Moi, quand arrive un nouveau dico…

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Publié 02/03/2006 par Martin Francoeur

Il y en a pour qui le plaisir de la lecture se traduit par une séance intensive de la dernière nouveauté à la mode du côté des romans populaires. D’autres, plus patients, aiment savourer chaque page d’une biographie de quelqu’un qu’ils ont toujours admiré ou dont ils souhaitent faire connaissance.

Pour ma part, j’aime bien lire quel-ques bons romans, feuilleter des magazines, suivre l’actualité dans la presse écrite, lire des essais sur des sujets contemporains. Mais il n’y a rien, rien vous dis-je, pour m’enlever le plaisir de feuilleter un dictionnaire ou un ouvrage spécialisé sur la langue française. Pas pour y chercher quelque chose spécifiquement, mais pour le simple bonheur d’y faire une découverte. Ou deux. Ou mille.

Bien sûr, il m’arrive d’avoir recours au dictionnaire par nécessité. L’ouvrage de référence supplante alors l’objet de passion. Mais ce n’est pas grave parce qu’au fond, c’est du même dictionnaire dont il s’agit.

On me demande souvent si j’ai un dictionnaire préféré. Si je privilégie un ouvrage plutôt qu’un autre. Y répondre franchement deviendrait hasardeux. Chaque bouquin a ses particularités. Mais je me rends compte que je finis toujours par parler du Robert, peu importe les circonstances. Le Robert est le dictionnaire que j’utilise le plus fréquemment et qui, au bout du compte, comble le mieux ma soif de savoir.

La version 2006 du Petit Robert a de quoi réjouir les amateurs de dictionnaires, mais aussi les utilisateurs ponctuels. Non seulement a-t-on actualisé le contenu, comme Larousse nous le fait chaque année, mais on a enfin eu la bonne idée de retoucher au contenant. Fini la jaquette amovible qui recouvrait les couvertures entoilées. On a maintenant adopté une couverture cartonnée et glacée, semblable à celle des éditions ré-centes du Petit Larousse. Beau-coup plus facile à feuilleter.

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Sur le plan du contenu, l’édition 2006 met l’accent sur l’étymologie, sur l’histoire des mots. Ç’a d’ailleurs toujours été la force du Robert, son avantage indéniable sur le Larousse. Et on a choisi de miser là-dessus pour ajouter des encadrés et raffiner les notes étymologiques présentées au début de chaque entrée.

Et c’est sur ce point que le Robert est fascinant: il nous donne un aperçu du cheminement de chaque mot, ce qui nous permet de constater d’épatants liens de parentés entre certains d’entre eux.

En quantité, le contenu du Petit Petit Robert ne bouge pas beaucoup: on tourne toujours autour de 60 000 mots et 300 000 sens et nuances. On y trouve aussi 650 encadrés étymologiques, facilement repérables à l’intérieur du corps du dictionnaire. On y aborde, entre autres, la contribution du français aux autres langues, puisqu’on a souvent tendance à oublier que si, le français est perméable aux mots étrangers, notamment à ceux de l’anglais, l’inverse est aussi vrai. D’autres langues empruntent des mots au français.

Quant aux nouvelles entrées, on ne s’étonnera pas de constater qu’elles sont majoritairement reliées aux nouvelles technologies, aux communications, aux sciences et aux loisirs. Des mots comme «blog», «antirétroviral», «téléboutique», «minivirus», «snowpark» et «écotourisme.» On a enfin fait une place à certains mots, comme «relocaliser», qui sont utilisés couramment, notamment dans le français des médias.

Plus complet que son concurrent, Le Larousse, sur les plans lexical et étymologique, Le Robert a par contre l’inconvénient de ne pas pré-senter d’informations sur les noms propres à l’intérieur du même ouvrage. Il faut aller voir son jumeau, Le Dictionnaire des noms propres (qu’on a longtemps connu sous le surnom de Petit Robert 2) pour voir aussi le travail de mise à jour qui a été fait. On ne s’étonnera pas de constater que de nouvelles personnalités font leur entrée et qu’on a actualisé les informations sur des noms géographiques.

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Si Le Dictionnaire des noms propres est un heureux complément au Petit Robert de la langue française, il n’est toutefois pas indispensable compte tenu des sources abondantes concernant les noms propres. Le Petit Robert, lui, peut être considéré comme à peu près indispensable pour quiconque a le goût d’approfondir ses connaissances linguistiques. Il est l’outil par excellence pour bien maîtriser le français courant.

Les définitions y sont beaucoup plus élaborées que dans la plupart de ses concurrents, y compris le Larousse, qui n’a peut-être d’avantage que les images qui côtoient le texte. Avoir un Robert sous la main, c’est plonger dans l’histoire, dans l’étymologie de notre langue. C’est aussi découvrir des exemples de locutions, des citations d’auteurs pour illustrer un contexte. C’est avoir sous la main un dictionnaire d’usage, un dictionnaire de synonymes et d’antonymes, un guide de conjugaison et de prononciation.

L’arrivée d’une nouvelle édition nous permet de prendre conscience que l’entrée de nouveaux mots et la mise à jour de certaines définitions sont des manifestations réjouissantes du caractère vivant de notre langue. Et Le Robert en est un fabuleux témoin.

Auteur

  • Martin Francoeur

    Chroniqueur à l-express.ca sur la langue française. Éditorialiste au quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières. Amateur de théâtre.

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