Pourquoi la police n’a-t-elle pas encore arrêté Rob Ford?

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Le maire de Toronto nie les allégations mises de l’avant dans une enquête policière sur une vidéo dans laquelle on le voit fumer du crack, tandis que son avocat critique le travail des agents de la police municipale.

De nouveaux documents judiciaires, incluant des transcriptions de conversations téléphoniques enregistrées par les policiers, ont été divulgués mercredi.

Un échange entre deux hommes accusés de trafic de drogue révèle qu’on leur aurait offert d’acheter la vidéo contre une voiture et 5000 $. Les agents pensent qu’ils faisaient référence au maire Rob Ford.

Ce dernier a qualifié les conclusions de l’enquête de «purs mensonges» sur les ondes de la radio américaine Fan Sports Live jeudi matin.

Son avocat pense pour sa part qu’on s’acharne sur lui. «Si la police avait des motifs raisonnables de l’arrêter, elle l’aurait déjà fait», croit Dennis Morris. Il affirme que des individus au passé douteux en veulent au maire et désirent l’humilier.

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Me Morris ajoute que les allégations contenues dans l’enquête policière et les conversations téléphoniques n’ont jamais été prouvées en cour.

Par ailleurs, des élus et des avocats remettent en question la décision des policiers de ne pas avoir arrêté Rob Ford.

L’avocat Clayton Ruby est de ceux qui estiment qu’il y a des motifs raisonnables pour l’appréhender, puisque des photos le montrent en train de recevoir des paquets de la part d’un homme accusé d’extorsion. «La police aurait pu intercepter et fouiller son véhicule cette nuit-là», croit-il.

Un porte-parole de la police de Toronto assure que les procédures sont suivies à la lettre et que Rob Ford n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur.

Mark Pugash a affirmé jeudi matin que Rob Ford n’est accusé de rien parce que les policiers n’ont aucune preuve contre lui. Il ajoute que le maire a récemment été invité à rencontrer les enquêteurs, mais qu’il a refusé.

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Jeudi matin, le maire adjoint, Norm Kelly, à qui le Conseil municipal a confié récemment l’essentiel des budgets et des pouvoirs du maire, a évité les questions à propos des critiques sur le travail des policiers. «La Commission des services de police devrait s’occuper d’étudier ça», a-t-il déclaré en entrant à l’hôtel de ville.

Norm Kelly a ajouté que les dernières révélations sur Rob Ford ne devraient pas ralentir les travaux à la mairie. «Il y a une semaine, ces révélations auraient eu un impact sur la Ville», a-t-il déclaré, en ajoutant que, selon lui, le maire devrait se retirer pour se reposer.

Norm Kelly affirme que sa priorité est maintenant de discuter du plan d’expansion de Porter proposé pour l’aéroport des îles de Toronto.

Les extraits de conversations

La Cour supérieure de l’Ontario a remis mercredi aux médias d’autres extraits de conversations interceptées par la police lors de son enquête sur Alessandro Lisi, chauffeur occasionnel et ami du maire Rob Ford, accusé en octobre d’extorsion.

Ces nouveaux documents décrivent plusieurs conversations téléphoniques entre Alessandro Lisi et des membres de gangs de rue de la métropole. Le nom du maire de Toronto revient fréquemment, alors qu’il est question de récupérer la vidéo de Rob Ford fumant du crack.

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Dans les enregistrements, on peut entendre des conversations entre Liban Siyad, l’homme qui aurait tenté de faire chanter le maire avec la vidéo, Mohammad Siad, qui a tenté de vendre la vidéo au site américain Gawker et au Toronto Star, et Abdullahi Harun, un trafiquant de drogue.

Une série d’allégations troublantes sont répertoriées dans leurs conversations. Selon les documents, une offre de 5000 $ et une voiture aurait été faite en échange de la vidéo. Les policiers croient que Liban Siyad et Mohammad Siad réfèrent au maire Ford.

Les documents révèlent également que le maire était un habitué d’une maison du nord de Toronto soupçonnée d’être une fumerie de crack.

Dans une autre conversation, Abdullah Harun dit que Rob Ford fume de la marijuana et qu’il possède plusieurs photos du maire consommant de l’héroïne. Liban Siyad demande alors à Harun de prendre en photo le maire lorsqu’il consomme de la drogue parce que les photos leur rapporteraient de l’argent.

Ces nouveaux documents donnent également accès à des résumés de rencontres des enquêteurs concernant le meurtre du présumé membre de gang Anthony Smith.

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Lors d’une rencontre avec deux enquêteurs de la police de Toronto le 18 mai, l’ex-chef de cabinet du maire Ford, Mark Towhey, relate sa conversation tenue la veille avec le directeur de la logistique du maire et proche de la famille Ford, David Price.

Mark Towhey raconte aux policiers que David Price lui a affirmé que la mort d’Anthony Smith est reliée à sa possession de la vidéo du maire fumant du crack. La vidéo aurait été filmée avec le téléphone cellulaire de celui-ci, toujours selon ce que raconte Mark Towhey aux enquêteurs.

La police de Toronto n’aurait pas retenu cette version des faits.

Selon ces nouveaux documents, Mark Towhey aurait ensuite demandé à David Price de ne pas révéler cette information au maire. L’ancien chef de cabinet du maire aurait ensuite indiqué à David Price qu’il allait contacter la police à ce sujet et qu’il aurait fort probablement lui aussi à parler aux policiers.

Le lendemain, Mark Towhey été interrogé par deux enquêteurs de la police de Toronto.

Aucune de ces allégations n’a encore été prouvée en cour.

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