Un premier président francophone pour la Champlain Society

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C’est contre-intuitif: la seule société savante consacrée au fondateur de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, est anglophone. C’est la Champlain Society, affiliée à l’Université de Toronto. Mais, depuis 2011, elle est présidée pour la première fois par un francophone, Patrice Dutil, prof d’études politiques et d’administration publique à l’Université Ryerson.

M. Dutil participait, mercredi dernier, au lancement torontois de la série de TFO Le Rêve de Champlain au restaurant Grano, où il a notamment présenté l’auteur du livre, l’historien David Hackett-Fisher.

«Le livre de M. Fischer est un événement», dit-il à L’Express. «Jamais le personnage n’a-t-il été décrit avec autant d’humanité et de couleur. J’espère vivement que la série TFO donnera le goût de mieux découvrir Champlain.»

Formé lui aussi en histoire, Patrice Dutil y consacre la moitié de son temps de recherche. «On m’accuse souvent de faire trop d’histoire dans mes analyses de politiques publiques et de m’attacher trop souvent aux problématiques de science politique quand j’écris de l’histoire», s’amuse-t-il.

«Mon dernier bouquin, un collectif sur John A. Macdonald, démontre un peu mon approche. Je termine un manuscrit sur l’évolution du bureau du premier ministre de 1867 à 1920…»

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Le président décrit la membriété de la Champlain Society comme «un heureux mélange d’historiens, de géographes, d’archivistes et de gens qui se passionnent par les témoignages qui nous ont été laissés par des gens qui s’intéressaient à ce qui se passait autour d’eux ou qui voulaient simplement rédiger leurs expériences de découvertes».

La Champlain Society a été créée en 1905 par des «fous du passé».

«Elle fonctionne et publie en anglais, mais souvent les livres figurent dans les deux langues», explique M. Dutil. «L’an dernier, nous avons lancé Findings/Trouvailles sur le site web, qui invite des contributions dans les deux langues. Il n’existe pas d’autre société semblable au Canada. La Champlain Society est vouée au souvenir de Champlain, oui, mais va bien au-delà pour encourager toutes réflexions sur le passé.»

Selon lui, peu d’Ontariens anglophones sont au fait du 400e anniversaire de la visite de Champlain. Personnellement, il préfère rappeler que «la présence francophone en Ontario date de 1611, quand Étienne Brûlé s’est installé en Huronie pour y vivre jusqu’à sa mort». Il avait fait paraître un article dans le Toronto Star à l’époque et dit avoir reçu de bonnes réactions.

«Champlain a passé six mois en Ontario; Brûlé, 22 ans. L’occasion est passée dans un silence total, sans aucune reconnaissance de l’État», déplore-t-il.

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Danielle Caloz, une productrice de films documentaires associée notamment à la Société d’Histoire de Toronto, a réalisé un documentaire sur Étienne Brûlé qui a été diffusé à Radio-Canada. Et le 15 avril prochain à l’Alliance française de Toronto, Christian Bode, de la SHT, racontera l’expédition d’Étienne Brûlé avec douze compagnons de la nation Wendat, d’Orillia en haut du lac Simcoe à l’embouchure de la rivière Humber à Toronto, il y a 400 ans.

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