ford qui s’est vue accorder un sursis d’au moins deux ans par la Cour d’appel de l’Ontario, qui a stoppé toutes les procédures en destitution du maire déclenchées en décembre par une cour de première instance.

Là aussi, après deux premières années assez mouvementées, le maire a l’occasion de se racheter auprès des citoyens déçus de sa conduite souvent erratique.

A-t-il tiré des leçons utiles de ses dernières tribulations, ou n’y voit-il qu’une victoire miraculeuse contre une opposition maléfique?

L’avenir le dira bien assez vite, car avant la fameuse poursuite judiciaire autour d’un conflit d’intérêts insignifiant, il avait déjà perdu la majorité au Conseil municipal en se disputant avec certains de ses propres amis et alliés. Ce n’est qu’en reconstruisant ces ponts qu’il peut espérer se représenter en octobre 2014. (Et être réélu? Ça, on peut continuer d’en douter.)

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Sur la scène provinciale, les sondages de l’automne indiquaient que les Libéraux avaient glissé de la première à la troisième place, derrière les Progressistes-Conservateurs et les Néo-Démocrates. C’est le cas depuis un moment déjà au fédéral, une position que tentera de changer le nouveau chef du PLC (Justin Trudeau ou Marc Garneau) qui sera élu en avril.

On disait méchamment que le Parti libéral de l’Ontario avait le choix de faciliter l’élection des Conservateurs de Tim Hudak en élisant Kathleen Wynne (qui veut récupérer des électeurs qui lorgnent à «gauche») ou de faire élire les Néo-Démocrates d’Andrea Horwath en élisant Sandra Pupatello (qui aurait retenu des gens de «droite»).

En choisissant Kathleen Wynne – qui, comme presque tous les politiciens, dit rejeter ces étiquettes de «gauche» et de «droite» – les Libéraux peuvent au moins espérer se réconcilier, sinon avec les syndicats de la fonction publique, du moins avec plusieurs de leurs membres, notamment les enseignants. Même si Mme Wynne appuie le plan budgétaire actuel du gouvernement et maintiendra le gel salarial et les contrats imposés aux enseignants, ceux-ci peuvent espérer des améliorations lors des prochaines négociations.

Autre atout des Libéraux ontariens: des Conservateurs sont au pouvoir au fédéral et à l’hôtel de ville de Toronto. Les électeurs n’aiment pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier.

Aux dires de ceux qui la connaissent et qui ont travaillé avec elle, Mme Wynne maîtrise admirablement ses dossiers et est passionnée par l’engagement politique.

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Médiatrice de formation, elle se dit motivée principalement par la «justice sociale». Apparemment, cela reste important pour de nombreux Libéraux, mais c’est un réflexe passéiste, considérant les progrès accomplis dans ce domaine et les problèmes économiques plus pressants – problèmes de création plutôt que de redistribution de la richesse – auxquels sont confrontées les sociétés occidentales.

À la tribune du congrès libéral en fin de semaine, elle a d’ailleurs affirmé – et c’est bien vrai – que les Ontariens ne jugent plus leurs dirigeants sur la base de leur couleur ou de leur orientation sexuelle.

Mme Wynne offrait le grand avantage d’être déjà députée à Queen’s Park et de pouvoir se consacrer tout de suite à la gouvernance de la province, notamment en mettant fin à la prorogation de l’Assemblée législative.

Si les partis d’opposition ne forcent pas la tenue d’élections au cours des mois qui s’en viennent – de fait, personne n’en veut – on aura l’occasion d’évaluer son action à la tête du gouvernement minoritaire.

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