Toronto a besoin de Bixi autant que Bixi a besoin de Toronto

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La Ville de Toronto a produit un rapport pessimiste sur la viabilité du projet Bixi à Toronto. En proie à des difficultés financières, Bixi jouit d’une très bonne réputation auprès de la population torontoise du centre-ville, mais peine à convaincre ceux qui habitent hors du périmètre, très restreint, de location de Bixi.

La Ville de Toronto a accepté de garantir un prêt de 4,8 millions $ sur 10 ans et vu les difficultés financières de l’entreprise, elle explorera bientôt les possibilités de remanier l’arrangement qui la lie à Bixi vu qu’elle ne compte pas investir elle-même dans le projet, ce que font la plupart des municipalités qui offrent ce type de service.

Lancé en 2011, Bixi a su séduire plus de 4500 abonnés et plus d’1,3 million de voyages ont été effectués depuis le lancement du programme, qui fait partie du plan de transport en commun développé dans le cadre des Jeux Panaméricains de 2015.

L’entreprise Public Bike System Company, qui gère Bixi manque cruellement de liquidités pour le projet de Toronto, surtout en cette fin de saison hivernale.

En dessous de la moyenn

À Toronto, Bixi propose 1000 vélos, disponibles dans 80 stations reparties dans un périmètre très central, entre Euclid et Parliament et Bloor et Yonge pour la plupart. Comparé au nombre de vélos proposés dans d’autres villes, Toronto est complètement hors jeu.

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Montréal offre cinq fois plus de Bixi, repartis sur un périmètre beaucoup plus grand de la ville.

Paris possède 18000 Vélib et plus de 1200 stations. Des villes comme Lyon, Lille, Copenhague, Bruxelles, mais aussi Long-Beach, Boston ou New-York possèdent des systèmes de partage de vélos comptant plus de machines et plus de stations.

Une ville comme Grenoble en France, qui compte moins de 200 000 habitants possède plus de vélos que Toronto.

La question que la Ville de Toronto pose à ces citoyens est en fait la suivante: Doit-elle participer ou pas la mise en place et au financement d’un tel projet?

La semaine dernière, les frères Ford promettaient de couler un projet de parking à vélos qui serait situé sous la mairie, sous prétexte de l’inutilité d’un tel espace de stationnement et de son coup rédhibitoire. On peut désormais imaginer le sort qu’ils réservent au Bixi.

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Que doit faire Toronto? Laisser tomber le Bixi, ne pas construire de stationnement à vélo, ne pas augmenter le nombre de pistes cyclables… D’une «War on cars», on est passé, depuis l’élection de Rob Ford, à une «War on bikes». Mais quel moyen de locomotion mérite-t-il le plus sa place en ville, dans cinq ans, dans 10 ans?

Une nécessité à term

Toronto, qui jouit d’une croissance presque démesurée depuis une trentaine d’années, n’est encore qu’une enfant dans l’histoire des grandes villes. De nombreuses cités ont déjà connu des booms semblables. Certaines ont su en profiter et d’autres pas.

Sur la longue route qui mène au bon partage de la ville et au bonheur urbain, la voiture, les autoroutes, les stationnements de voitures ont été les outils de la fondation. Ils doivent progressivement laisser la place à des outils plus performants au centre-ville.

Quand on lit certains commentaires sur internet, on ne peut s’empêcher de sourire. «Si on met des péages sur les autoroutes, il faudrait mettre des péages sur les trottoirs pour les piétons», disait un lecteur du Toronto Star.

L’arrivée du Bixi a été une ravissante surprise pour Toronto, qui rejoint peu à peu les grandes métropoles internationales sur cette question.

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La faible densité de population de Toronto, comparé aux grandes métropoles, offre toutefois encore un peu de répit aux plus conservateurs, mais Toronto attire et séduit de plus en plus de gens qui y restent, pour habiter en centre-ville et pas sur les contours de l’agglomération. Ces gens-là ont besoin de transport public, de pistes cyclables, de Bixi; à terme ça sera une question vitale.

Parce que si toutes ces personnes se mettaient à conduire en centre-ville, il y a de grandes chances que ceux qui trainent des pieds pour changer quoi que ce soit aujourd’hui deviennent les premiers à retourner leur veste une fois bloqués sur la Gardiner ou la DVP sans pouvoir mettre un pied, ou une roue en centre-ville.

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