Lutte contre la pauvreté: où en est le Canada?

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Le 10 octobre dernier, la Banque mondiale publiait un de ses innombrables rapports thématiques sur la pauvreté. Mais celui-ci vaut certainement le détour, car il est question des enfants : environ 400 millions d’enfants seraient touchés par le phénomène à l’échelle mondiale. Des regards se tourneraient automatiquement vers les 35 pays les plus pauvres du monde, dont 26 se trouvent en Afrique.

Seulement, voilà! La pauvreté s’est démocratisée et semble avoir durablement élu domicile au Canada, pays membre du G7 et de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

Elle y sévit et c’est le constat glacial qu’a fait le 26 novembre dernier Campagne 2000. Dans son «rapport 2013 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada», l’organisation observe que 967 000 enfants et leurs familles vivent en situation de pauvreté et que le taux de pauvreté infantile actuel de 14,3% (soit un enfant sur sept) est plus élevé que celui de 13,7% en 1989.

C’est en 1989, en effet, que les députés canadiens ont pris à l’unanimité l’engagement d’éliminer la pauvreté des enfants avant l’an 2000 !

Vingt-quatre ans plus tard, Campagne 2000 observe que «les bébés nés en 1989 (…) sont maintenant adultes et voient les effets de cette promesse brisée sur leurs enfants».

La pauvreté touche toutes les composantes ethniques du Canada, car, note le rapport, «avoir un emploi n’est pas une façon assurée d’en sortir (…), car l’augmentation des emplois temporaires et précaires au cours de ces dernières années oblige des parents à prendre des emplois à temps partiel, instables, qui ne leur donnent pas un salaire de base décent ou des avantages sociaux de base».

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Une situation qui aura de conséquences gravissimes sur les enfants puisque, selon Dr. Andrew Link, «la pauvreté infantile a une incidence sociale sur notre mieux-être social et notre prospérité future en tant que pays. La pauvreté étouffe les occasions d’améliorer son sort. Elle est une cause directe des problèmes de santé futurs et de coûts de santé inutiles.» Le tocsin est sonné, la messe est dite, aux décideurs d’en tirer les conséquences.

Daily Bread, organisation sans but lucratif luttant contre la faim dans le Toronto métropolitain, s’est en quelque sorte fait l’écho de ce rapport, puisque le sien sur «le profil de la faim» donne une idée de cette catastrophe vécue dans la capitale économique du Canada.

Les chiffres sont plus éloquents et valent toutes les promesses faites en discours… politiques. Ainsi, l’on apprend qu’entre avril 2012 et mars 2013, les banques alimentaires ont reçu la «visite» de plus d’un million de personnes, dont 35% ayant moins de 24 ans. Le Tiers-Monde de Toronto se localise dans le secteur dit «905».

En matière de pauvreté, la situation des Autochtones se passe de commentaires puisqu’après avoir visité six provinces et diverses communautés du 12 au 20 octobre dernier, le Pr James Anaya, rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des populations autochtones, a conclu que «malgré la richesse et la prospérité du Canada, les peuples autochtones vivent dans des conditions comparables à celles des pays qui arrivent plus bas dans le classement de l’indice de développement humain et où la pauvreté abonde».

Ces situations interpellent les différents niveaux de gouvernement et exigent des solutions urgentes. Les politiciens devraient faire leur cette réflexion de Charles de Montesquieu (1689-1755) pour qui «quelques aumônes que l’on fait à un homme nu dans les rues ne remplissent point les obligations de l’État qui doit à tous les citoyens une subsistance assurée, la nourriture, un vêtement convenable et un genre de vie qui ne soit point contraire à la santé.»

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