N’hésitez pas à parler français à votre chien…

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Tous les gestes qu’on peut poser pour promouvoir la francophonie à Toronto comptent, y compris parler en français à son chien.

Tel était le propos de l’avocat Gérard Lévesque, vétéran de nombreuses causes linguistiques célèbres et chroniqueur à L’Express, à la tribune du Club canadien de Toronto jeudi dernier.

Me Lévesque a notamment raconté qu’un voisin francophone avait retenu ses services pour se défendre en français contre une poursuite d’un autre voisin (anglophone) suite aux activités du chien du premier voisin sur le terrain du second.

La juge Alice Napier avait profité de cette affaire pour fustiger la Ville de Toronto, métropole d’un Canada officiellement bilingue, qui s’objectait à ce que la cause soit entendue dans les deux langues du pays.

Parmi les autres petits gestes qu’on peut poser pour affirmer sa fancophonie et parfois lancer une discussion avec de purs inconnus: porter un t-shirt aux couleurs d’une institution ou d’un événement francophone, faire son testament, demander des chèques en français…

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Soulignant les progrès qui ont été accomplis grâce au militantisme d’associations d’enseignants ou de juristes francophones, il souhaite que d’autres professionnels francophones – architectes, ingénieurs, compables – se regroupent et examinent ce qu’ils peuvent faire dans leur secteur pour mieux fonctionner en français.

À l’approche du 150e anniversaire de la Confédération canadienne (2017), Me Lévesque indique que de nombreuses occasions de promouvoir la francophonie se présenteront, aidant ainsi à réaliser la promesse constitutionnelle de 1982 en faveur de l’égalité des deux langues fondatrices du pays dans toutes les provinces.

Les politiciens font toutefois face à de multiples demandes; il ne faut donc jamais baisser les bras et cesser de revendiquer nos droits; il faut même trouver des moyens originaux et visibles de le faire, dit-il.

Surtout que les prochains mois sont riches en activités politiques: élections provinciales le 12 juin, partielles fédérales dans deux comtés torontois le 30 juin, municipales le 27 octobre, fédérales l’an prochain.

Gérard Lévesque lui-même a pris l’habitude d’organiser des assemblées de cuisine, chez lui, pour le candidat libéral de son comté d’Etobicoke-Lakeshore, mais il suggère que des conservateurs et des néo-démocrates francophones fassent de même dans leur secteur.

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Si l’Ontario a fait de grands progrès vers l’égalité juridique du français et de l’anglais, ce n’est pas le cas en Colombie-Britannique et en Alberta, où le français est encore considéré comme une «langue étrangère» devant les tribunaux et à la législature, ce qu’il appelle (en citant le romancier Didier Leclair) un «complexe de Trafalgar», un complexe de supériorité.

Me Lévesque est membre du barreau de l’Ontario et de celui de l’Alberta, où il travaille et plaide régulièrement.

L’avocat et chroniqueur, prix de la Francophonie de l’Ontario en 2012, reconnaît que ce sont plus souvent les francophones qui sont bilingues au Canada anglais. «Nous participons à l’anglophonie plus souvent qu’ils ne participent à la francophonie: par exemple, nous écoutons leur télévision et leur musique plus souvent qui’ils écoutent la nôtre.»

Mais de plus en plus d’anglophones sont bilingues, dit-il, et ces francophiles défendent parfois plus farouchement leur droit de vivre en français que bien des francophones de langue maternelle.

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