L’origine de Noël

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Noël est à nos portes. C’est la période des congés scolaires, du magasinage de dernière minute, des soupers ou des soirées en famille, des échanges de cadeaux. On ne peut pas passer à côté. Depuis quelques semaines déjà tout est savamment orchestré pour nous mettre dans l’esprit des Fêtes: décorations, musique de Noël, appels à la générosité pour venir en aide aux plus démunis. Même la neige s’est mise de la partie.

Noël est assurément, aussi, un joli prétexte pour une chronique «En bon français». Vous vous doutez bien que j’allais m’intéresser à l’origine non pas de la fête, mais bien des mots associés à celle-ci.

Une petite recherche a permis de faire quelques trouvailles intéressantes. D’où vient donc le nom de cette fête? Dire que le mot «Noël» vient du latin serait un peu simpliste. Son apparition en français est plus complexe, bien que ses origines latines soient confirmées par tous les dictionnaires.

«Noël» vient de l’adjectif latin «natalis», qui signifie «de naissance, relatif à la naissance». Selon le Dictionnaire historique de la langue française, de Robert, c’est au début du douzième siècle que le mot, même si sa graphie a évolué, est apparu dans le langage.

Le mot «nael» est issu, par évolution phonétique et modification vocalique du latin «natalis». À l’époque, «natalis» était employé avec le nom «dies», pour signifier littéralement le «jour natal». On avait progressivement fait l’ellipse de «dies» pour devenir simplement «natalis», puis «nael» pour désigner le jour de la nativité du Christ.

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En latin ecclésiastique, on retrouvait presque simultanément le substantif «nativitas» pour désigner spécifiquement la nativité de Jésus-Christ.

L’apparition du «o» dans «Noël» est plus obscure, puisque le latin «nativitas», l’italien «natale», le provençal «nadal» et l’ancien français «nael» avaient tous repris la voyelle «a» que l’on trouvait dans «natalis».

Le Robert historique de la langue française nous informe que l’apparition du «o» s’explique par la «dissimilation des deux «a» de «natalis». Le tréma est apparu en 1718 et le mot est resté intact depuis. La majuscule est apparue un peu plus tard pour désigner la fête en tant que telle.

Sont ensuite apparues plusieurs expressions intimement reliées à la fête de Noël. On n’a qu’à penser à chant de Noël ou messe de Noël – ce n’est qu’au XXe siècle qu’apparaît l’expression «messe de minuit» – crèche de Noël et plusieurs autres. Lorsqu’on fouille au mot «bûche», on apprend que dès 1694, l’expression «busche de Noël» apparaît en français. Et, en 1845, le célèbre «arbre de Noël» fait lui aussi son entrée.

D’où vient le fameux «père Noël»? Ce serait facile de répondre qu’il vient du pôle nord, mais précisons la question. D’où vient l’expression «père Noël»?

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Il s’agirait d’un surnom qu’on a donné à un personnage des régions du nord de la France et de l’Europe, que certains apparentent à Saint Nicolas. Les anglo-saxons avaient déjà leur Santa Claus, probablement issu du même Saint Nicholas.

En français, on utilise l’expression «père Noël» depuis le 19e siècle. Auparavant, certains utilisaient l’expression «Bonhomme Noël». Et le vieil homme barbu et vêtu de rouge est demeuré intact non seulement dans la langue française, mais aussi dans l’imaginaire de bien des enfants, partout dans le monde occidental.

Au milieu du XXe siècle, on vit même apparaître l’expression «croire au père Noël» pour signifier «être naïf». Allez donc savoir pourquoi… Tout le monde sait que le père Noël existe vraiment!
Au fil des ans, le mot «Noël» a élargi ses horizons. On a notamment désigné ainsi la période où l’on célèbre la fête de Noël.

Et c’est ce sens que l’on retrouve dans le proverbe «Noël au balcon, Pâques au tison». On ne veut pas nécessairement dire que l’on célèbre Noël sur le balcon, et que si c’est le cas, on passera le dimanche pascal devant le foyer. On veut plutôt dire que si le temps est clément au temps de Noël, il y a de fortes chances qu’il fasse suffisamment froid à Pâques pour que l’on doive encore se chauffer.

Fait intéressant à noter, le mot «Noël» était utilisé aux XIVe et XVe siècle comme interjection ou comme cri de réjouissance pour saluer un événement heureux qui n’a aucun lien avec la traditionnelle fête de Noël. Un héritier du trône naissait ou un grand personnage arrivait, alors les gens criaient «Noël!» dans les rues.

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Sans la majuscule, le mot «noël» désigne encore, bien que moins fréquemment, un cantique que l’on chante au moment de Noël.

Enfin, si plusieurs utilisent parfois le nom de la fête au féminin (comme dans l’expression «célébrer la Noël en famille»), il semble que ce soit un emploi fautif. Cette tournure serait probablement due à l’ellipse du mot féminin «fête» («célébrer la fête de Noël en famille»). Le nom de la fête est masculin hors de tout doute, puisqu’on utilise notamment l’expression «un joyeux Noël».

À mon tour de l’utiliser, pour vous souhaiter, à toutes et à tous, un très joyeux Noël!

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