Un avenir équilibré

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2014 a été une grosse année politique au pays, avec des élections au Québec en avril, en Ontario en juin et à Toronto en octobre.

Mais aussi avec un événement sans précédent, tout récemment en Alberta: la défection de la chef Danielle Smith et d’une majorité du caucus du parti Wildrose, l’opposition officielle, vers le gouvernement progressiste-conservateur du nouveau premier ministre Jim Prentice. L’opposition qui rejoint le gouvernement! Comme en temps de guerre ou face à une crise extraordinaire: faut croire qu’ils prennent au sérieux la baisse des prix du pétrole…

Un de nos chroniqueurs, un avocat qui pratique en Ontario et en Alberta, aimait bien décrire la politique albertaine comme «la droite contre l’ultra-droite». Maintenant, ce sera «la droite avec l’ultra-droite»!

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Les cloisons municipales-provinciales-fédérales étant relativement étanches au Canada, aucun de ces événements ne permet d’anticiper le résultat des prochaines élections fédérales, en octobre 2015.

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Les sondages indiquent que les conservateurs de Stephen Harper et les libéraux de Justin Trudeau sont à égalité, ce qui représente un progrès pour Harper et un certain essoufflement pour Trudeau. Quant au chef néo-démocrate Thomas Mulcair, il n’a commis aucune gaffe, mais il ne semble pas avoir réussi à impressionner beaucoup de Canadiens (non pas que Trudeau et Harper «impressionnent» tant que ça…).

On pourrait se retrouver avec un gouvernement minoritaire qui, dans la dynamique actuelle, sera nécessairement libéral: même si les conservateurs décrochaient une pluralité de sièges, Justin Trudeau ne répétera pas l’erreur de Micheal Ignatieff en 2008 et s’alliera avec le NPD. Le Bloc québécois risquant fort de disparaître, ça passera plus facilement.

On marquera en 2015 le 400e anniversaire de la présence française en Ontario (les expéditions de Samuel de Champlain jusqu’à la Baie Georgienne, accompagné de son guide Étienne Brûlé). Ce serait bien si on en profitait non seulement pour fêter, mais aussi pour consolider les institutions franco-ontariennes et ouvrir de nouveaux fronts en santé, en éducation post-secondaire et du côté des municipalités et agences culturelles qui échappent encore à la loi sur les services en français.

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Donc, après quatre ans dans la tourmente, les Torontois ont enfin retrouvé un maire «normal», francophile en plus!

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Un nouveau chef de police sera nommé au printemps. Toronto n’est pas Ferguson, mais l’affaire Sammy Yatim (2013) nous indique tout de même que des pratiques policières doivent être réexaminées. Le budget de la police est également sous la loupe.

C’est sans doute en 2015 qu’on sera fixé sur les prochains développements du réseau de transport en commun de Toronto. Par contre, John Tory a indiqué qu’il prendra son temps avant de compléter la privatisation de la collecte des ordures. À suivre.

En Ontario, la «menace» d’une victoire de conservateurs voués à l’assainissement des finances publiques s’est estompée, et tout le monde a pu remettre sa tête confortablement dans le sable.

Au Québec, après 18 mois d’accalmie péquiste, c’est le retour de la grogne syndicale contre «l’austérité», redéfinie ici comme le ralentissement de la hausse des dépenses publiques. Dans ses entrevues de fin d’année, le premier ministre Philippe Couillard affiche cependant une détermination rafraîchissante, promettant de juguler le déficit (on y est presque) pour enfin commencer à alléger le fardeau de la dette québécoise (50% du PIB, la plus élevée au pays).

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Permettez-moi ici de postuler que l’équilibre budgétaire ne devrait pas être une question de «gauche» et de «droite».

La gauche souhaite des pouvoirs publics plus actifs, une bureaucratie plus musclée, ce qui se traduit par des taxes et des dépenses plus élevées, alors que la droite préfère un État minimaliste. La conjoncture locale ou mondiale peut justifier une direction ou l’autre; ça se discute. De toute façon, le balancier démocratique a le don de frustrer les puristes des deux camps.

Cela dit, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas rêver d’un très large consensus, dans toutes nos juridictions, autour de l’idée que l’endettement soit intrinsèquement malsain, le symptôme d’une mauvaise gestion. Tous les partis devraient promettre au moins l’équilibre budgétaire.

Déjà au Québec, politiciens, économistes et autres intervenants ne débattent plus que de la vitesse à laquelle il faut atteindre le déficit zéro, pas de son utilité. L’opposition accuse le gouvernement d’être trop pressé, décrivant l’économie comme un malade fragile qui a besoin de beaucoup de soins et de petites doses. À droite, on compare aussi l’économie à un malade: un junkie qu’il faut sevrer de sa drogue, les déficits et le protectionnisme.

Or, une fois ce fameux déficit ramené à zéro (dans les prochains mois au Québec et à Ottawa, dans deux ou trois ans en Ontario, selon les scénarios officiels), dans quel but un parti, même de gauche, promettrait-il qu’on recommence à s’endetter?

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Tous ne pourraient-ils pas convenir que les budgets devraient plus souvent afficher des surplus que des pertes? Que le noir doit être la norme et le rouge l’exception? Idéalement, qu’on engrange de gros surplus en période de prospérité et de petits surplus en période plus difficile, pour finir par éponger toutes les dettes? Qu’un déficit devienne honteux, le symbole de l’échec?

C’est, entre autres, ce que je nous souhaite pour 2015 et au-delà.

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