Sagapool: la mélodie avant tout

À Toronto le 11 avril

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Aujourd’hui, il est extrêmement rare de tomber sur un morceau de musique instrumentale, sauf peut-être s’il s’agit de musique classique.

Au Québec, un groupe choisit, depuis 14 ans, de mettre la mélodie au cœur de son travail. Ce groupe s’appelle Sagapool et a remporté le Félix du meilleur album instrumental lors du dernier gala de l’ADISQ qui s’est tenu en fin d’année 2012.

Il sera de passage à Toronto le 11 avril, à la Gallery 345, à l’ouest du centre-ville.

Formé en 1999 par plusieurs étudiants du Conservatoire du Québec à Montréal, il a produit quatre albums, dont un dernier éponyme, qui tranche avec les précédents par son côté plus éclectique.

Influences des Balkans

Jusqu’en 2008, le groupe s’appelait Manouche, un choix de mot tout d’abord puisque les membres fondateurs ne savaient pas à la base que ce mot désignait aussi un style de musique.

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Influencées par la musique des Balkans et d’Europe de l’Est, les compositions du groupe rappelaient beaucoup la musique remise au goût du jour par des groupes comme Beirut.

Aujourd’hui, le groupe essaie de se détacher de cette étiquette et cherche des influences au-delà de ses bases habituelles.

Le cinéma

Bien qu’elle demeure un élément majeur de ses spectacles, la fascination initiale du groupe pour la rencontre entre la musique de film et le folklore européen, entre l’exubérance des Balkans et l’élégance sautillante du klezmer, n’est plus la force motrice du groupe.

L’influence cinématographique, pour son pouvoir d’évocation narrative, tient un rôle plus important que jamais pour Sagapool.

«À nos débuts, nous voulions apporter de la chaleur à nos hivers, alors que maintenant nous assumons nos racines nordiques», explique Guillaume Bourque, clarinettiste et cofondateur du groupe.

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Énergie introspective

«Je pense que le résultat est très équilibré. Nous sommes reconnus pour notre énergie et le fait que nous jouons de plusieurs instruments. Cette énergie est toujours aussi présente, même si notre musique est plus introspective.»

Le changement de nom a joué dans ce sens, comme une volonté de s’affranchir d’une étiquette trop contraignante. «Cela a été un long processus. En fait, c’est aussi difficile que de choisir le prénom d’un enfant», indique Alexis Dumais, pianiste et bassiste du groupe.

S’il n’existe pas de signification précise au nom Sagapool, les membres ont aimé le concept de la Saga et du «pool» de musiciens qui la vivent.

«Cela amène aussi forcément de la réflexion. Le fait qu’on s’appelait Manouche, ça impliquait qu’on fasse de la musique tzigane. Là, pour le dernier album, on est allé dans d’autres directions.»

Rock, jazz, folk, classique

Album plus personnel, Sagapool a été créé à partir des influences de chacun, que ce soit rock, folk, classique, avec des goûts communs, notamment celui pour la musique de Patrick Watson.

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Formés à l’école classique et jazz, les membres de Sagapool ne peuvent nier une certaine facilité à l’écriture et la création d’univers instrumentaux.

On pense souvent à la musique instrumentale comme «de la chanson d’ascenseur», mais on oublie trop vite tous les compositeurs de trames sonores pour les films.

On peut poser une musique sur une image pour la rendre plus forte et créer une émotion particulière, mais on peut aussi créer une image à partir d’une musique.

Mélodies

Et c’est ce qui se passe quand on écoute le dernier album de Sagapool. Des mélodies qui coulent avec une force tranquille lors des morceaux de piano solo ou qui vibrent d’émotion aux couleurs contrastantes des cordes et des anches lors des passages d’ensemble comme sur la trame 45.56 N_73.58 O- 90 N.

«La principale force de notre musique tient dans les mélodies», selon le bassiste et pianiste Alexis Dumais.

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«Chaque personne compose ses morceaux et on part avec une mélodie. On a besoin de mélodies fortes parce qu’on n’a pas de chanteur et on veut faire quelque chose de très homogène. Tout est dans la recherche de l’émotion, même sans les paroles.»

Un peu à la manière d’un Yann Tiersen, qui s’est fait connaître à l’international avec la bande originale du film Amélie, la musique instrumentale de Sagapool vient tirer le mélomane par les oreilles pour l’emmener dans un voyage auditif et addictif.

«Le public rentre dans notre univers. Les gens voient des images dans leurs têtes, je m’en rends compte en concert», explique Alexis Dumais.

Prochain album

Sur la scène de la Gallery 345, le groupe jouera des morceaux de l’album Sagapool, mais aussi quelques nouvelles créations qui seront présentes sur le prochain album du groupe qui rentre d’ailleurs en période de création bientôt. Sagapool existe depuis maintenant 14 ans et, à en croire Alexis Dumais, l’aventure n’est pas prête de s’arrêter.

«On a tous d’autres groupes à côté. Cela marche comme ça. Le danger serait de vouloir faire plus que ça! Si on peut garder ce rythme comme ça, ça serait bien!»

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