Nos orienteurs se sentent incompétents

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Les conseillers en orientation dans nos écoles secondaires, ces enseignants qui sont chargés d’éclairer nos ados sur leur future carrière, reçoivent une formation insuffisante, connaissent mal le marché du travail et se sentent incompétents.

C’est ce qui ressort d’un récent rapport d’André Samson, professeur à l’Université d’Ottawa, qui a sondé 73 orienteurs à l’emploi des douze conseils scolaires de langue française de l’Ontario.

Ces résultats seraient similaires à ce qu’on trouverait dans le système scolaire anglophone.

En effet, dans une étude menée en 2004 dans les pays de l’OCDE, la province s’est démarquée par le peu de formation (trois sessions de 125 heures de qualifications additionnelles, que tous ne complètent pas) offerte aux enseignants qui souhaitent devenir conseillers en orientation, alors que la plupart des autres juridictions exigent un cours universitaire allant parfois jusqu’à cinq ans.

Excellente participation

André Samson enseigne au programme de counselling éducationnel de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, un programme de maîtrise qui vise notamment à former des orienteurs. Il travaille présentement à développer un site internet qui offrira des ressources dans ce domaine.

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En entrevue à L’Express, il se dit très heureux du taux de participation (58%) à son enquête, et il souligne que les orienteurs sont les premiers à déplorer le manque d’outils à leur disposition pour bien conseiller leurs élèves.

Un autre volet de son étude (qui a duré quatre ans) a d’ailleurs porté sur ces élèves. Plus de 725 élèves de 12e année ont répondu à son questionnaire et 31 d’entre eux ont été rencontrés individuellement.

On y a notamment appris que le quart des jeunes finissants du secondaire «ne se connaissent pas» et que près du tiers «manquent d’information sur les professions.» En tout, la moitié de nos jeunes n’auraient aucune idée de ce qu’ils veulent ou pourraient faire dans la vie après leurs études secondaires. Dans le jargon, on appelle ça «l’indécision vocationnelle».

Temps mal utilisé

Sa recherche montre que les orienteurs sont également empêtrés dans trop de travail administratif, consacrant moins de la moitié de leur temps (43%) à des tâches «directement associées à l’orientation scolaire et professionnelle». Plus particulièrement, «6% du temps des répondants est consacré au counseling d’orientation et moins de 3% à l’administration de tests d’intérêts de carrière».

Cependant, «si je consacrais 100% de mon temps à l’orientation, je ne saurais pas quoi faire», a dit l’un d’eux. Apparemment, les directions d’école confient toutes sortes d’autres responsabilités aux orienteurs parce qu’ils ont plus de temps «libre» que les autres enseignants.

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La grande majorité des orienteurs questionnés par le professeur Samson et son équipe ne se sentent pas compétents en psychométrie (la mesure de la connaissance de soi), en théorie du choix de carrière, en psychologie du développement humain et en information scolaire et professionnelle.

Une exception

«C’est l’amateurisme qui règne», constate le professeur Samson, qui souligne tout de même un cas exceptionnel, celui de l’école secondaire catholique Mgr-de-Charbonnel à Toronto, qui a eu la curiosité d’examiner ce qui se faisait au Centre francophone en matière d’orientation, et de récupérer leurs tests dont la validité est reconnue.

Le professeur recommande le développement d’un programme de formation des conseillers d’orientation, notamment en psychométrie et sur le marché du travail. Le ministère de l’Éducation vient d’adopter une nouvelle politique en matière d’orientation scolaire et professionnelle, mais selon André Samson, le rôle de l’orienteur y reste mal défini.

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