Pas assez d’eau pour 9 milliards d’êtres humains?

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Dans une génération, la quantité d’eau estimée sera insuffisante pour alimenter les neuf milliards d’habitants que comptera la Terre.

C’est ce que soutient le documentaire La soif du monde, d’Yann Arthus Bertrand, présenté mercredi dernier à l’Alliance française de Toronto dans le cadre de son premier «café scientifique» de la saison. Ludiwine Clouzot, fondatrice d’Écoloodi, une organisation française qui sensibilise les enfants à l’importance de protéger nos ressources en eau et les écosystèmes aquatiques, animait la discussion sur le rapport que nous entretenons avec cet «or bleu».

La soif du monde contextualise des problématiques liées au manque et à l’assainissement de l’eau en nous transportant vers des paysages somptueux de la planète.

Yann Arthus Bertrand nous fait rencontrer des individus qui se battent pour résoudre des problèmes d’accès à l’eau potable et nous annonce que, dans une génération, la quantité d’eau estimée sera insuffisante pour alimenter les neuf milliards d’habitants que comptera la Terre.

Déjà, 4000 enfants mourraient chaque jour d’une eau contaminée.

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Le cinéaste a aussi recueilli des témoignages d’hommes et de femmes vivant dans des conditions sanitaires éprouvantes au sein de mégalopoles en développement, de pasteurs nomades en conflits sanglants pour que le clan survive dans les régions arides de l’Afrique.

Un phénomène planétaire

Les géants de l’économie ne seraient pas épargnés par le phénomène. Le réalisateur soutient que l’industrialisation accélérée de la Chine a pollué et asséché l’un de ses plus grands fleuves. Des barrages monumentaux sont construits et des usines de traitement des eaux s’activent à rejeter dans les fleuves une eau saine.

Plus proches de chez nous, en Californie, des villes en manque d’eau tentent de s’approprier celle des agriculteurs descendants des premiers arrivants en rachetant pour des montants faramineux leurs «droits à l’eau» ancestraux.

Le réalisateur nous interpelle sur notre consommation «gourmande» en eau et nous invite à responsabiliser nos actes consuméristes.

Comme une empreinte écologique, l’eau virtuelle comptabilise la quantité d’eau nécessaire pour produire des biens de consommations courantes. Par exemple, 1 litre de lait de vache nécessite 1100 litres d’eau; pour fabriquer un pantalon jean on utilise 11 000 litres d’eau; et on emploie 15 fois plus d’eau en consommant un kg de viande de boeuf qu’un kg de céréales…en somme, une famille dans un pays industrialisé utilise près de 140 000 litres d’eau par semaine.

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Agir localement

Tout au long de ces 90 minutes, le film met sur le devant de la scène des individus qui ont entrepris d’agir pour changer leur environnement.

Comme ces agriculteurs en Asie qui, en régulant la taille des pousses de riz à semer, réduisent à la fois la quantité d’eau irriguée et augmentent la fréquence de plantations dans l’année. Effort non négligeable quand on sait que cette céréale est de très loin la plus consommée par les habitants de la planète.

En Inde, Yann Arthus Bertrand nous fait découvrir des pêcheurs dans le delta du Gange qui, en déroutant les eaux usées de la ville vers leurs bassins piscicoles, ont su recréer une nouvelle chaîne alimentaire par l’intermédiaire des planctons et améliorer ainsi considérablement la productivité de leurs fermes à poissons.

Dans le nouveau théâtre de l’Alliance française, le documentaire poignant a suscité de vifs échanges, des solutions pour résoudre l’accès à l’eau potable en Afrique aux conséquences d’une privatisation des systèmes de distribution de l’eau potable à Toronto.

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