Qui regrette son vote pour Obama?

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On fait grand cas dans les médias, ces temps-ci, de la chute de popularité du président Barack Obama aux États-Unis, avérée par la récente victoire républicaine à l’élection sénatoriale du Massachusetts pour remplacer Ted Kennedy.

Chacun a son explication: l’économie tarde à redémarrer, les emplois sont rares, les finances publiques restent périlleuses, les banquiers se payent de nouveaux bonus, la réforme de l’assurance-maladie est trop compliquée, on est toujours en guerre en Irak et en Afghanistan, la prison de Guantanamo n’est pas encore fermée, al-Qaïda continue de recruter des jeunes pour tenter de faire sauter des avions ou assassiner des caricaturistes… Bref, plus ça change, plus c’est pareil, contrairement au fameux slogan de la campagne d’Obama.

Le président lui-même a une opinion là-dessus. Dans son premier discours sur l’état de l’Union, mercredi soir dernier, Obama a reconnu qu’il avait échoué à manifester son empathie avec les Américains en ces temps difficiles… Ça frise l’arrogance que d’affirmer qu’on a simplement un problème de communication. De là à sous-entendre que ce sont les citoyens qui sont trop cons pour comprendre le sens de l’action gouvernementale, il n’y a qu’un pas.

S’adressant aux sénateurs et représentants républicains, sceptiques face à la réforme du système de santé qui fait encore l’objet de tractations entre les deux chambres du Congrès, Obama a lancé: «Si vous avez un meilleur projet, montrez-le moi!»

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Or, si l’obstruction des Républicains est, en effet, plutôt stérile, ce n’est pas le cas d’une foule d’instituts réputés, d’experts sérieux et de commentateurs crédibles (et de légions de blogueurs) qui proposent, sur la santé comme sur l’économie ou sur la politique étrangère, des alternatives originales aux politiques démocrates, souvent caractérisées par, justement, leur manque d’originalité et d’imagination.

Jusqu’à maintenant, l’administration Obama ignore superbement ces voix dissidentes, quand elle ne les met pas carrément à l’index dans le cas des scientifiques qui osent offrir d’autres perspectives que les plus alarmistes sur le climat.

Malgré ce bémol, personne ne regrette encore vraiment son vote de novembre 2008. Personne ne prétend qu’Hillary Clinton ou John McCain aurait fait mieux. Le niveau d’appréciation positive d’Obama décline, mais pas sous celui de ses adversaires, dont la plus en vue reste Sarah Palin. Si les Républicains ne réussissent pas à se libérer de ce joug populo-médiévaliste, la réélection d’Obama est garantie en 2012.

Il est malheureux que, dans notre culture de l’instantané, on se lasse aussi rapidement de la nouveauté, mais c’est comme ça. L’euphorie de l’élection du premier président noir des États-Unis est passée, même si on peut encore se féliciter de l’élection d’un chef jeune, dynamique, éloquent, intelligent, après huit ans sous un George Bush obtus, paresseux, et sa clique militariste ignorante.

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