L’identité créole, «un immense brassage culturel»

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Le Festival Kompa Zouk Ontario 2011 a organisé un panel de discussions sur la culture créole, à la Bibliothèque de référence de Toronto, jeudi 28 juillet. Les deux conférenciers invités étaient Magalie Laville et Paul Comarmond: deux excellentes personnes ressources en matière de créolité et polyglottes, basées à Toronto.

«La culture créole résulte d’un immense brassage culturel», selon Magalie Laville, historienne et enseignante, originaire de la Guadeloupe.

«Pour bien saisir le sens de la culture créole, il faut d’abord connaître les origines de son histoire complexe, tracée à travers le globe», ajoutait Paul Comarmond, fondateur de la branche canadienne de l’Organisation internationale des peuples créoles et artiste aquarelliste dédiant ses œuvres au monde insulaire.

Au-delà des symboles

Magalie Laville, détenant une maîtrise en histoire, vit à Brampton où elle enseigne dans une école élémentaire du Conseil scolaire Viamonde depuis deux ans. Arrivée au Canada en 2000, elle a vécu huit ans à Montréal avant de s’établir en Ontario.

«Durant mon séjour au Québec, il m’a semblé que plusieurs jeunes noirs étaient à la recherche de leur identité culturelle, ayant peine à prendre leur place dans la société», a-t-elle expliqué.

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«Suite à ce constat, vu mes travaux antérieurs de maîtrise, j’ai décidé d’intensifier mes recherches sur l’Histoire des Noirs dans le but d’informer les jeunes, et les adultes, sur la réelle évolution des peuples noirs d’hier à aujourd’hui.»

Référant aux activités scolaires proposées dans les écoles pour célébrer le Mois de l’Histoire des Noirs, Mme Laville a commenté «que l’on doit aller au-delà des spectacles de danse et tambour en faisant les liens entre ces symboles et l’histoire de la culture créole, pour faire comprendre aux jeunes le sens de leur identité.»

Mme Laville a partagé quelques extraits de ses recherches sous forme de présentations PowerPoint. Son matériel didactique s’adresse à tous les publics: un bel outil d’introduction à l’histoire du patrimoine africain que partagent les descendants du monde créole.

Héritage et influences

La conférencière a également invoqué l’immense diversité ayant marqué l’évolution de la culture créole: «un héritage africain, influencé par l’Europe et l’Asie. Le monde entier s’y retrouve!»

«Je prends ce que j’aime de chacune des influences culturelles qui m’habitent: l’exubérance créole, le langage non verbal de la Guadeloupe, la gastronomie indienne, la littérature antillaise. Par exemple, en classe, j’utilise des chants et contes créoles que j’adapte aux curriculum.»

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Le matériel éducatif de Mme Laville, illustrant l’histoire des Noirs à partir des civilisations anciennes de la Nubie et d’Égypte jusqu’à nos jours, peut s’avérer très utile dans le cadre de cours d’histoire aux paliers élémentaire et secondaire, ainsi qu’auprès de groupes d’adultes s’intéressant au développement de la culture créole.

Apprendre sur nous-mêmes

Les Créoles vivent partout sur le globe, mais qui sont-ils? «La vaste diaspora créole doit apprendre sur elle-même, afin de pouvoir bien transmettre à ses enfants le sens de leur identité créole», selon Paul Comarmond.

Artiste natif de l’île Maurice et passionné de créolité, Paul Comarmond a effectué de nombreuses recherches sur les racines et l’évolution de la culture créole.

Son allocution de jeudi, similaire à celles qu’il a prononcées au cours de ces deux dernières années à l’Alliance française de Toronto et devant les membres de l’Association des femmes d’affaires francophones Halton-Peel, présentait la trajectoire détaillée de la culture créole, notamment à partir de la période de l’apparition du kriol, première langue métissée née sur les côtes africaines durant les années 1400.

La présentation de M. Comarmond était ponctuée de détails entourant la longue histoire de l’esclavage et son influence sur le caractère créole, les distinctions entre les Bossals, les Créoles et les Marrons, l’impact des pays colonisateurs du continent européen sur la créolité.

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Sans oublier l’immigration de travailleurs arrivés dans les colonies après l’abolition de l’esclavage qui ont également influencé les cultures créoles, dont l’exemple de l’île Maurice où une importante partie de la population est d’origine chinoise ou indienne.

L’allocution était accompagnée de dessins, peintures, gravures, photographies et copies de documents officiels d’époque, rassemblés par le conférencier, donnant une idée plus précise sur les conditions des esclaves, ainsi que sur leur vie dans les colonies.

Nombreux parlers créoles

«Il existe de nombreux parlers créoles que l’on peut regrouper selon leur base lexicale. Les bases lexicales française, portugaise et anglaise constituent les trois plus fréquentes», a expliqué le conférencier.

Si des différences existent entre les créoles d’une même base lexicale, l’intercompréhension est possible. Cependant le statut de ces langues n’est pas le même.

Les créoles à base lexicale française qui sont parlés entre autres à l’île Maurice, en Guyane, à la Guadeloupe, Martinique, aux Seychelles où à la Réunion, sont reconnus comme des langues, contrairement aux créoles à base lexicale anglaise comme le «patois» jamaïcain.

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Le créole haïtien, également à base lexicale française, est langue officielle d’Haïti. Cette reconnaissance en tant que langue permet de valoriser ces cultures créoles et de les transmettre dans les langues qui leur correspondent.

«Il existe actuellement 15 millions de créolophones français, six millions de créolophones anglais et un million de créolophones portugais», a détaillé le conférencier.

Paul Comarmond peut offrir sur demande des conférences en milieu scolaire et auprès d’organismes.

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