Traduction: des éditeurs canadiens découvrent les nouveautés de l’autre langue

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La troisième Foire des droits de traduction, organisée par le Conseil des arts du Canada, a eu lieu à Toronto vendredi dernier au 1 King Est. Cet événement est l’occasion pour les éditeurs de langue française et de langue anglaise de se rencontrer, d’échanger des renseignements et d’acheter et vendre des droits de traduction.

Catherine Montgomery, agente de programme au Conseil des Arts du Canda au service d’aide à l’édition est en charge de l’organisation de cette foire, qui en est à sa troisième édition, après avoir eu lieu à Montréal et Ottawa.

«J’ai vu qu’il y avait un besoin. Les éditeurs n’avaient pas de lieu de rencontre au Canada. Ils se rencontraient à l’étranger.»

Depuis la fin du Book Expo en 2009, il n’y a plus d’événements de rencontre entre libraires ou éditeurs au Canada anglais puisque le format du Salon du livre n’existe pas.

L’idée de cette foire est née d’un partenariat avec Patrimoine Canada et de la nécessité de trouver une solution pour que les éditeurs se voient et échangent leurs catalogues.

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Avant la foire, le Conseil des Arts envoie une liste de tous les participants et c’est ensuite à eux de faire leurs recherches pour voir ce qui pourraient les intéresser.

Des rencontres

Cette année, il y avait 38 participants anglophones et 26 francophones de partout au pays. Les années précédentes, la proportion était inversée en faveur des francophones.

Pour la troisième édition, le Conseil des Arts a simplifié les rencontres qui étaient auparavant entrecoupées de plusieurs ateliers. « Ce sont vraiment les rencontres qui les intéressent, c’est une foire professionnelle. Cette année il y a juste un atelier sur l’achat-vente de droits et un sur les demandes de subventions», explique Catherine Montgomery.

Alors que la foire devait être la dernière puisque l’entente avec Patrimoine Canada se termine, Catherine Montgomery indique que des évaluations sont en cours, de même qu’une étude sur les besoins des éditeurs. «On leur demande s’ils viendraient l’an prochain et aussi à quelle fréquence ils aimeraient que la foire soit organisée.» Certains des éditeurs avaient un horaire bien chargé avec jusque 15 rendez-vous en une journée, ce qui ressemble fort à du speed-dating de l’édition.

Un long processus

Parmi eux, le consultant littéraire Nicolas Aumais de Bayard Canada. Bayard vient principalement à la foire pour acheter des droits en littérature jeunesse et Nicolas a été assailli de demandes d’éditeurs qui veulent lui vendre leurs ouvrages. Mais les temps changent et l’époque où l’on achetait des droits en pagaille est révolue.

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«Avant c’était plus une réflexion ‘qu’est-ce qu’on achète?’ Maintenant c’est plus qualitatif que quantitatif. Il faut être sûr d’en vendre 2000», indique-t-il.

Une fois que Nicolas a pris connaissance des ouvrages, il regarde si ça rentre dans la ligne éditoriale de la maison, si le livre a déjà été traduit dans d’autres langues, si il a gagné des prix dans d’autres pays. «On regarde si le livre marche bien en fait», poursuit-il.

Il vérifie notamment si l’espace pour le texte est suffisant, sachant que lors de la traduction, le texte en français sera un tiers plus gros que la version anglaise.

Chaque interlocuteur lui avait présenté en moyenne quatre bouquins et pour convaincre ce spécialiste, il faut que l’illustration soit parfaite. «C’est l’illustration qui vend le livre. Après le texte appuie, mais c’est l’illustration le plus important.»

Habitué aux grands salons internationaux de Francfort, Bologne et Paris, Nicolas Aumais découvrait la foire des droits de traduction du Canada, qui représente uniquement la première étape de son travail. Des dizaines d’ouvrages lui seront envoyés dans les prochaines semaines et il lui faudra ensuite tout lire avant de présenter cela à l’équipe de direction. Ensuite, ils décideront s’ils s’embarquent dans l’achat des droits et la traduction de l’ouvrage.

Fermée au public, la foire des droits de traduction représente une part importante du travail de l’éditeur, un monde souvent inconnu des néophytes.

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