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«Premier ministre Justin Trudeau.» Il faudra s’habituer à dire ces mots et à en concevoir la réalité. Un gouvernement libéral majoritaire, ça on connaît, même si on ne s’y attendait pas.

Lundi soir, le chef du Parti libéral est resté modeste et oecuménique, reconnaissant à la source de sa légitimité les citoyens de toutes les provinces et de tous les milieux, et promettant de continuer de consulter tout le monde.

C’est sans doute le plus grand changement pour lequel les Canadiens ont voté si massivement: un style de leadership franc et ouvert, la concertation entre le fédéral et les provinces, entre les gouvernants et les gouvernés.

«L’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement signale une approche renouvelée en matière d’appui à la francophonie et aux langues officielles», a réagi le lobby des francophones hors Québec, la FCFA. «Les enjeux à cet égard sont nombreux et criants», estime la présidente Sylviane Lanthier.

La Fédération des communautés francophones et acadienne souhaite que le nouveau gouvernement agisse rapidement sur trois grandes priorités qu’elle a mises de l’avant pendant la campagne: «la reconnaissance des réalités et besoins distincts de nos communautés, un appui accru aux activités et services en français créés par et pour nos communautés, et des mesures concrètes pour le plein respect de la Loi sur les langues officielles.»

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Les résultats: 184 Libéraux (39,5% des suffrages), 99 Conservateurs (31,9%), 44 Néo-Démocrates (19,7%), 10 Bloquistes, mais pas le chef Gilles Duceppe (19,3% au Québec, ce qui se traduit par 4,7% à l’échelle du pays), 1 Verte, la chef Elizabeth May (3,5%).

Comparé à 2011, où le Parti libéral s’était classé troisième, c’est un gain de 150 sièges pour les Libéraux, et des pertes de 67 sièges pour les Conservateurs et 59 pour les Néo-Démocrates. Les pourcentages de votes sont pratiquement les mêmes… mais pas pour les mêmes partis! En 2011, ce sont les Conservateurs qui avaient 39%, le NPD 30% et le PLC 19%.

Dans les quatre provinces de l’Atlantique, les Libéraux ont tout balayé. Au Québec, ils sont passé de 7 sièges en 2011 à 40 lundi. Le NPD s’est effondré, passant de 59 à 16 élus. Le Parti conservateur (12 élus) et le Bloc (10) sont ressuscités.

En Ontario, le parti de Justin Trudeau, qui a reçu l’appui actif de la première ministre Kathleen Wynne, est passé de 11 à 80 sièges.

À Toronto, les Libéraux ont tout balayé au centre-ville, éliminant des vedettes néo-démocrates comme Olivia Chow, Peggy Nash, Craig Scott et Linda McQuaig, battant le ministre des Finances Joe Oliver et le député conservateur francophone Bernard Trottier, et faisant élire l’ancien chef de police Bill Blair.

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Dans le très grand Toronto, seules les circonscriptions de Markham-Unionville et de Thornhill sont restées bleues. Le ministre de l’Immigration Chris Alexander a été battu à Ajax-Pickering. La couleur orange a tout simplement disparu de la carte régionale.

Presqu’absent dans l’Ouest et le Grand Nord en 2011, le Parti libéral a maintenant 17 élus en Colombie-Britannique, 4 en Alberta (une percée), 8 en Saskatchewan et au Manitoba, et il l’emporte dans les trois territoires du Grand Nord.

Stephen Harper démissionnera rapidement de son poste de chef du Parti conservateur. C’est l’autre grand changement que produira la nouvelle donne politique: au-delà d’une course au leadership, c’est une remise en question fondamentale qui est à l’ordre du jour pour ce parti, sinon pour toute la droite canadienne.

Le succès du gouvernement Harper sur le plan économique étant largement reconnu – même par les Libéraux et le NPD dont les programmes s’en écartaient peu – c’est son style de gestion et ses orientations sur les politiques sociales et sécuritaires que les Canadiens ont rejetés.

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