Un endettement périlleux

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Certains médias disent le «précipice fiscal», d’autres préfèrent le «mur». Dans les deux cas, on se trompe de véhicule.

C’est l’endettement croissant du gouvernement américain qui mène le pays vers un précipice ou un mur, pas les mesures – nécessaires, encore insuffisantes – adoptées pour ralentir cet endettement: hausses de taxes et/ou réductions de dépenses.

Depuis quatre ans (la crise financière de 2008), le gouvernement américain dépense 1 trillion $ de plus qu’il n’arrive à générer en taxes et en impôts de toutes sortes: un peu plus de 3,5 trillions $ de dépenses contre un peu moins de 2,5 trillions $ de revenus.

Mais ce n’est pas Barack Omaba qui a parti le bal.

Le sauvetage des plus grosses institutions financières privées, dans le sillage de celui de l’industrie automobile, ne faisait qu’exacerber une tendance à recourir au crédit et à la planche à billets qui remonte loin et qui s’est maintenue – grave erreur – dans les périodes de relative prospérité, sous Ronald Reagan et Bill Clinton.

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C’est ainsi que l’endettement du seul gouvernement fédéral américain (des états et des villes se trouvent aussi dans une situation financière périlleuse) dépasse aujourd’hui 16 trillions $, ce qui représente près de 100% du PIB américain, le seuil à partir duquel on commence à parler d’incurie, de décote et de faillite.

C’est aussi le seuil à partir duquel les remèdes paraissent pires que la maladie, car hausser les taxes et/ou couper dans les dépenses publiques ont des conséquences déplaisantes à court terme, le seul échéancier qui intéresse les politiciens et souvent aussi la majorité de leurs électeurs.

Pour la plupart des Républicains, on a un problème de dépenses publiques hors de contrôle, notamment du côté de ce qu’on appelle aux États-Unis les «entitlements» (la sécurité sociale, l’assurance santé et d’autres paiements de transferts, qui représentent la moitié du budget fédéral). Malheureusement, ce sont souvent les mêmes Républicains qui refusent de toucher aux dépenses militaires (20% du budget).

Pour plusieurs Démocrates, on a plutôt un problème de revenus insuffisants, les «riches», entre autres, ne payant pas assez d’impôts.

Il est vrai que les taux d’imposition sont plus élevés en Europe, où les gouvernements rivalisent d’imagination pour inventer de nouvelles taxes et de nouveaux moyens de presser le citron. Malgré cela, la situation de la plupart des pays européens n’est pas plus reluisante que celle des États-Unis.

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En outre, non seulement n’y a-t-il pas assez de «riches» – d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique – pour que ces surtaxes et impôts supplémentaires fassent une différence, mais cette taxation punitive rapporte souvent moins qu’un régime plus simple et plus équitable, les contribuables s’employant davantage à protéger leurs avoirs qu’à travailler plus fort pour des gains toujours plus hypothétiques. Demandez à Gérard Depardieu…

Presque toutes les combinaisons de hausses de taxes et de compressions de dépenses dont on discutait à Washington ces derniers jours sont évaluées à 600 milliards $… sur 10 ans.

En vertu de l’accord passé récemment au Congrès et avalisé par le président, quelques-unes seulement des hausses d’impôts programmées par l’administration précédente entrent en vigueur, mais pratiquement aucune des compressions de dépenses prévues. C’est une victoire pour les Démocrates, mais ces tiraillements recommenceront dans deux mois, quand on devra encore relever le plafond légal de la dette des États-Unis. 

Ni le président Obama ni les leaders actuels du Congrès ne verront de leur vivant le retour à des surplus budgétaires qui permettraient de commencer à rembourser les dettes des États-Unis. Là où ça va se corser, c’est quand les créanciers des États-Unis – comme ceux de la Grèce ces dernières années – commenceront à comprendre qu’ils ne seront jamais remboursés à 100% pour leurs bons du Trésor ou leurs «entitlements».

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