«Nous méritons mieux»

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Donc on aura des élections fédérales à l’automne, un an seulement après avoir réélu le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper, alors que les sondages prédisent encore un résultat similaire.

Les Libéraux ont jugé qu’ils ne pouvaient plus continuer de s’abstenir ou, pire, de voter au Parlement pour les budgets et les lois des Conservateurs. On imagine mal le NPD ou le Bloc prendre le relais de cette non-opposition. Si un nouveau scrutin ne permet toujours pas de dégager une majorité, une coalition comme celle que Stéphane Dion avait proposée à la gouverneure générale Michaëlle Jean en décembre 2008 serait envisageable, les Canadiens ayant eu le temps d’en discuter cette fois.

Michael Ignatieff a raison: l’image du Parti libéral commençait à souffrir de son aplaventrisme. Mieux vaut porter l’odieux d’avoir précipité de nouvelles élections (un faux problème vite oublié) que celui de ne pas offrir d’alternative aux Conservateurs (un malaise plus profond potentiellement fatal).

C’est Kim Campbell qui avait dit qu’une campagne électorale n’est pas le moment de discuter des grands enjeux? Au contraire, c’est le seul moment! Tous les partis ménagent leurs effets et attendent la campagne électorale pour expliquer comment ils se démarqueraient des autres et surtout des Conservateurs au pouvoir. Il faut donc saluer ce nouvel appel aux urnes qui dynamisera le débat politique canadien.

Ça coûte 300 millions $, se plaint-on dans les milieux apparemment allergiques à la démocratie. Voyez-ça comme un «stimulus» de plus, vous qui ne semblez pas vous inquiéter outre-mesure du déficit de 50 milliards $ encouru par le gouvernement fédéral confronté à la récession, et qui considérez même l’assurance-emploi comme un «stimulus»!

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Au-delà des qualités et des défauts des chefs, et des concessions parfois irritantes aux clientèles minoritaires les plus actives de chacun des partis, c’est bien sûr les plans de sortie de la récession et les plans de redressement des finances publiques qu’on attend avec le plus d’impatience et sur lesquels seront jugés les Conservateurs et l’opposition.

Pas besoin d’augmenter les taxes, la reprise économique suffira à éponger les déficits, nous assure le gouvernement. Permettez-moi d’en douter… Quant à cette fameuse reprise économique, on y croira quand on retrouvera le plein-emploi.

Les Conservateurs n’avaient pas vu venir la récession, s’indignent les Libéraux. Pourtant, en campagne électorale l’an dernier, c’est l’opposition qui avançait les idées les plus folles et les plus dispendieuses, justifiées par la perspective d’une croissance illimitée. C’est sous la menace de la coalition de l’opposition que les Conservateurs ont renoué avec les déficits, mais au moins quelques-uns d’entre eux en ont honte. L’opposition, elle, en a toujours réclamés davantage!

«Nous méritons mieux», nous dit Ignatieff dans ses nouvelles annonces, malheureusement sans plus de précision. Le Canada a le pire bilan en matière de lutte aux changements climatiques, accuse encore le chef libéral… qui a répudié le projet de taxe sur le carbone de son prédécesseur et dit aux Albertains qu’il développerait leurs sables bitumineux. Ici comme ailleurs, quelle est sa solution?

Vivement une campagne électorale pour en débattre!

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