TIFF 2015: folies nocturnes et avant-garde

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L’heure est au bilan pour le festival international du film de Toronto. Avec, encore une fois, plus de 400 films venus du monde entier, une pluie de stars sur les tapis rouges et des activités para-festivalières de plus en plus présentes, force est de constater le succès grandissant de cet événement phare de l’année torontoise, ainsi que ses retombées économiques sur de nombreux commerces du centre-ville.

Le quartier des divertissements a vu sa population exploser ces dix derniers jours, pour le plus grand plaisir de certains, mais également au grand dam de quelques locaux, qui déclaraient trouver «la fin de semaine durant dix jours» un peu longue à leur goût, et majoritairement ennuyés par le flot incessant de badauds hurlants, ivres, et de soirées arrosées aux systèmes sonores bruyants s’étendant tard dans la nuit.

Ce n’était par contre pas le cas des amateurs de sensations cinématographiques fortes, qui eux, s’en sont donné à coeur joie puisque le nombre de films de leur genre favori était cette année en forte augmentation.

Si «Midnight Madness», le programme des films déjantés (horreur, fantastique, science-fiction) passant à minuit tous les soirs, était fidèle à lui-même, la nouvelle nomination de son directeur à la tête du programme «avant-garde» (Vanguard) s’est fait ressentir par le rapprochement de genre entre les deux sections, à la grande satisfaction des fans.

Les grands succès de ces sections du festival, qui seront sans doute distribués très bientôt en salles, ont reçus les bien mérités prix et mentions du public.

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Hardcore, du réalisateur et musicien russe Illya Naishuller, nous présente le parcours chaotique d’un cyber-soldat récemment ressuscité qui tente de sauver sa femme des griffes d’un psychokynésiste fou aux velléités de domination mondiale.

Le film est, à l’instar des célèbres vidéo-clips du même auteur (The Stampede, Bad Motherf*cker), entièrement filmé à la première personne et emmène les spectateurs dans une course folle à travers la Russie, parsemée de combats utilisant à peu près tous les armes et véhicules possibles, à la manière d’un jeu vidéo ultra-violent.

The Final Girls, premier finaliste, de Todd Strauss-Shulson, nous ramène, ainsi que la majorité de ses personnages, dans l’ambiance des «slashers» du début des années 80. Suite à un incendie lors d’une projection rétrospective de «Blood Camp», dont sa mère (Malin Akerman, Rock of Ages) décédée récemment, était l’une des stars, Max (Taisse Farmiga, American Horror Story), et son groupe d’amis adolescents se retrouvent dans le film et doivent aider les personnages originaux à se débarrasser du tueur en série pour pouvoir espérer revenir dans la réalité. Mais, il faut suivre les codes du genre, alors qui sera la «Final Girl»?

Des autres films des deux sections, on retiendra:

The Devil’s Candy de l’Australien Sean Byrne, classique et efficace thriller psychologique mettant en scène une famille emménageant dans leur nouvelle maison, et poursuivie par les attentions pas très catholiques du fils psychopathe et possédé des anciens propriétaires;

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Der Nachtmahr, de l’artiste visuel allemand AKIZ, ou, après s’être évanouie suite à une soirée très animée dans les milieux de la musique électronique berlinoise, la jeune Tina se retrouve hantée en permanence par une mystérieuse, apathique et attachante créature avec qui, après avoir surmonté ses craintes, elle va petit à petit se lier;

Hellions, du Canadien Bruce McDonald, dont Dora (Chloe Rose), l’héroïne adolescente ayant juste appris qu’elle est enceinte, doit se débarrasser d’une horde de créatures enfantines diaboliques et assoiffées de sang, pendant Halloween, dans la petite ville canadienne de Waterford, auto-proclamée «capitale mondiale de la citrouille»;

et pour finir, Southbound, sorte d’anthologie de l’horreur constituée de quatre courts-métrages par quatre réalisateurs, liés en un seul long-métrage qui lui-même constitue une boucle temporelle intéressante.

Hors des sections habituelles du genre, il ne faut certainement pas oublier le terrifiant The Witch, de Robert Eggert, tourné à Mattawa, dans le nord de l’Ontario, se présentant comme tiré d’une fable populaire du 16e siècle, et qui suit la dégradation des relations internes d’une famille de colons anglais après une suite d’événements menant à des soupçons de sorcellerie de la part de leur fille aînée. Le film, dont la reconstitution historique a été voulue extrêmement fidèle, a gagné le prix de la meilleure réalisation au festival de Sundance 2015.

Le TIFF 2015 a également été endeuillé par le décès soudain du réalisateur polonais Marcin Wrona, venu au festival présenter son film Demon dans la section Vanguard.

Pour plus d’information sur les films : TIFF

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