L’Ontario maintient le cap, malgré l’avertissement de Moody’s

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Le gouvernement ontarien, réélu le 12 juin dernier, fait fi de la menace d’une baisse de la note de crédit provinciale et va de l’avant avec son plan de dépenser des milliards de dollars supplémentaires dans les infrastructures notamment.

Le discours du Trône lu jeudi à l’Assemblée législative reprend les grandes lignes du budget libéral qui avait été déposé en mai dernier, avant le déclenchement des élections.

L’agence de notation Moody’s a indiqué hier qu’elle gardait la cote de l’Ontario à Aa2, mais a modifié sa perspective sur les finances de la province de «stable» à «négative», en raison de «la faible croissance économique et de déficits plus élevés que prévu au cours des deux prochaines années».

Selon la firme, un «changement de direction considérable» s’impose. Sinon, Moody’s pourrait abaisser la note de crédit de la province, faisant augmenter ses coûts d’emprunt.

Pour sa part, le ministre des Finances Charles Sousa s’est fait rassurant, affirmant que «les banquiers ne paniquent pas».

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Il a souligné, comme les libéraux l’ont souvent fait en campagne électorale, que «l’Ontario est la province qui dépense le moins par habitant». C’est normal: l’Ontario est la province la plus populeuse du pays, son administration publique profitant d’économies d’échelle.

Le ministre Sousa concède que la province a dû rajuster ses cibles d’élimination du déficit à court terme à cause «d’une croissance des revenus moins importante [que prévu] et de coupes dans les transferts fédéraux». Mais il maintient son engagement à sortir du rouge d’ici 2017-2018.

Pour y arriver, l’Ontario devra trouver des économies supplémentaires de 250 M$ en 2014-2015 et de 500 M$ en 2015-2016 et 2016-2017, admet le ministre des Finances.

Ce dernier prévient aussi les syndicats de fonctionnaires et d’enseignants que toute augmentation de salaire devra être financée grâce aux budgets existants.

M. Sousa fait valoir, toutefois, auprès des agences de notation de crédit que les libéraux, maintenant majoritaires à l’Assemblée législative, forment un «gouvernement stable».

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Il présentera le 14 juillet un budget semblable à celui qui avait été déposé en mai dernier. Les libéraux, alors minoritaires, n’avaient pas reçu à obtenir l’appui d’au moins un des deux partis d’opposition, menant au déclenchement d’élections.

Selon ce budget, le gouvernement provincial récoltera 118,8 milliards $ en taxes et impôts en 2014-2015, mais il dépensera 130,3 milliards $, acceptant donc d’encourrir un déficit de 12,5 milliards $.

Le chef intérimaire des conservateurs, Jim Wilson, pense que l’avertissement de Moody’s risque de se transformer en baisse de note de crédit, coûtant à la province des millions de dollars de plus en intérêts. 

Son collègue Vic Fedeli, porte-parole du PC en matière de finances, pense que les libéraux jouent à l’autruche. «La première chose que le ministre Sousa doit faire c’est d’admettre qu’il y a un problème», a-t-il dit.

L’Ontario dépense annuellement 11 milliards $ en intérêts sur sa dette de 290 milliards $. C’est le troisième poste de dépense en importance du gouvernement provincial, après la santé et l’éducation.

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