Nos choix politiques sont devenus un peu plus clairs

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Tim Hudak, héritier spirituel de Mike Harris, a remporté en fin de semaine une course serrée à la direction du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Le député de la région de Niagara a défait Frank Klees au troisième tour de scrutin. Christine Elliott, l’épouse du ministre fédéral des Finances Jim Flaherty, s’est inclinée au second tour, et le populiste Randy Hillier dès le premier.

Hillier n’a recueilli que 10% des suffrages des membres du parti, mais quelques points seulement séparaient les trois autres candidats. Klees et Elliott étaient identifiés à l’aile «centriste» du chef sortant John Tory, qui n’a cependant jamais permis au parti de reprendre le pouvoir.

L’élection de Hudak représente donc la volonté d’une majorité de Conservateurs plus «intégristes» de proposer une véritable alternative aux politiques des Libéraux de Dalton McGuinty.

On verra ce que cela signifie pour le développement des services en français et pour le progrès du bilinguisme au pays. Je suis pessimiste mais je ne demande qu’à être agréablement surpris…

Hudak favorisera vraisemblablement un retour plus rapide à l’équilibre budgétaire pour la province la plus touchée par la récession, quitte à réduire ou supprimer certains services publics (il faudra les identifier).

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Il ferait preuve d’une plus grande fermeté face aux syndicats d’employés provinciaux et municipaux qui prennent des communautés entières en otage pour préserver leurs sinécures (il faudra avoir reçu un mandat clair).

Il s’est aussi prononcé pour l’élimination du tribunal anti-discrimination et de censure des médias qui infantilise la population (il faudra expliquer que la société a évolué).

Et bien sûr il faudra être élu. Ce ne sera pas facile contre les Libéraux qui accuseront ces Conservateurs d’abandonner les plus démunis à leur sort, d’instaurer un capitalisme sauvage et d’encourager la discrimination et la diffamation.

Hudak devra réconcilier les factions «progressistes» et «conservatrices» du parti d’ici aux élections prévues en 2011.

Mais d’ici la rentrée parlementaire de l’automne, il devra examiner les récentes initiatives de l’opposition officielle à Queen’s Park qui, en voulant se positionner face au gouvernement libéral provincial, se retrouve en conflit avec le gouvernement conservateur fédéral. On songe en premier lieu ici à la campagne contre l’harmonisation des taxes 
fédérales et provinciales sur les produits et services, qui est bien sûr un moyen pour la province de générer de nouveaux revenus, mais qui favorise aussi une simplification de la bureaucratie.

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Malgré son jeune âge, 41 ans, Hudak a occupé trois postes ministériels dans le gouvernement Harris, deux fois majoritaire de 1995 à 2002, dont les uns se souviennent avec nostalgie, les autres avec frayeur. Il milite au sein du parti depuis longtemps et en connaît presque tous les membres personnellement. Son épouse Deb Hutton a été chef de cabinet de Mike Harris et de son successeur Ernie Eves.

Klees et Elliott étaient aussi des vétérans de la mouvance conservatrice, mais ils n’ont pas été associés d’aussi près à la glorieuse «Révolution du bon sens». Elliott a cependant eu l’audace de proposer un taux d’impôt unique, une idée que Hudak aurait avantage à s’approprier.

Bref, nos choix politiques sont devenus un peu plus clairs en fin de semaine. C’est plus intéressant que de se voir offrir des Libéraux qui s’inspireront des Conservateurs ou des Conservateurs qui joueront aux Libéraux, et cela tend à stimuler la participation aux scrutins.

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