Rob Ford souhaite que la fameuse vidéo soit diffusée

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Au cours de l’émission de radio qu’il animait dimanche, le maire Rob Ford a demandé à la police de Toronto de rendre publique une vidéo où on l’apercevrait en train de fumer ce qui serait du crack.

«Je veux que le chef de la police de Toronto, Bill Blair, rende cette vidéo publique pour que tous les citoyens puissent la voir», a-t-il déclaré en ouverture d’émission.

Il est cependant impossible pour l’instant pour la police de Toronto de satisfaire à la demande du maire. La vidéo fera partie de la preuve du futur procès pour extorsion d’Alessandro Lisi, un ami et chauffeur occasionel du maire, à moins que Lisi ne plaide coupable. Elle pourrait donc être toujours secrète lorsque les Torontois iront aux urnes pour élire un nouveau maire en octobre 2014.

Rob Ford a aussi présenté ses excuses aux Torontois et admis ne pas être un maire parfait. Plus tard dans l’émission il a précisé les événements pour lesquels il présentait ses excuses: son comportement lors du festival Danforth et lors de la St-Patrick.

«Par exemple, lors du festival Danforth c’était de la pure stupidité. Lorsque vous prenez quelques verres, vous restez à la maison, c’est tout. Vous ne vous donnez pas en spectacle», a-t-il affirmé ajoutant que «les choses ont aussi été un peu hors de contrôle», à la St-Patrick.

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«Je vais faire de mon mieux pour que de telles erreurs ne se reproduisent plus. Je ne sais quoi dire de plus», a-t-il dit

Il a répété qu’il désirait rester maire de la métropole. Selon lui, il peut toujours réaliser plusieurs choses pour améliorer la vie dans la Ville Reine.

Dénigrement?

La veille, l’avocat de Rob Ford avait soutenu que le chef de police mène une «campagne de dénigrement» contre son client. Me Dennis Morris avait pressé le chef Bill Blair de rendre public immédiatement l’enregistrement en sa possession de la vidéo qui montrerait le maire en train de fumer du crack.

Alessandro Lisi a été remis en liberté selon certaines conditions, vendredi, après avoir été accusé formellement d’extorsion pour «récupérer un enregistrement», soit la fameuse vidéo. Cet individu avait aussi été accusé de trafic de marijuana le mois dernier.

Alessandro Lisi a usé de «menaces ou de violence», selon la police, pour tenter de récupérer la vidéo. C’est ce qui a été révélé lors de la comparution en cour de M. Lisi, vendredi matin. Selon la police, dans les jours suivant la révélation dans la presse de l’existence de la vidéo, M. Lisi a menacé deux hommes, Mohamed Siad et Liban Siyad, pour les forcer à lui fournir l’enregistrement.

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M. Siad a été arrêté l’été dernier pour trafic de drogue et d’armes; il aurait cherché à vendre la vidéo au Toronto Star et au site américain Gawker. Pour sa part, Liban Siyad a aussi été arrêté plus tôt cette année dans le cadre d’une opération policière contre le milieu de la drogue, dans l’ouest de la ville.

Ford fumait autre chose?

Me Morris a raconté à Radio-Canada que son client, le maire Rob Ford, était «content» de voir que la vidéo avait finalement été récupérée, même si le maire a toujours affirmé qu’un tel enregistrement n’existait pas. «Il a nié l’existence d’une vidéo de lui en train de fumer du crack», a précisé l’avocat. Or, a laissé entendre l’avocat, peut-être qu’il n’a fumé que du tabac ou de la marijuana.

Jeudi, après que le chef de police eut révélé avoir la vidéo en sa possession, M. Ford a dit qu’il «aimerait» pouvoir se défendre, mais qu’il ne pouvait le faire, parce que «l’affaire est toujours devant les tribunaux». Il faisait peut-être référence au cas d’Alessandro Lisi, car le maire lui-même ne fait face à aucune accusations.

Rob Ford a ignoré les questions qu’hurlaient les journalistes à son endroit durant un court point de presse de moins d’une minute et demie, affirmant qu’il continuerait son travail de «rappeler les résidents» et «d’épargner de l’argent aux contribuables».

Rob Ford furieux

Le chef de police Blair a paru ébranlé par moments lors de son point de presse jeudi matin. Il a lui-même vu la vidéo du maire. «Je suis déçu en tant que citoyen de Toronto et pour la réputation de la ville», a-t-il commenté.

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La chef Blair a indiqué que la vidéo était sur un appareil électronique – un téléphone? un ordinateur? – qui avait été saisi dans le cadre d’une enquête sur le trafic de drogue. Elle avait été effacée, mais des experts de la police ont pu récupérer son contenu.

Avant ces révélations, jeudi matin, Rob Ford, visiblement furieux, selon les images de Radio-Canada, avait quitté son domicile en voiture, à nouveau sans vouloir répondre aux questions des journalistes.

«Sortez de ma propriété», a crié le maire aux caméramen.

Rencontres étranges

Quelque 300 pages de documentation liées à l’arrestation de M. Lisi, plus tôt ce mois-ci, qui ont été dévoilées jeudi matin, révèlent également que la police de Toronto a observé une série de rencontres bizarres au cours des derniers mois entre le maire Rob Ford et son ami Alessandro Lisi, qui a été accusé plus tôt ce mois-ci de trafic de drogue, alors qu’il était sous surveillance.

