Plus d’eau, moins de sirop

Le prochain Guide alimentaire canadien

La consommation d’aliments frais et de protéines d’origine végétale serait un des fondements du prochain Guide alimentaire canadien... entre autres pour mitiger les changements climatiques. (Photo: Jean-Pierre Dubé)
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Santé Canada s’apprête à publier des sections du nouveau Guide alimentaire canadien. On recommandera notamment de boire régulièrement de l’eau — sans sucre ni sodium ou bulles.

La prise de conscience sur l’eau n’est pas nouvelle, surtout dans les services à la petite enfance. L’importance de boire de l’eau entre les repas et après l’activité physique est un message accentué dans la formation des éducatrices et des parents.

«On voit souvent des enfants boire du jus ou des boissons gazeuses. Il y a un manque de conscience qu’il y a énormément de sucre dans ces boissons», explique la coordonnatrice Christine Gagné, du programme Départ Santé, du Réseau santé en français de la Saskatchewan.

«Le sucre coupe la faim et cause des caries. La recommandation est de limiter le sucre à huit cuillerées à thé par jour. Or, on peut retrouver ce montant dans une seule tasse de boisson gazeuse.»

Le sucre se trouve aussi en surabondance dans la nourriture, poursuit Christine Gagné, notamment dans les aliments préemballés. Comme le Guide, elle recommande aux parents de lire davantage les étiquettes des produits. La variété de fruits et légumes, de grains entiers, de légumineuses et de protéines végétales est également au menu proposé.

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«Nous présentons aussi l’idée de repas traditionnels et culturels, les repas de style familial ou en groupe, et d’inclure les enfants dans la préparation du menu et au processus de nettoyage. On encourage les enfants à faire leurs propres choix afin qu’ils deviennent des mangeurs compétents.»

Le sucre dangereux

Les auteurs du Guide savent que le contrôle du sucre est un investissement à long terme. Comme l’écrit l’auteur Yuval Noah Harari dans Homo Deus, les glucides sont devenus plus dangereux que la poudre à canon!

Le sucre mène à l’obésité et au diabète qui sont à l’origine des maladies de cœur, les plus mortelles au Canada.

«L’obésité et le diabète, ça va au-delà du Guide alimentaire», explique la diététiste Mélissa Couture-Léger, de la Clinique de diabète du Réseau Vitalité, à Moncton. «Quand on regarde dans l’environnement, on a des aliments malsains qui nous entourent en tout temps. Il faut être tellement motivés pour faire des choix sains.»

Sur la question de l’obésité, il y aurait des centaines de facteurs, selon la diététiste, mais sa fondation est dans la consommation quotidienne. «Les gens ne mangent pas assez de fruits et de légumes, mais trop de glucides, trop de viande, trop de tout. Pour la viande rouge, le Guide va suggérer d’en manger seulement deux fois par semaine, avec modération.»

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«On parle de jus, de boissons gazeuses», ajoute la diététiste, «et de gâteaux parfois dans des portions industrielles. Si mes patients suivaient les recommandations du Guide, il y aurait moins de diabète.»

Mélissa Couture-Léger admet qu’elle n’a pas dans le passé utilisé le Guide de façon systématique dans sa pratique. «Il y a d’autres ressources qu’on utilise quand on travaille plus au niveau du traitement. C’est compliqué le diabète, ce n’est pas one size fits all. Des fois, il faut parler de nutrition pendant des semaines avant de comprendre.»

L’industrie exclue

Santé Canada met l’accent une alimentation d’origine végétale (noix, grains et avocat) pour encourager les Canadiens à consommer moins de protéines animales et de produits laitiers (crème, fromage et beurre), au moment où ces industries s’inquiètent du protectionnisme américain qui menace leur volume d’exportation.

Ottawa a noté une forte hausse de la consommation de viande depuis la mise à jour du Guide en 2007, ce que le gouvernement libéral déplore parce que l’élevage de boeufs et de vaches est générateur de gaz à effet de serre, qu’il associe à des changements climatiques indésirables. Par ailleurs, la production d’un kilogramme de bœuf exigerait 16 fois plus d’eau qu’un kilogramme de fruits.

Le processus de révision du Guide a exclu pour la première fois les études financées par l’industrie agroalimentaire. Il a été interdit aux dirigeants du ministère ainsi qu’aux rédacteurs de rencontrer des groupes de producteurs «pour éviter les conflits d’intérêts».

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