Madeleine Meilleur déçue des propos du maire de Windsor sur les francophones

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Le maire de Windsor aurait bien besoin de revoir l’histoire des francophones de sa région, une population qui, malgré la pression de l’assimilation, continue de vivre sa langue et sa culture.

C’est ainsi que la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, la Procureure générale Madeleine Meilleur, a réagi aux récents propos du maire Drew Dilkens, selon qui il est difficile d’offrir des services en français dans une communauté aussi multiculturelle que Windsor sans faire de favoritisme.

«C’est très décevant», a déclaré Madeleine Meilleur à l’émission locale Matins sans frontières de Radio-Canada le 9 décembre.

Mme Meilleur rappelle que les francophones sont à Windsor depuis plus de quatre siècles.

Dans ce sens, elle évoque que la première école de l’Ontario a d’ailleurs été fondée à Windsor en 1786, alors la province était sous le régime britannique. C’est selon elle le signe que l’on a toujours reconnu qu’il s’agissait d’une région francophone.

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Elle estime par ailleurs que les francophones ont démontré à maintes reprises leur vitalité et leur résistance. Elle cite en particulier le combat mené par la communauté pour le retour de l’émission locale de Radio-Canada.

«J’applaudi la communauté de Windsor pour sa détermination à vivre en français et de s’assurer de leur droit», a-t-elle dit, ajoutant à l’endroit du maire que les services en français ne sont pas incompatibles avec l’offre de services dans d’autres langues.

Mme Meilleur souligne qu’il y a une communauté de plus de 5000 résidents francophones en plus des nombreux francophiles de la région de Windsor-Essex. Si elle reconnaît volontiers que c’est une communauté diversifiée, elle précise également que le français est la deuxième langue du pays.

Windsor est d’ailleurs une région désignée par la Loi sur les services en français. Selon la ministre, si les municipalités n’ont pas l’obligation de se soumettre à la loi, de nombreuses villes désignées en Ontario le font parce qu’elles veulent servir leur communauté francophone.

À ceux qui considèrent qu’il n’est pas nécessaire d’offrir des services en français parce que les francophones représentent à peine 4% de la population dans la région et que ce sont en fait les nouveaux arrivants qui ont besoin de plus de services, elle répond que rien n’empêche une municipalité d’offrir des services dans une autre langue, mais précise que le français doit prévaloir.

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«C’est un commentaire un peu agaçant, surtout en cette année du 400e, j’aurais préféré qu’on s’abstienne de commentaires de la sorte», a poursuivi Madeleine Meilleur.

Selon Madeleine Meilleur, la communauté francophone est très présente à Windsor à travers ses écoles et conseils scolaires, le collège Boréal et l’Université d’Ottawa. Elle reconnaît que les francophones de Windsor doivent aussi réclamer des services et des droits, et faire connaître leur histoire.

«On a peut-être un travail d’éducation à faire au niveau du conseil municipal et de la population en générale. Ce n’est tout de même pas un secret pour personne qu’il y a des francophones à Windsor.»

Si elle admet que la communauté a une part de responsabilité dans son manque de visibilité, elle considère que tout politicien doit aussi s’informer des besoins des résidents qu’il sert. Elle souligne également qu’en cette année du 400e, il n’y a aucune excuse possible.

Mme Meilleur n’exclut pas l’idée de joindre le maire de Windsor, même si elle ne veut pas s’ingérer dans les affaires municipales. «Je respecte son autorité, mais comme ministre des Affaires francophones, je me devais de réagir au nom des francophones de Windsor.»

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