Un garçon dans le vent

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Avec un titre comme J’aime le vent (TNT Productions/Sélect), il est naturel que l’opus 4 de l’auteur-compositeur acadien Danny Boudreau soit ouvert à une foule de courants et d’influences.

Jouant la carte de la dualité – entre poésie et mélodie, entre yéyé et chansonnier, entre la mer et les plaines, entre bonheur et mélancolie – ce nouvel album devrait enfin permettre à Boudreau de monopoliser les ondes et d’accéder au degré de notoriété d’un Boucher, d’un Dumas ou d’un Bélanger.

Et son timing ne pourrait être meilleur: le temps que le bouche à oreille fasse son effet, des tubes en puissance comme Reconnais-moi et Demain matin devraient revendiquer la place qui leur revient sur les ondes d’été.

S’il est vrai qu’à l’écoute de J’aime le vent, on se surprend plus d’une fois à penser tout haut «Il me semble avoir déjà entendu ce refrain en quelque part», on aurait tort de se priver du plaisir que seul une chanson bien ficelée peut procurer, et Danny Boudreau n’est pas chiche en mélodies qui s’installent confortablement entre nos oreilles, question de mieux nous nous faire apprécier son propos.

Appuyées d’orgue à la Wooly Bully et de guitares façon Ventures, les références 60’s et 70’s ne sont jamais une fin en soi, servant plutôt de porte d’entrée à une œuvre des plus attachantes, qui donnent envie de prolonger notre séjour dans l’univers de Boudreau.

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Solitudes solitaires

Curieux hybride folk-reggae placé sous l’enseigne du FLTM (fais-le toi-même), Brûler le jour (Nubis/Outside) signale l’entrée de l’auteur-compositeur anglo-montréalais Paul Cargnello sur la scène francophone.

Mais il serait trompeur de croire qu’on tient là l’oeuvre d’un bricoleur solitaire: s’il joue presque tous les instruments et co-réalise cet album qui a été enregistré dans l’intimité de son appartement, Cargnello ne manque pas de copains, surtout au sein de cette communauté d’artistes francophones qui balisent leur espace de création en marge des sentiers battus.

Tour à tour, Jim Corcoran, Vincent Vallières, Fred Fortin, Thomas Jensen et Ève Cournoyer prêtent leur plume ou leur voix à l’une ou l’autre de ces treize chansons de facture minimaliste et majoritairement acoustique qui, à coups de grooves bien chaloupés et de refrains d’une simplicité déconcertante, pourraient bien faire de Cargnello le Manu Chao québécois.

Dans le jardin d’émilie

On apprend, en parcourant sa bio, qu’Émilie Proulx arrive à la chanson par le biais de l’horticulture. Autant il est rassurant de constater qu’il peut encore fleurir de nouvelles voix québécoises en-dehors des filières établies (Granby, Petite-Vallée, Star Académie), autant il faut reconnaître qu’on a vite fait le tour du jardin exigu qui a pour titre Dans une ville, endormie (Confiserie/Sélect).

Fusionnant ses principales sources d’inspirations – elle mentionne Joni Mitchell et Pink Floyd, entre autres – l’auteure-compositrice signe une manière de folk éthéré et sombre, qui sert d’exutoire à ses angoisses existentielles.

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L’ennui – et c’est bien d’ennui qu’il s’agit ici – c’est qu’Émilie Proulx évolue à l’intérieur d’un registre vocal et émotionnel trop restreint pour espérer maintenir notre intérêt, même le temps d’un voyage aussi bref que ce mini-disque de cinq chansons sur lequel, à l’instar de Cargnello, elle tient presque tous les rôles.

Si elle compte aller plus loin, Émilie devra crever sa bulle feutrée et chercher l’inspiration ailleurs, de préférence au contact d’un collaborateur qui saura oxygéner sa musique.

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