Pour une Charte des droits environnementaux

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Publié 04/11/2014 par François Bergeron

Le Nouveau Parti démocratique de Thomas Mulcair fait sienne une idée qui circule ces temps-ci dans les milieux écologistes, notamment dans l’entourage du célèbre vulgarisateur scientifique David Suzuki, en voulant mettre en place une Charte des droits environnementaux pour «consacrer sous forme légale les droits des Canadiens ainsi que les responsabilités du gouvernement fédéral en matière de protection de l’environnement».

David Suzuki propose carrément d’enchâsser de telles dispositions dans la Charte canadienne des droits et libertés. Le NPD ne va pas aussi loin – personne ne veut être accusé de vouloir rouvrir le débat constitutionnel – sa députée Linda Duncan (Edmonton-Strathcona) déposant plutôt un projet de loi fédérale.

«Quand j’étais ministre de l’Environnement du Québec, j’ai fait du droit à un environnement sain un droit protégé par la Charte québécoise», a affirmé M. Mulcair. «Ce projet de loi vise à protéger le droit des générations actuelles et futures à un environnement sain et écologiquement équilibré.»

«Mon projet de loi donne aux Canadiens le droit précis de se prononcer sur toute décision ayant un impact sur leur environnement, de poursuivre en justice le gouvernement fédéral quand il nie leurs droits ou quand des lois fédérales ne sont pas mises en application», précise Linda Duncan.

La loi protégerait également les dénonciateurs.

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«Un gouvernement néo-démocrate travaillera avec les provinces, les territoires et tous les Canadiens afin de faire du droit à un environnement propre et sain un droit garanti et absolu», résume Thomas Mulcair.

Âgé de 78 ans, David Suzuki conclut cette semaine en Colombie-Britannique une «Tournée bleu Terre» d’un océan à l’autre commencée à Terre-Neuve le 24 septembre. À chaque escale, il martèle l’importance de la reconnaissance du droit à un environnement sain dans la Charte canadienne des droits et libertés.

C’est le flambeau que l’environnementaliste veut passer à la jeune génération.

«J’ai passé ma vie à lutter contre tel barrage, telle coupe d’arbres, tel forage, mais cette tournée est un effort différent», explique-t-il en entrevue aux médias. «On essaie maintenant de mobiliser les gens pour quelque chose de grand: l’air pur, des sols propres, de l’eau claire devraient être garantis pour tous les Canadiens.»

Selon lui, la reconnaissance du droit à un environnement sain donnerait aux citoyens un recours pour contester des décisions gouvernementales ou d’entreprises affectant l’environnement. On mentionne surtout le forage minier et gazier, ainsi que l’exportation du pétrole par pipeline, train ou pétrolier, mais une foule d’autres activités économiques seraient touchées par une Charte des droits environnementaux.

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Dans le site latourneebleuterre.ca, on déplore que de tels droits soient reconnus «dans 110 pays mais pas le Canada», bien que des lois visant à protéger l’environnement existent chez nous depuis longtemps.

La Tournée bleu Terre profite de la participation d’artistes comme les Barenaked Ladies, Neil Young, Feist, les Cowboys fringants, Gilles Vigneault, Ariane Moffatt, Paul Piché, Lisa LeBlanc, Margie Gillis, le Royal Winnipeg Ballet et de personnalités comme Margaret Atwood et Robert Bateman.

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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