Un exemplaire de la Magna Carta au Fort York

À la source de nos droits et libertés

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Publié 06/10/2015 par François Bergeron

Le nouveau Lieu historique national du Fort York, inauguré l’an dernier sous l’autoroute Gardiner dans le secteur Bathurst et Lakeshore, accueille jusqu’au 7 novembre un exemplaire de la Magna Carta, l’accord intervenu il y a 800 ans entre le roi d’Angleterre et ses barons, limitant les pouvoirs du monarque et consacrant pour la première fois le principe voulant que «personne n’est au-dessus de la loi».

De la Magna Carta («grande charte») découle nos régimes modernes de protection des libertés individuelles et de démocratie parlementaire, de même que les principales mesures régissant nos droits face à l’appareil judiciaire.

La petite exposition tourne autour de deux documents prêtés par la cathédrale de Durham, en Angleterre: une version de la Magna Carta datant de 1300, et une version de la Charte de la forêt, un texte similaire servant à régler des questions de gestion du territoire, datant de 1300 lui aussi.

Il n’existe plus que 24 de ces documents historiques fragiles, protégés dans des coffres aux vitres épaisses et à la température et à l’éclairage contrôlés, presque tous en la possession du gouvernement britannique.

Tous écrits en latin, ces documents ont une valeur inestimable… mais ont tout de même été estimé à 37 millions $ par les assureurs de la tournée Magna Carta Canada, qui les a menés au Musée de l’Histoire à Gatineau en juin et juillet, au Musée des droits de la personne à Winnipeg en août et septembre, à Toronto en octobre et novembre. Cette tournée du 800e anniversaire prendra fin en décembre à Edmonton, à l’Assemblée législative de l’Alberta.

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Leonard Rodness et son épouse Susan ont fondé Magna Carta Canada il y a quatre ans, spécifiquement pour faire venir cette exposition, quand une connaissance à l’école de leurs enfants leur a mentionné avoir un contact à la cathédrale de Durham désireux de mieux faire connaître ce pan important de notre histoire et de notre vie intellectuelle à travers le monde, à commencer par les pays du Commonwealth britannique.

L’exposition au Fort York comporte d’ailleurs un gros globe terrestre interactif montrant les nombreux pays qui ont adopté des constitutions et des lois s’inspirant de ce contrat du 15 juin 1215 entre le roi Jean et ses barons.

Ce contrat, plus ou moins bien respecté par le roi, a été révisé plusieurs fois. Certaines itérations de la Charte comportent une quarantaine d’articles, d’autres une soixantaine.

L’exposition itinérante, complètement bilingue, montre également, dans un décor de forêts et de tentes médiévales, un trio de personnages d’époque: le roi, un baron et un roturier. Car dès 1265, le comité de barons chargés de l’application de la Charte s’est enrichi de représentants du peuple de tous les coins du royaume: l’ancêtre de nos parlements.

Des personnages historiques comme Winston Churchill et Nelson Mandela se sont inspirés directement de la Magna Carta, selon des citations choisies.

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Dans un film d’une dizaine de minutes, présenté alternativement en français et en anglais, le prince Charles, l’ex-première ministre Kim Campbell et d’autres sommités relatent l’histoire et l’impact de la Magna Carta.

Dans une salle adjacente, une plus petite exposition complémentaire, en anglais seulement, à l’initiative de la ville de Toronto, s’intéresse à l’évolution des droits et libertés dans nos sociétés: de la lutte pour le suffrage et l’émancipation des femmes à la promotion actuelle des droits de toutes les minorités.

Cette exposition s’adresse au grand public, mais sera d’un intérêt certain pour les groupes scolaires. Tous en sortiront imprégnés de l’importance universelle de la Magna Carta, dont le roi Jean lui-même, en 1215, n’imaginait sans doute pas la portée.

* * *
À noter que jeudi 15 octobre à 19h, la Société d’Histoire de Toronto propose au Théâtre Spadina de l’Alliance française une conférence d’Isabelle Cochelin, professeure d’histoire à l’Université de Toronto, consacrée à la «Grande Charte des libertés d’Angleterre», la Magna Carta.

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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