Un gouvernement qui promet

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Un homme d’affaires millionnaire de Toronto comme ministre des Finances, ça va de soi. Tout comme une médecin responsable de la Santé, un militaire décoré à la Défense, une ancienne de l’ACDI au Développement international et une ancienne athlète paralympique aujourd’hui ministre des Sports et des Personnes handicapées.

Le gouvernement du nouveau premier ministre Justin Trudeau, assermenté le 4 novembre à Rideau Hall dans une atmosphère festive, comprend aussi un ex-astronaute comme ministre des Transports, un musicien comme ministre des Ressources naturelles, un chauffeur d’autobus aux Infrastructures, et quelques ex-journalistes et travailleurs sociaux.

En fait, le musicien (oboiste) a aussi fondé le Conseil des gens d’affaires du Manitoba et a beaucoup travaillé au développement du Nord; et le chauffeur d’autobus a été élu deux fois au Conseil municipal d’Edmonton. Le ministre des Anciens combattants (souvent handicapés) est lui-même en fauteuil roulant, ayant été atteint d’une balle perdue à Calgary!

La plupart des 15 femmes et 15 hommes qui forment, avec le premier ministre, le nouveau gouvernement du Canada, sont remarquablement assortis à leurs nouvelles responsabilités et paraissent qualifiés pour écouter leurs conseillers et les Canadiens en général, trier et relayer l’information pertinente au Cabinet, piloter les projets et expliquer leur action dans les deux langues officielles.

Onze ministres sont Ontariens, dont sept de Toronto, notamment le ministre des Finances, Bill Morneau.

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La nouvelle ministre du Patrimoine canadien (la Culture), la Montréalaise Mélanie Joly, s’occupera aussi des langues officielles, même si cela ne figure plus dans son titre (dommage).

En revanche, la travailleuse humanitaire Catherine McKenna, qui n’a aucune formation scientifique, voit son titre de ministre de l’Environnement s’allonger pour inclure le Changement climatique (au singulier, comme en Ontario, alors que c’est au pluriel au Québec). Bonne nouvelle: ça pourrait aider les citoyens à commencer à distinguer entre l’Environnement (la pollution) et le climat (la météo). Mauvaise nouvelle: on semble croire pouvoir agir aussi efficacement sur le climat que sur l’environnement.

Le nouveau gouvernement canadien comprend donc autant de femmes que d’hommes, des vétérans et des néophytes, des Canadiens de souche et des turbans, des autochtones et des immigrants très récents, un gai, aucun noir, des représentants de nombreuses professions et styles de vie, «parce qu’on est en 2015»…

Cette réponse de Justin Trudeau à une journaliste rappelle le «bienvenue dans les années 1980» ou même le «just watch me» de son illustre père. Ça ne justifie pas tout, mais on ne peut qu’admirer la boutade.

Le premier ministre s’occupera aussi des Affaires intergouvernementales, c’est formidable, et de la Jeunesse, OK…

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Stéphane Dion aux Affaires étrangères, Ralph Goodale à la Sécurité publique, Marc Garneau aux Transports, Dominic LeBlanc comme leader à la Chambre des communes, c’est du solide. Bill Morneau aux Finances, Jean-Yves Duclos (prof à l’Université Laval) à la Famille et au Développement social, et Navdeep Bains (prof à Ryerson) à l’Innovation et au Développement économique, ça promet.

Bonne idée d’avoir confié la Justice à Jody Wilson-Raybould, une autochtone de Colombie-Britannique. C’est elle qui commandera la fameuse enquête sur la violence envers les femmes des Premières nations. Carolyn Bennett, de Toronto, aurait été choisie pour le ministère des Affaires autochtones et du Nord parce qu’elle serait experte en réconciliation.

La nomination la plus originale est sans doute celle de Maryam Monsef, animatrice communautaire de Peterborough via l’Afghanistan, heureusement sans burka ou niqab, comme ministre des Institutions démocratiques. C’est elle qui réformera notre système électoral.

Avec le temps, on apprendra à apprécier et juger le travail de ce gouvernement et, il ne faut pas les oublier, des 153 autres députés libéraux qui ont été élus le 19 octobre.

Il n’a pas été question souvent, au cours de la longue campagne électorale, de la valorisation du travail des membres du Parlement, que ce soit en comités ou en appui aux missions des ministres ou pour expliquer les politiques gouvernementales dans leurs communautés, mais les vitupérations contre la centralisation du pouvoir sous Stephen Harper impliquaient qu’on allait faire les choses autrement.

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