Un bureau des Affaires anglophones au Québec?

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En entrevue à La Presse Canadienne récemment, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser a fait remarquer que le Québec n’a aucune structure s’occupant spécifiquement de ses 600 000 citoyens de langue anglaise. Son intervention a suscité de nombreuses réactions.

«Pour les Franco-Ontariens – et tous les autres francophones en situation minoritaire au Canada – il y a quelque chose de proprement insultant lorsque la communauté anglophone du Québec estime que la province n’en fait ‘absolument pas’ assez pour elle», a souligné l’éditorialiste du journal Le Droit d’Ottawa, Pierre Jury.

M. Fraser avait mentionné que la communauté anglophone «a un problème avec les gouvernements successifs» du Québec, faisant écho à des propos de Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du lobby Quebec Community Action Network. M. Fraser allait jusqu’à déplorer l’«influence limitée» des anglophones auprès de Québec.

Selon la Presse canadienne, le gouvernement libéral de Philippe Couillard considère que ses trois députés anglophones – la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et l’assistant parlementaire du premier ministre, David Birnbaum – représentent la communauté anglophone du Québec.

«Chaque province a un ministre responsable des affaires francophones», a mentionné Graham Fraser en réponse à l’éditorial du Droit.

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Le gouvernement ontarien compte une ministre déléguée aux Affaires francophones (la Procureure générale Madeleine Meilleur), qui gère notamment l’Office des affaires francophones, tandis qu’un Commissariat aux services en français (François Boileau), relevant de l’Assemblée législative, surveille l’application de la Loi sur les services en français.

Le Nouveau-Brunswick officiellement bilingue a également une commissaire aux langues officielles (Katherine d’Entremont).

Graham Fraser reconnaît que «les engagements des autres provinces envers leurs minorités varient»… «Notre pays est très asymétrique en ce qui touche les services offerts dans la langue de la minorité. Les besoins quant aux services en français sont évidents dans toutes les régions du pays.»

C’est précisément cette asymétrie qui a piqué au vif éditorialistes, chroniqueurs et blogueurs, qui ne manquent pas de souligner qu’«au quotidien, la vie des Anglo-Québécois et la force de leurs institutions sont des sources d’envie» pour les Franco-Ontariens (Pierre Jury), que «le commissaire aux langues officielles devrait vérifier si les Franco-Canadiens et les Acadiens ont leur propre réseau scolaire (de l’élémentaire à l’université), leur réseau hospitalier, leurs institutions sociales et leurs institutions culturelles (théâtres, stations de radio et de télévision, etc.)» (Gilles Duceppe dans Le Journal de Montréal), et que «les majorités de langue anglaise ont persécuté leur minorité acadienne ou canadienne-française sans exception! Les Anglo-Québécois ont pendant ce temps été dorlotés à l’excès!» (Pierre Allard dans son blogue).

«Il est vrai qu’au Québec des hôpitaux, des universités et des commissions scolaires servent les communautés anglophones», indique M. Fraser. «Mais ces institutions ont été construites par les communautés, dans bien des cas il y a deux siècles, avant même la formation d’une fonction publique moderne.»

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«Comme les gouvernements provinciaux ailleurs au pays l’ont constaté, se doter de mécanismes leur permettant de se tenir bien au fait de l’ensemble de leur communauté linguistique minoritaire s’avère utile», conclut le commissaire.

Mais pour Pierre Allard (ex-éditorialiste au Droit, Prix Olivar-Asselin 2014), «ce qui est insultant, ce n’est pas de suggérer la création d’un bureau des affaires anglophones. De toute façon, il existe déjà et s’appelle le gouvernement Couillard»…

Ce qui est insultant, selon lui, c’est que Graham Fraser «semble proposer, en dépit de l’asymétrie des services offerts d’une province à l’autre, une certaine égalité ou symétrie dans la nature même de la situation vécue par les Anglo-Québécois et les francophones hors-Québec».

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Les bureaux provinciaux des affaires francophones:
Yukon
Territoires du Nord-Ouest
Nunavut
Colombie-Britannique
Alberta
Saskatchewan
Manitoba
Ontario (OAF)
Ontario (CSF)
Québec (SAIC)
Québec (ministère)
Nouveau-Brunswick (ministère)
Nouveau-Brunswick (CLO)
Nouvelle-Écosse
Île-du-Prince-Édouard
Terre-Neuve-et-Labrador
Commissaire aux langues officielles du Canada

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