Les policiers avaient lancé leur enquête, en mai dernier, après que des journalistes eurent affirmé avoir vu une vidéo d’un homme ressemblant au maire Rob Ford en train de fumer ce qui semblait être du crack. La police a alors pris la mesure extraordinaire d’instiguer une opération de surveillance des agissements du maire de la plus grande ville au pays, y compris à l’aide d’un avion.

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Parmi les échanges douteux observés par la police, une rencontre le 26 juin dernier en bordure d’un terrain de soccer où le maire regardait un match.

On lit notamment: «Il [Lisi] a récupéré un sac de plastique blanc à l’arrière du véhicule. Le sac contenait déjà des items. Lisi est allé dans le coffre, a pris des boîtes de jus Minute Maid et les a mises dans le même sac. Il a ensuite marché jusqu’à l’Escalade [VUS] du maire qui était stationné au nord du terrain de soccer et a placé le sac à l’intérieur.»

Plusieurs personnes citées dans la documentation policière allèguent que M. Lisi founissait de la marijuana et peut-être aussi de la cocaïne au maire.

Du 18 mars au 24 juin dernier, les deux hommes se sont parlé près de 250 fois au téléphone, indique aussi la police.

Un enquêteur de la police confirme également dans les documents que la maison devant laquelle le maire Ford apparaît dans une photo aux côtés d’hommes au passé douteux était un repère pour la consommation de crack.

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Nombre d’experts s’étaient étonnés du fait que la police eut déposé quelque 480 pages de documentation pour obtenir des mandats de perquisition contre M. Lisi plus tôt ce mois-ci, et ce, pour une simple affaire de trafic de marijuana.

La vidéo

Selon le Toronto Star, Alessandro Lisi avait tenté de mettre la main en mai dernier sur une présumée vidéo d’un homme ressemblant au maire Ford en train de fumer ce qui semblait être du crack.

Deux journalistes du Toronto Star et le responsable du site américain Gawker affirmaient alors qu’un trafiquant de drogue leur avait montré la vidéo, filmée à l’aide d’un téléphone cellulaire, et cherchait à la leur vendre.

Environ 170 des 480 pages de documentation demeurent, toutefois, censurées, du moins pour l’instant. Ces pages contiennent entre autres les noms de tierces parties qui n’ont pas été accusées dans l’affaire. La Cour doit entendre les parties à nouveau à ce sujet le 8 novembre.

Les médias invoquent le droit du public à être informé pour obtenir l’ensemble des documents. La Couronne affirme, au contraire, que certaines informations doivent rester confidentielles pour les fins de l’enquête policière.

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M. Lisi, un homme de 35 ans, est un ami de M. Ford pour qui il a agi également à titre de chauffeur occasionnel. Le maire s’est dit dans le passé «surpris» de son arrestation, affirmant qu’il était un «bon gars».

Démission?

Au moins une conseillère municipale demande au maire de démissionner, du moins temporairement.

Selon la conseillère Carroll, «ce genre de distraction ne va pas arrêter. Pour la bonne gouvernance de la ville, il doit quitter son poste.»

Sa collègue Paula Fletcher a dit que les révélations «dépassent tout entendement».

Le conseiller Joe Mihevc a affirmé, lui, que le maire avait «menti» aux Torontois au cours des six derniers mois et qu’il devrait s’expliquer, mais sans exiger sa démission immédiate.

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De son côté, la première ministre Kathleen Wynne a refusé de se mouiller, affirmant qu’il fallait laisser les procédures judiciaires suivre leur cours.

Lettres controversées

Plus tôt ce mois-ci, le procureur général de l’Ontario, John Gerretsen, et nombre de conseillers municipaux avaient remis en question le jugement du maire, après qu’il eut été révélé qu’il avait rédigé une lettre de recommandation pour Alessandro Lisi l’été dernier.

Ce dernier faisait alors face à la justice dans une autre affaire, soit un procès pour menaces de mort contre une femme. Dans sa lettre, le maire montrait un appui inconditionnel à l’homme qui avait travaillé, racontait-il, au sein de son équipe électorale en 2010. M. Lisi en a appelé de sa condamnation.

M. Ford a aussi écrit une lettre de recommandation l’an dernier pour Douglas Sedgewick, un autre homme au passé douteux. La Ville refusait alors de renouveler le permis de ce conducteur de dépanneuse, après qu’il eut roulé à 115 km/h dans une zone où la vitesse permise était de 60 km/h. Son permis a finalement été renouvelé, mais à certaines conditions.

M. Sedgewick avait par ailleurs été reconnu coupable de meurtre au second degré dans les années 1980 lors d’un braquage de domicile. Ce dernier a raconté au Toronto Star que sa copine est une amie du maire, affirme que ce dernier était «plus ou moins au courant» de cette condamnation passée.

Certains conseillers municipaux de Toronto ont demandé comment le maire Rob Ford a pu penser qu’il était «approprié» de rédiger des lettres de recommandation pour de tels personnages.

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