Les ONG débordées par la guerre en Syrie et l’Ebola

Dignitas fait salle comble à l’AFT

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Une soirée de trois conférences de haut niveau, au profit de Dignitas International, qui oeuvre notamment pour soulager les malades du SIDA en Afrique, a fait salle comble au théâtre de l’Alliance française de Toronto mardi soir dernier.

L’événement était organisé par Mme Josette Villavarayan-Bardon, longtemps associée à Médecins sans frontières. Le co-fondateur de Dignitas, le professeur James Orbinski, de l’Université de Toronto, était président international de MSF quand l’organisme a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1999.

Mme Villavarayan-Bardon, une Française qui habite en Ontario depuis une quarantaine d’années, a d’ailleurs été chaleureusement remerciée et ovationnée par les travailleurs humanitaires présents.

L’actuel directeur exécutif de MSF Canada, Stephen Cornish, et Heather Johnston, la présidente de Dignitas, ont également exposé leurs points de vue sur l’état actuel de l’aide internationale.

Ça va mal

Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, a dit en substance M. Cornish, qui travaille dans les pays en guerre depuis 10 ans.

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Malgré les progrès de la médecine et les avancées dans la gestion des crises, soutient-il, un conflit comme celui qui fait rage en Syrie, avec ses millions de réfugiés, dépasse les moyens des agences de l’ONU, a fortiori ceux des organismes non gouvernementaux comme MSF et Dignitas.

L’autre événement récent à confronter les humanitaires a été l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, «qui n’est pas complètement endiguée contrairement à ce qu’on croit», soutient M. Cornish.

Celui-ci dénonce «l’apathie» de la communauté internationale face à ces crises qu’on s’imagine lointaines, mais qui trouvent toujours des répercussions chez nous.

Heather Johnson, elle, a surtout dénoncé les inégalités «immorales», à l’échelle mondiale, dans l’accès aux soins de santé.

Et elle fait remarquer que les Canadiens n’ont pas à aller très loin pour trouver de telles inégalités, plusieurs communautés autochtones du pays étant fort mal desservies en matière de soins de santé et vivant dans des conditions comparables à celles des pays les plus pauvres de la planète.

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Désordre mondial

James Orbinski a évoqué son passage à la tête de MSF en disant qu’il a été «le bon gars au bon mauvais endroit»: le génocide rwandais de 1994.

Selon lui, les attentats du 11 septembre 2001 et la crise financière de 2008 ont inauguré une ère de «désordre» qui affecte négativement l’aide internationale.

La superpuissance américaine, issue de la Deuxième Guerre mondiale et confirmée par la fin de la Guerre froide, n’est plus ce qu’elle était. Le G7 cède la place au G20. Les nouveaux problèmes de sécurité – en matière d’énergie et de ressources, d’alimentation et de santé – préoccupent les nations qui tendent à se replier sur elles-mêmes.

Un gouvernement mondial, que certains travailleurs humanitaires souhaitent, ou même seulement une meilleure coordination des États, n’est pas pour demain.

Orateur éloquent (comme d’ailleurs M. Cornish et Mme Johnston), James Orbinski ne craint pas d’entraîner son auditoire dans des détours philosophiques, plaidant pour l’élévation de l’équité («fairness»), plus que l’égalité, la justice et la liberté, comme valeur suprême de l’humanité.

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«Il ne s’agit pas de réclamer des droits», explique-t-il, «mais bien de parler avec l’intention d’être entendu et d’entendre l’autre»…

«Nous sommes responsables de l’espace public dans lequel nous vivons», souligne-t-il également. Autrement dit, nous avons tous une part de responsabilité dans les crises qui secouent le monde; nous avons le choix de nous dérober ou d’agir.

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