Un questionnaire sur la francophonie pour les candidats municipaux


6 mai 2014 à 9h30

L’ACFO Toronto, le lobby politique des francophones de la ville reine, enverra un questionnaire aux candidats à la mairie et aux postes de conseillers en vue du scrutin du 27 octobre prochain, afin de les sensibiliser aux dossiers francophones et de sonder leurs dispositions à cet égard.

On a notamment discuté de ce questionnaire à l’émission Pot-Pourri de la radio de l’Université de Toronto, dimanche midi, et au cours d’un forum qui a suivi, annoncé sur les réseaux sociaux quelques jours auparavant, auquel ont participé une poignée d’intéressés.

«Saviez-vous que notre ville est le siège de la communauté francophone minoritaire connaissant le plus important essor démographique au Canada?», liront les candidats dans la lettre de présentation.

Le libellé du questionnaire n’est pas final, indique le président de l’ACFO, Gilles Marchildon. Il sera sans doute envoyé au cours de l’été. De toute façon, la date limite des mises en candidature à ces élections est le 11 septembre.

L’ACFO leur demande, entre autres, s’ils parlent français, s’ils comptent embaucher un relationniste bilingue, s’ils appuient la traduction en français d’un plus grand nombre de documents municipaux qu’à l’heure actuelle, et s’ils appuient le maintien du Comité consultatif francophone récemment reconstitué et l’élargissement de son mandat.

Six représentants

Le nouveau Comité consultatif francophone de la Ville de Toronto tiendra sa réunion inaugurale, ouverte au public, le 26 mai à 10h à l’Hôtel de Ville.

Présidé par le conseiller municipal Peter Milczyn, le comité est composé de Gilles Marchildon, le président de l’ACFO-Toronto, Yannick Rose, le président du Club canadien de Toronto, Léonie Tchatat, la directrice générale de La Passerelle, Lise Marie Baudry, la directrice générale du Centre francophone de Toronto, Isabelle Girard, la directrice générale des Centres d’Accueil Héritage, et Guy Mignault, le directeur artistique du Théâtre français de Toronto.

Ces personnes ont été sélectionnées par la Ville, essentiellement par Peter Milczyn, conseillé par Gilles Marchildon.

Ce comité n’aura cependant l’occasion de se réunir que deux ou trois fois d’ici sa dissolution suite aux élections municipales du 27 octobre prochain. Les élus devront le reconstituer pour leur nouveau mandat de quatre ans.

L’ACFO-Toronto militait pour que soit réinstitué le comité dissous avec d’autres comités consultatifs au début de l’administration de Rob Ford. L’idée a été approuvée à l’unanimité en novembre dernier au Comité de gestion de la Ville (Government Management Committee)

Brasse-camarade

Par ailleurs, les démarches du comédien français Thomas Gallezot, qui anime, depuis le mois de décembre, un débat sur le rôle et la représentativité du Comité consultatif francophone, ont mené à son départ, jeudi soir dernier, du Conseil d’administration de l’ACFO-Toronto.

La pétition qu’il fait circuler sur internet, qui a recueilli jusqu’à maintenant une cinquantaine de signatures, est très critique des modalités de reconstitution du Comité francophone de la Ville, de même que de sa représentativité et de ses pouvoirs.

«Les membres du CA ont jugé que la démarche de Thomas Gallezot contrecarrait celle de l’ACFO-Toronto dans ce dossier», a expliqué Gilles Marchildon. «Nous pensons que la renaissance du Comité consultatif francophone de la Ville, dans sa forme actuelle, est un progrès.»

Aucune amertume

Thomas Gallezot dit «comprendre leur décision» et assure n’en ressentir «aucune amertume».

«Mes points de vue sur la manière d’agir au mieux pour notre communauté francophone ne sont à l’évidence pas partagés par la grande majorité des membres du CA. Les incompréhensions se multipliaient et le temps consacré à les régler prenait le pas sur l’action collective.»

Quoi qu’il en soit, Thomas Gallezot dit rester «un grand supporteur et admirateur du travail de l’ACFO en général et de Gilles Marchildon en particulier».

CFVT.org a d’ailleurs modifié le texte de sa pétition en ligne «pour expliquer de manière plus claire notre objectif».

«Notre intention n’est pas de nuire aux piliers de notre communauté que sont les organismes francophones de Toronto», précise Thomas Gallezot. «Pas plus d’ailleurs que nous cherchons à nuire au Comité francophone qui va être mis en place. Au contraire nous souhaitons qu’il réussisse et qu’il fasse le plus de bien possible à la francophonie.»

Mais on ne veut pas non plus donner à la Ville «l’impression que cet os qui nous est jeté satisfait nos besoins. C’est pourquoi nous voulons nous mobiliser pour obtenir de la prochaine municipalité qu’elle mette en place un vrai comité francophone avec des moyens financiers, une vraie implication de la communauté, et de la responsabilité envers la communauté dans son fonctionnement.»

* * *
D’autres articles sur ce sujet dans L’Express ces derniers mois:
22 avril: Les six membres sont désignés mais ne se connaissent pas encore
11 février: Le Comité francophone de la Ville prend forme
4 février: Peter Milczyn nommé président du Comité français à Toronto
17 décembre: Les élus municipaux votent pour le retour du Comité français
10 décembre: Débats sur la composition d’un nouveau comité francophone de la Ville de Toronto
3 décembre: Un rassemblement pour discuter du comité français de l’Hôtel de Ville
26 novembre: Bientôt un nouveau comité français à l’Hôtel de Ville

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