Que de l’immigration francophone jusqu’à la parité

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La parité est en vogue depuis la formation du nouveau cabinet de Justin Trudeau comportant 15 hommes et 15 femmes (trois femmes de plus que sous Stephen Harper, qui avait toutefois 39 ministres).

Rappelons que 88 femmes et 250 hommes ont été élus à la Chambre des communes le 19 octobre dernier.

Les Conservateurs ayant boycotté le Sénat au lieu de faire l’effort d’abolir cet appendice législatif inutile, les Libéraux se retrouvent avec 22 sièges à combler à la Chambre haute. En nommant 22 sénatrices, on y atteindrait immédiatement la parité avec les sénateurs!

Trouver 22 femmes qualifiées dans toutes les régions du pays pour siéger au Sénat n’est pas difficile, font valoir les promoteurs de la parité. C’est certainement vrai: 22 personnes tirées au hasard dans le bottin téléphonique de Sudbury feraient sans doute aussi l’affaire.

Personnellement, je verrais d’un bon oeil le principe de la parité étendu à une autre catégorie de citoyens représentant un clivage presque aussi fondamental que le sexe: les deux langues officielles/fondatrices du pays.

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Que ce soit pour l’immigration régulière ou dans le choix des réfugiés, le Canada pourrait décider de n’accepter que des immigrants maîtrisant le français jusqu’à ce qu’on atteigne la parité francos-anglos d’un océan à l’autre.

Le Canada compte aujourd’hui près de 36 millions d’habitants, dont environ 9 millions de langue maternelle française. La population canadienne doit donc augmenter de 18 millions de francophones et de zéro anglophone pour atteindre la parité (27-27).

Comme nous recevons un quart de millions d’immigrants par année, nous pourrions atteindre notre objectif dans trois quarts de siècle; une quarantaine d’années seulement si on en acceptait un demi-million. Toutefois, plusieurs de ces néo-Canadiens francophones – comme plusieurs Canadiens français – parleraient probablement aussi l’anglais. Cela retarderait notre entreprise.

Notre définition doit inclure les citoyens possédant le français comme deuxième ou troisième langue (déjà quelques millions)… Plusieurs personnes seraient comptées deux fois.

Qui sait? Nous pourrions peut-être atteindre la parité franco-anglo en une génération! L’usage de plus en plus répandu du français stimulerait son apprentissage chez les anglophones et ferait du Canada un vrai pays bilingue.

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Actuellement, 47 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles – conçue, il est vrai, pour servir d’abord aux unilingues – et après deux référendums québécois motivés en grande partie par l’indifférence ou l’obstruction des anglophones, seulement un cinquième des Canadiens sont bilingues: à hauteur de 40% au Québec et au Nouveau-Brunswick, mais encore à moins de 15% dans les autres provinces.

À mesure que l’écart se rétrécirait entre le nombre d’anglophones et de francophones au pays, et à mesure que le nombre de bilingues augmenterait, cette comptabilité deviendrait plus compliquée… peut-être jusqu’à rendre caduque le concept même de parité linguistique.

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